Quand les fruits diminuent la mortalité...

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Prenez une cohorte de Suédois nés en 1913 et suivez la pendant 26 ans, à partir de 1967. Vous obtenez une étude prospective longitudinale qui a permis à des auteurs suédois d’étudier les effets à long terme de la consommation de fruits et de légumes sur la mortalité, les maladies cardiovasculaires et les cancers.

Un suivi de 26 ans

792 hommes âgés de 54 ans, ont été suivis de 1967 à 1993 dans la ville de Göteborg, sur la cote Est de la Suède. Outre des explorations cliniques et biologiques classiques (poids, taille, IMC, tension artérielle, bilan lipidique et glycémie) on a soumis ces sujets à une enquête alimentaire détaillée.Leurs repas et leurs habitudes alimentaires ont été analysés avec soin sur le plan qualitatif et quantitatif. On les a questionnés sur leur fréquence de consommation de divers aliments dont, naturellement, les fruits et les légumes. Parallèlement, les auteurs ont surveillé l’état de santé de cette population jusqu’en 1993 (angine de poitrine, infarctus accidents vasculaires cérébraux, cancers, causes des décès) Les sujets ont été répartis en 4 groupes selon leur consommation hebdomadaire de fruits et de légumes : 0-1, 2-3, 4-5 et 6-7 fois par semaine.

Les fruits se distinguent

De façon un peu surprenante, il n’a été noté aucune différence significative entre les 4 groupes concernant les paramètres cliniques et biologiques des sujets, en fonction de leur niveau de consommation de fruits ou de légumes. Le suivi à long terme, en revanche a été plus parlant. Si les auteurs n’ont pas noté de différence de mortalité selon le niveau de consommation de légumes, la mortalité totale et la mortalité cardio-vasculaire ont été significativement plus élevées dans les groupes à faible consommation de fruits. En revanche, on n’a pas retrouvé de corrélation entre la consommation de fruits ou de légumes et l’incidence des maladies cardio-vasculaires ou des cancers. L’analyse multivariée de la survie, tenant compte des facteurs de risques classiques comme le tabac, le cholestérol ou l’hypertension artérielle, a mis en évidence une plus faible mortalité (risque relatif de 0.85) chez les gros consommateurs de fruits. Cette réduction était significative jusqu’à l’âge de 70 ans, mais pas 10 ans plus tard, après 26 années de suivi... On peut donc raisonnablement conclure, avec les auteurs de cette étude, qu’une forte consommation de fruits a une influence favorable sur la mortalité, et que cet effet positif persiste quand on prend en compte les facteurs de risques classiques cardio-vasculaires.

Des résultats cohérents

On dispose de peu d’études prospectives contrôlées récentes, sur l’influence de la consommation de fruits et ou de légumes sur la mortalité globale. Une étude réalisée dans une population végétarienne (Key, 1996) de 11 000 sujets sur une période de 17 ans a montré que la consommation quotidienne de fruits frais réduisait de manière significative la mortalité toutes causes confondues, et diminuait les risques de cardiopathies ischémiques et d’AVC. Les études de populations montrent, pour la plupart, un effet protecteur des fruits et des légumes verts sur la mortalité cardio-vasculaire.

Moins nets sur les cancers...

Tout comme dans cette étude suédoise, les résultats portant sur l’influence de la consommation de fruits sur la mortalité par cancer sont généralement moins nets. En réalité, l’effet semble différent selon les types de cancers. Ainsi, dans son rapport publié en 1997, le World Cancer Fund note l’absence apparente d’effet protecteur des fruits sur les cancers du colon, du rectum, du foie, de la prostate et du rein chez l’homme. En revanche, il avance des arguments convaincants en faveur du rôle protecteur d’une consommation abondante de fruits sur les cancers digestifs supérieurs, de l’estomac et du poumon. Les auteurs expliquent l’absence d’effet positif sur la mortalité par cancer par le fait que celui-ci a sans doute été "dilué" en rassemblant toutes les localisations de cancers. Il aurait peut-être été significatif en tenant compte des localisations les plus sensibles à l’effet protecteur des fruits... Quoiqu’il en soit, l’effet protecteur d’une forte consommation de fruits n’est pas mis en cause. Cette étude a le mérite de montrer que manger peu de fruits est un facteur de risque indépendant de mortalité... Ce n’est déjà pas si mal, non ? Surtout quand on sait qu’en général les amateurs de fruits fument moins, font plus d’exercice physique, ont de meilleures habitudes alimentaires... Bref : ont une vie plus saine.

SOURCE : APRIFEL

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