Quand les dogmes s’effondrent : l’histoire des acides gras saturés et de la santé cardiovasculaire

lu 6730 fois

Depuis 30 ans, on répète qu’il faudrait diminuer la consommation d’acides gras saturés pour améliorer la santé cardio-vasculaire. Pourtant une récente étude d’ampleur (350 000 sujets suivis pendant 14 ans en moyenne) conclut qu’il n’y a aucun lien entre acides gras saturés et maladies cardiovasculaires, qu’il s’agisse d’accidents coronariens ou vasculaires cérébraux. Que l’on consomme peu ou relativement beaucoup d’acides gras saturés, que l’on soit homme ou femme, âgé de plus ou moins 60 ans, aucune différence...

« Quand les dogmes s’effondrent : l’histoire des acides gras saturés et de la santé cardiovasculaire » - Crédit photo : www.linternaute.com Alors les recommandations visant à restreindre les graisses, et particulièrement les graisses saturées sont-elles pertinentes ? Sans doute pas, concluent les auteurs de cet article. Rien ne prouve que cette mesure soit efficace. Surtout si l’on compense la baisse de consommation de lipides par une hausse de la consommation de glucides : dans ce cas, on risque d’induire ou de majorer des perturbations métaboliques qui augmentent le risque cardio-vasculaire.

Acides gras saturés et coeur : pas de lien

C’est un pavé dans la mare. A partir de l’analyse de 21 études épidémiologiques parmi les plus solides, un article récent, mis en ligne par le prestigieux American Journal of Clinical Nutrition, montre que le lien entre la consommation d’acides gras saturés et les maladies cardiovasculaires est loin d’être établi.

Ces études ont porté sur près de 350.000 hommes et femmes, étudiés pendant 5 à 23 ans, ce qui permet une évaluation très sérieuse des maladies qui apparaissent au cours du temps. Aucune relation n’a pu être faite entre la consommation d’acides gras saturés et les maladies cardiovasculaires quelles qu’elles soient : maladies coronariennes ou accidents vasculaires cérébraux. La chasse au gras ne semble d’ailleurs pas efficace dans de nombreux pays.

Quand des bénéfices cardiovasculaires sont observés, ils semblent résulter d’un meilleur équilibre alimentaire, faisant une part à tous les acides gras, saturés et polyinsaturés, plutôt que de la diminution des seuls « saturés », qu’ils proviennent du beurre, du lait, des fromages ou d’autres aliments. Voilà en tout cas un nouveau sujet d’étude pour les chercheurs !

Dans le contexte actuel où prévalent les préoccupations de surpoids et d’obésité, facteurs de risque cardio-vasculaires bien établis, mieux vaut se focaliser sur la prévention de la prise de poids et la réduction des produits et boissons sucrées.

Et oublier l’opposition entre les différents types de graisses, animales/végétales, saturées/insaturées ; toutes ont leur place dans une alimentation équilibrée. L’essentiel est la variété : du beurre sur les tartines, de la crème fraîche dans les épinards, de l’huile de colza ou olive dans la salade, du poisson régulièrement, quelques fruits secs oléagineux (noix, noisettes, pistaches, amandes...) au cours d'un repas ou d'une collation, etc.

(Par le Docteur M. - C. Bertière, Directeur du CERIN, d'après American Journal of Clinical Nutrition. Publié en ligne le 13 janvier 2010.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s