Qu’est-ce qu’on mange aujourd’hui ?

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NutriNet Santé, en direct de nos placards et nos frigos : Il y a un peu plus d'un an, était lancée une étude gargantuesque, portant sur nos comportements alimentaires et leurs relations avec la santé. Objectif : 500 000 « nutrinautes » acceptant d’ouvrir leur garde-manger pendant cinq ans... de quoi mieux nourrir les connaissances épidémiologiques.

« Qu’est-ce qu’on mange aujourd’hui ? » - Crédit photo : www.etude-nutrinet-sante.fr Le Professeur Serge Hercberg est un homme redoutable. Entre autres méfaits, il était déjà l’auteur et le coordonateur du mythique PNNS (Plan National Nutrition Santé) qui nous enjoint à chaque coin de pub de « manger bouger » et de nous convertir au moins gras, moins salé, moins sucré. Prêcher en faveur d’une consommation idéale de 5 fruits et légumes par jour ne lui suffisant pas, le Directeur de l’Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle a décidé le 11 mai 2009, de s’inviter à la table de 500 000 citoyens pour tout savoir de leurs comportements alimentaires quotidiens.

Questionnaires : c’est du lourd

NutriNet-Santé, énorme étude épidémiologique s’est fixé comme objectif de recruter, sur 5 ans, des internautes de plus de 18 ans. Les « Nutrinautes » acceptent de répondre, sur le site www.etude-nutrinet-sante.fr, à des questionnaires concernant leur alimentation, leur activité physique, leurs poids et taille, leur état nutritionnel et de multiples déterminants des comportements alimentaires (au total, 2 heures sur les 3 premières semaines). Les Nutrinautes reçoivent ensuite, chaque mois, un courriel les invitant à remplir d’éventuels questionnaires complémentaires (20 minutes par mois).

Et on dira que les Français ne s’intéressent pas à leur santé ! Si les informations croisant la nutrition et la santé nécessitent plusieurs années de surveillance avant d’en tirer des conclusions, des résultats concernant les comportements alimentaires et l’état nutritionnel des 50 000 premiers sujets inclus sont déjà disponibles. L’analyse de plus de 90 000 journées alimentaires renseignées permet de montrer d’importantes disparités régionales. En matière d’identité nationale, on aurait tenu là un vrai sujet de débat...

Régions : pas de grand chelem nutritionnel

On constate une nette séparation Nord-Sud pour les fruits et légumes, une France du beurre et une France de l’huile (notamment de l’huile d’olive). Les régions du Nord et de l’Est de la France sont caractérisées par des apports alimentaires moins favorables à un bon équilibre nutritionnel. Ces différences s’expliquent, bien sûr, par des traditions régionales de consommation, mais également par des facteurs socio-économiques.

Au niveau national, la consommation de fruits et légumes est d’ailleurs 40% plus élevée chez les cadres supérieurs que chez les ouvriers et les employés. D’une façon générale, elle est 50% plus élevée dans les familles à plus hauts revenus par rapport aux plus faibles... De même, la consommation de poisson est plus élevée chez les cadres et les plus hauts revenus, à l’inverse des consommations de viande, de charcuterie et pommes de terre.

NutriNet confirme déjà, à grande échelle, que les comportements nutritionnels s’avèrent d’autant plus favorables à la santé qu’on a les moyens financiers de les mettre en oeuvre. Certaines informations ne mettent décidément pas en appétit.

Obésité : Grosses différences...

Les régions les plus touchées par l’obésité sont le Nord-Pas de Calais (18%), la Lorraine (17%) et la Picardie (17%). Les régions les moins touchées sont la région Midi-Pyrénées (7%), l’Aquitaine (8%), la Bretagne (9%), le Limousin (9%) et la région PACA (10%).

Le tour de France de nos cabas

Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, nos retours de courses n’ont vraiment pas les mêmes couleurs. Inventaire de nos cabas régionaux par rapport aux moyennes hexagonales :

Fruits (frais) : consommations les plus faibles en Nord-Pas de Calais (-20%) et en Picardie (-18%) ; les plus élevées en Auvergne (+15%), en Languedoc-Roussillon (+9%), et en PACA (+9%).

Légumes (frais) : consommations les plus faibles en Nord-Pas de Calais (-15%), en Basse-Normandie (-9%), en Lorraine (-9%) et en Picardie (-9%) ; les plus élevées en PACA (+8%), en Languedoc-Roussillon (+8%).

Pommes de terre : consommations les plus élevées en Nord-Pas de Calais (+43%), en Picardie (+32%) et en Bretagne (+27%) ; les plus faibles en PACA (-21%) et en Languedoc-Roussillon (-17%).

Poisson : consommations les plus élevées en Aquitaine (+14%), en Ile-de-France (+13%), en Languedoc-Roussillon (+11%) et en Bretagne (+10%) ; les plus faibles en Lorraine (-23%), en Alsace (-20%), en Nord-Pas de Calais (-20%) et en Picardie (-16%).

Fruits de mer : consommations les plus élevées en Bretagne (+107%), en Pays de la Loire (+48%) ; les plus faibles en Bourgogne (-46%) et en Lorraine (-45%).

Beurre : consommations les plus élevées en Basse-Normandie (+22%), en Pays de la Loire (+20%) et en Bretagne (+19%) ; les plus faibles en Aquitaine (-13%), en Franche-Comté (-12%), en Languedoc-Roussillon (-11%) et en PACA (-10%).

Huile : consommations les plus élevées en Languedoc-Roussillon (+22%), en PACA (+17%) ; les plus faibles en Pays de la Loire (-18%) et en Bretagne (-16 %). Pour l’huile d’olive, les extrêmes vont de +91% en PACA et +53% en Languedoc-Roussillon à -40% en Picardie et -36% en Basse Normandie.

Margarine : consommations les plus élevées en Nord-Pas de Calais (+40%) et en Basse Normandie (+39%) ; les plus faibles en Midi-Pyrénées (-33%) et en PACA (-28%).

Fromages : consommations les plus élevées en Auvergne (+24%) ; les plus faibles en Bretagne (-17%).

Charcuteries : consommations les plus élevées en Auvergne (+31%), en Alsace (+19%) et en Champagne-Ardenne (+18%) ; les plus faibles en Poitou-Charentes (-11%) et en Ile-de-France (-11%).

(BIENSÛR Santé Magazine n°17)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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