Quelle alternative aux régimes exclusivement restrictifs ?

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Une enquête inédite menée par l’institut BVA pour Ducros auprès des diététiciens met en évidence l’attrait de la profession dans l’aide à la gestion de la ligne que peut apporter la consommation d’herbes et d’épices. En effet, plus de 9 diététiciens sur 10 pensent que les herbes et les épices peuvent avoir un rôle à jouer dans le cadre d’un régime. Loin de la frustration amenée par les régimes trop restrictifs, les herbes et les épices permettent d’amener saveurs, couleurs et diversité de goût.

La place des herbes et des épices dans l’aide à la gestion de la ligne

Mise en place auprès de plus de 200 diététiciens à travers un échantillon national représentatif, l’enquête BVA aide à mieux comprendre les points de blocage dans le cadre du suivi d’un régime.

Sollicitations extérieures (65%), absence de soutien de l’entourage (56%) et manque d’idées de recettes originales, équilibrées, savoureuses et qui plaisent à tous (54%) sont notamment les principaux éléments qui compliquent la tâche des patients dans le maintien de leur poids sur la durée.

Au-delà de la réduction calorique, c’est donc bien la vie sociale, la culinarité et l’échange avec l’entourage qui sont autant de facteurs déterminants dans la durabilité d’un régime.

Dans ce cadre, les herbes et les épices permettent d’amener du goût, donnant de la couleur et de l’appétence aux plats pour le patient et son entourage, tout en limitant leurs apports en calories et en sodium (moins de sucre et de matières grasses, moins de sel).

Et les diététiciens ne s’y trompent pas ! 9 diététiciens sur 10 jugent que des informations sur les herbes et les épices aideraient leurs patients dans le suivi de leur régime.

Ils soulignent très majoritairement l’apport au goût que procure l’introduction d’herbes et d’épices dans un plat mettant de la couleur, donnant de l’appétence aux plats (93% des interrogés).

Toujours selon les diététiciens interrogés, les herbes et les épices permettent également d’offrir plus de variétés dans les recettes (54%) et aident à manger moins salé (53%).

DietEpices, première étude pilote et prospective sur l’aide à la gestion de la ligne des herbes et des épices

Pour aller plus loin dans la démarche, l’étude DietEpices a pour objectif d’explorer l’intérêt des herbes et des épices dans la gestion de la ligne sous un angle à la fois sociologique (comportement alimentaire, vie sociale..) et diététique.

L’objectif de DietEpices est de réaliser une étude pilote permettant d’évaluer le ressenti des patients en surpoids ayant déjà pratiqué des régimes restrictifs sans succès, et qui vont suivre un régime adapté que l’emploi des « herbes et épices » doit faciliter, ainsi que celui de leur entourage autour de différents paramètres :

  • adhésion aux régimes, mise en oeuvre des recommandations
  • durabilité du régime
  • qualité de vie (vs anxiété)
  • santé perçue
  • relations avec l’entourage
  • perte et maintien de la perte de poids...

La parole aux experts

Privations trop fortes, restrictions dans les relations sociales, manque de goût sont autant de freins à une gestion durable de la ligne. Pourtant, surveiller sa ligne ne doit pas forcément vouloir dire se priver de tout... Avis et conseils de trois experts reconnus de la nutrition.

Quels sont les risques d’un régime restrictif ?

« Les travaux menés par l’Anses nous apprennent que les régimes dérèglent durablement l’organisme. Des personnes qui n’avaient pas de problème de poids peuvent se retrouver en surpoids et développer des troubles du comportement alimentaire. Plus inquiétant encore, une répétition de régimes peut provoquer de l’ostéoporose, des risques osseux ou encore des fractures. Plus une personne fait des régimes, plus elle prend « en gras » car la perte de poids avec les régimes amincissants est souvent liée à une perte de muscle. Et c’est sans compter les carences qu’ils peuvent générer car la plupart des régimes ne sont pas équilibrés et contiennent beaucoup trop peu de fibres, de vitamines, minéraux ou glucides et à l’inverse beaucoup trop de sel. Si l’on décide d’intervenir sur son alimentation, il faut le faire en douceur, en se faisant accompagner et jamais de façon dramatiquement restrictive. »

Dr Jean-Michel Lecerf, chef de service nutrition à l’Institut Pasteur de Lille. Il a récemment présidé le groupe de travail de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) à l’origine du rapport d’expertise collective « Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement ».

Quelles sont les ambitions de l’étude pilote DietEpices ?

« Dans un contexte où les régimes restrictifs et d’exclusion ont montré leurs limites, nous souhaitons explorer une autre voie de la prise en charge, intégrant des critères à la fois sociologiques et diététiques. Avec l’étude pilote DietEpices nous cherchons à observer au réel les potentiels effets des herbes et épices comme facilitateur de modifications des habitudes de vie durables et plaisantes. Notre idée est simple : nous savons que les herbes et les épices peuvent avoir de sérieux atouts gustatifs qui permettent de manger moins salé, moins sucré avec moins d’ajouts de matières grasses pour des recettes qui plaisent au plus grand nombre. Or nous ne l’avons encore jamais formalisé dans le cadre d’une étude réalisée avec un encadrement professionnel. Nous cherchons ainsi à analyser sur le terrain la pratique d’une consommation régulière d’herbes et d’épices pour montrer qu’il est possible de garder la ligne de façon durable tout en se faisant plaisir. C’est la première fois qu’une telle étude pilote explorant les différentes dimensions de la prise en charge diététique est menée en cabinet médical. Elle pourrait demain aider à appréhender avec une nouvelle approche nos relations avec les patients qui souhaitent gérer leur poids. »

Dr Jean-Michel Borys, médecin endocrinologue à Armentières. Il est co-fondateur et directeur du programme EPODE (Ensemble Prévenons l’Obésité des Enfants). Auteur de nombreux ouvrages sur le surpoids et les maladies chroniques.

Quels conseils donner aux personnes souhaitant faire attention à leur ligne ?

« Interdisez-vous les régimes ! C’est le premier des conseils que je donne à un patient. Aucun régime n’est anodin et il ne faut ainsi jamais le considérer comme tel. Trop de régimes « miracle » viennent vanter la rapidité et simplicité dans le suivi. Or ces régimes oublient l’essentiel, ils ne reviennent pas aux fondamentaux et l’appel au bon sens. La complexité alimentaire ne doit jamais être mise de côté. Trop de régimes diabolisent par exemple les féculents et les fruits : c’est une erreur de chercher à carencer le corps d’éléments indispensables à son bon fonctionnement. Pour maigrir, il faut manger... colorer l’assiette, déguster varié et surtout ne pas se priver. Tout est affaire de dosage, de responsabilité et tout ne se passe pas dans l’assiette. L’environnement dans lequel est pris le repas est tout aussi important pour arriver à un nouvel art de vie. »

Dr Arnaud Cocaul, est médecin nutritionniste (Paris). Il est spécialisé dans la prévention de l'obésité et les troubles du comportement alimentaire. Il pilote le programme d’aide à la gestion de ligne composé de menus équilibrés établis pour chaque occasion de la vie. Ce programme et les précieux conseils et astuces délivrés par le Dr Arnaud Cocaul sont disponibles gratuitement sur le site www.ducros.fr

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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