Qu'est-ce qui influence le poids des étudiants entre l'automne et le printemps ?

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Notre travail a porté sur l'effet de l'activité physique (AP), de la consommation de fruits et légumes et d'alcool sur les changements de poids de 193 étudiants de première année, afin d'identifier les causes de prise de poids dans cette population. En moyenne, les étudiants de première année prennent 2 kg (4,2 livres), ce qui est un gain alarmant et représente près de 11 fois la moyenne générale.

« Qu’est-ce qui influence le poids des étudiants entre l’automne et le printemps ? » - Crédit photo : www.univ-montp1.fr Tous les étudiants de première année de l’Université de Winthrop, âgés de 17 à 19 ans, ont été éligibles pour participer à l’étude. Au cours de la troisième semaine du trimestre d’automne 2002 et le dernier mois du trimestre de printemps, un e-mail leur a été envoyé expliquant l’étude et contenant l’URL du questionnaire. L’enquête en ligne était accessible dès que l’étudiant remplissait la case de consentement éclairé sur le site.

Des questions centrées sur le poids

Dans le questionnaire du départ, les étudiants ont inscrit leurs données démographiques telles que l’âge, l’origine ethnique, le sexe, le lieu de résidence et le lieu du repas principal.

Deux questions ont été ajoutées au questionnaire de suivi :

  • A combien estimez-vous le changement de votre poids ?
  • En automne, avez-vous complété l’enquête sur la prise de poids chez les étudiants de première année ?

Nous avons recueilli les données sur la taille et le poids (auto-évalués) afin de calculer l’Indice de Masse Corporelle (IMC) (en kg/m2) et nous avons regroupé les répondants selon l’IMC initial :

  • Les IMC < 25 étaient souhaitables
  • Les IMC >= 25 en étaient en surpoids

(Il n’y avait pas assez d’étudiants avec un IMC > 30 pour justifier une analyse séparée).

Une évaluation soigneuse de l’activité physique (et de la consommation d’alcool)

Nous avons utilisé trois questions CDC-YRBS (Centre for Disease Control - Youth Risk Behavior Surveillance, Surveillance des Comportements à Risque chez les Jeunes) pour évaluer la fréquence d’activité physique :

  • La semaine dernière, combien de fois avez vous participé à des activités de 20 minutes qui vous ont fait transpirer ?
  • Combien de fois la semaine dernière avez vous participé à des activités de 30 minutes qui ne vous ont pas fait transpirer ?
  • Combien de fois la semaine dernière avez vous participé à des activités pour développer la force musculaire ?

Les réponses allaient de 0 (aucune activité par semaine) à 7 (une activité chaque jour de la semaine).

Pour déterminer la catégorie d’activité totale, nous avons utilisé les recommandations 1995 du Collège Américain de Médecine du Sport pour une activité physique vigoureuse - 20 minutes ou plus, au moins trois fois par semaine pour procurer des effets bénéfiques significatifs sur la santé. 3 scores d’activité totale ont été créés en additionnant les fréquences de réponse : 0-1 séance d’activité par semaine (basse), 2-3 séances par semaine (modérée) et > 4 séances par semaine (haute).

Pour mesurer la consommation d’alcool, 2 questions ont été adaptées à partir du CDC-YRBS :

  • Combien de jours avez vous bu au moins une fois de l’alcool ?
  • Durant les derniers 30 jours, combien de jours avez vous bu au moins une fois de l’alcool ?

Nous n’avons pas défini le volume mais indiqué "ceci inclut la bière, le vin, les prémixs, et les alcools forts comme le rhum, le gin, la vodka ou le whisky". Boire de l’alcool ne signifie pas prendre quelques gouttes de vin durant une cérémonie religieuse.

Sons oublier les fruits et légumes !

Pour déterminer le nombre de portions hebdomadaires de fruits et légumes consommés, le questionnaire de fréquence alimentaire réduit de Block (Block Reduced Food Frequency Questionnaire RFFQ) a été utilisé. Le RFFQ offre une estimation rapide de la fréquence mais pas de la taille des portions.

Pour faire le total des consommations de fruits et légumes, nous avons additionné les fréquences des consommations de jus de fruit, de fruits frais ou en conserve, de salades vertes, de pommes de terre, de soupes aux légumes et de toutes les sortes de légumes. Nous avons considéré comme acceptable =11 portions/semaine, ou faible < 11 portions/semaine.

Une prise de poids moyenne d’un kilo...

En moyenne, les étudiants ont pris un peu plus d’un kg (2,5 livres) (p<0,05), bien que seulement 57 % aient signalé une prise de poids (M=7,1 livres, 3,2 kg). La consommation de fruits et légumes a diminué (p=0,034), la consommation d’alcool a augmentée (p > 0,05), et l’AP est restée stable.

... mais tout dépend de l’IMC initial...

Chez les étudiants ayant un IMC > 25 kg/m2, la prise de poids a été presque deux fois plus importante que chez les étudiants ayant un IMC < 25 (p<0,05).

Les étudiants ayant une faible fréquence d’AP de base avaient deux fois plus de chance d’être en surpoids. Le suivi a montré que les étudiants qui rapportaient une fréquence élevée d’AP de faible intensité avaient deux fois plus de chance d’avoir un IMC sain que les étudiants rapportant une fréquence faible ou modérée d’AP.

L’IMC initial était la variable la plus souvent liée à la prise de poids. Après 6 mois, les étudiants en surpoids (IMC > 25) avaient presque pris deux fois plus de poids que les étudiants ayant un IMC désirable (< 25). Durant le suivi, les étudiants dont l’IMC initial était plus élevé ont eu une prise de poids moyenne de 6,99 % en moyenne, alors que ceux qui avaient un IMC initial désirable n’ont eu qu’une augmentation moyenne de 5,21 %

Nos résultats plaident donc en faveur d’interventions immédiates et adaptées pour prévenir la prise de poids, surtout chez les étudiants ayant déjà un IMC élevé, c’est-à-dire au dessus de 25.

Limites à cette étude : Comme les totaux pour la consommation de fruits et légumes incluaient les pommes de terre, il est probable que les étudiants ne consommaient pas les quantités conseillées de fruits et légumes.

Sources et références :

  1. Levitsky D, Halbmaier A. The freshman weight gain: a model for the study of the epidemic of obesity. Int J Obes Relat Metab Disord. 2004;28:1435-1442.
  2. CDCP. Nutrition Topics, Web page. http://www.cdc.gov/nccdphp/dnpa/nutrition. 3.Records and Registration, Winthrop University. Fact Book on Residence Halls, 2000-2001, 2001-2002, 2002-2003. Winthrop University: Rock Hill, 5C. Pate R, Pratt M, Blair S, et al. Physical activity and public health: a recommendation from the CDC and the American College of Sports Medicine. JAMA.1995;273:402-407.
  3. Block G, Gillespie C, Rosenbaum E, et al. A rapid food screener to assess fat and fruit and vegetable intake. Am J Prev Med. 2000;18:284-289.
  4. Brener N, Kann L, McManus T, et al. Reliability of the 1999 Youth Risk Behavior Survey Questionnaire. J Adolesc Health. 2002;31:336-342.
  5. Block G, Subar A. Estimates of nutrient intake from a food frequency questionnaire: the 1987 National Health Interview Survey. J Am Dent Assoc. 2000;92:969-978.
  6. American College of Sports Medicine. How much exercise is enough? Winter 2003:1,8

(Danella Gilmore Kasparek — Département santé et éducation physique, Winthrop, Université Rock Hill - USA - Equation Nutrition n°79 - Juillet/Août 2008)

SOURCE : APRIFEL

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