Quel est l'impact de la multi-exposition des consommateurs aux résidus de pesticides ?

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Chaque aliment est susceptible de contenir différents résidus de pesticides. Plusieurs questions se posent alors. Comment estimer l'exposition combinée des consommateurs à ces différentes substances ? Comment mieux évaluer leurs effets combinés sur la santé ? Des réponses concrètes à ces questions majeures de santé publique devraient être apportées par l'Afssa et ses partenaires, dans le cadre du programme Périclès.

« Quel est l’impact de la multi-exposition des consommateurs aux résidus de pesticides ? » - Crédit photo : www.geo.fr Les produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques sont des substances actives ou des préparations (contenant une ou plusieurs substances actives) utilisées pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes (plantes, animaux, champignons, bactéries) pouvant nuire au développement des cultures. Le nom générique "pesticides" peut également être associé à des usages non agricoles. L’évaluation des produits phytosanitaires avant leur mise sur le marché ainsi que le contrôle des niveaux de résidus de pesticides dans les aliments et dans l’environnement, sont des impératifs de santé publique et environnementale.

L’Afssa, en partenariat avec l’INRA, pilote dans ce cadre le développement du Programme Périclès, soutenu en partie par l’Agence Nationale de la Recherche (2009-2011), outil méthotologique innovant de modélisation permettant d’étudier les risques sanitaires de la multi-exposition combinée des consommateurs aux pesticides. L’objectif est de déterminer les combinaisons les plus probables de résidus de pesticides, puis de « livrer » ces cocktails réalistes aux toxicologues, qui les étudient alors au plan expérimental.

Pesticides en examen

France : En mars 2009, l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques a lancé une enquête pour mesurer les implications des pesticides sur la santé humaine. Les différentes voies d’exposition - denrées végétales et animales, eaux de surface, souterraines et littorales, sols, air atmosphérique et domestique - vont être abordées. En avril 2009, une audition publique a rassemblé différents acteurs de la filière des pesticides, parmi lesquels les agences sanitaires chargées de l’évaluation des risques et de l’autorisation des produits mis sur le marché (dont l’Afssa) et les industriels. Les résultats devraient être publiés cet automne.

Europe : La Commission européenne a mis en ligne une base de données sur les limites maximales de résidus des substances phytopharmaceutiques présentes sur le marché avant 1993 et des substances nouvelles. Objectif de l’opération: garantir la transparence et l’information sur l’évolution de la réglementation européenne en matière de pesticides. Le programme d’évaluation des substances, mené conjointement par la Commission, les États membres et l’Autorité européenne de sécurité des aliments, a concerné près de 1000 substances actives : 250 ont obtenu une autorisation et 70 ont été retirées du marché en raison de leur niveau de risque jugé inacceptable.

Accès à la base de données : ec.europa.eu

Une centaine de substances prises en compte

Pour mener cette étude, l’Afssa s’appuie sur ses propres enquêtes de consommations (INCA 2) et sur les données des plans de surveillance des administrations concernées au sein des ministères en charge de l’agriculture et de l’économie. Sur la base des résultats de ces études et des valeurs toxicologiques des pesticides, plus d’une centaine de substances actives de la liste positive européenne ont été prises en compte dans l’étude. Les situations de multi-exposition ont été identifiées, analysées et évaluées. L’analyse statistique en cours devrait conduire à l’élaboration d’un modèle mathématique sur la multi-exposition des consommateurs, et à la détermination des mélanges de pesticides qu’il sera pertinent d’étudier. La deuxième phase de l’étude démarrera en janvier 2010, avec la réalisation d’études toxicologiques in vitro sur des modèles cellulaires hépatiques et intestinaux humains (Afssa et Inra).

L’ensemble de ces travaux devraient permettre à l’Afssa d’accélérer la réalisation de son projet de mesures des résidus chimiques présents dans les fruits et légumes « tels que consommés ». Au-delà, l’outil de modélisation des multi-expositions pourra être exploité dans le cadre d’études sur d’autres substances chimiques, telles les mycotoxines ou les molécules reconnues comme perturbateurs endocriniens.

(à-PROPOS n°25 - Juillet 2009)

SOURCE : AFSSA, 2009

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