Promouvoir une alimentation favorable à la santé pour les sujets en situation de précarité

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Les recommandations pratiques du Programme National Nutrition Santé et du Programme Alimentation et Insertion : Le « Programme National Nutrition Santé (PNNS) », mis en place en 2001 sous l'égide du Ministère de la Santé, constitue un des plus grands programmes de santé publique dans le domaine de la nutrition jamais développé en Europe.

Ce plan, prévu sur 5 ans, a comme finalité d’améliorer l’état de santé de l’ensemble de la population, en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs, la nutrition.

Neuf objectifs nutritionnels prioritaires ont été définis. Ces objectifs ne sont en aucun cas des objectifs exhaustifs et optimaux en termes de santé publique. Il ne s'agit pas de buts à atteindre pour avoir une efficacité complète vis-à-vis de la prévention des maladies chroniques. Il s'agit d'objectifs pragmatiques qui devraient, dans une première étape, permettre d'améliorer la situation française de façon graduelle vis-à-vis des facteurs de risque et ce dans un délai assez court dans un premier temps (5 ans).

Le fait d'atteindre ces objectifs ne constitue pas une fin en soi, mais le niveau de promotion des facteurs de protection et de réduction des facteurs de risque retenus paraît raisonnable et surtout atteignable sur la période de temps considérée, tout en permettant un impact réel, significatif à plus long terme sur la morbidité et la mortalité. Les objectifs nutritionnels ne sont pas, pour la plupart d’entre eux, aisément compréhensibles par le grand public qui n’a pas l’impression de consommer des nutriments mais des aliments. C’est pourquoi ces objectifs ont été traduits pour le grand public en recommandations en termes d’aliments. C’est ce qui a été fait sous la forme d’un «Guide Alimentaire pour Tous : La santé vient en mangeant». Ce guide informe les lecteurs mais surtout leur montre comment on peut mettre en pratique les conseils et recommandations du PNNS. Les recommandations sont sur le principe toujours les mêmes, mais le guide montre comment leur mise en pratique peut s’adapter à chaque situation (âge, sexe, niveau socio-économique, approche culturelle, goût, mode de vie… ).

Bien évidemment les actions du PNNS associent à la fois des aspects de communication, d’information et de formation destinées au grand public, mais également des actions et mesures visant les professionnels de santé, les enseignants et l’environnement scolaire et l’offre alimentaire (notamment au travers des industries alimentaires, de la restauration collective).

À côté des objectifs nutritionnels prioritaires chiffrés qui visent l’ensemble de la population (dont bien évidemment les sujets en situation de précarité), neuf objectifs nutritionnels spécifiques ont également été définis, visant des populations particulières, dont un visant spécifiquement les personnes en situation de précarité.

Le Programme Alimentation et Insertion (PAI) lancé sous l’égide du Ministère délégué à la lutte contre la précarité et l’exclusion s’articule totalement avec les objectifs et les recommandations du PNNS. Il a pour objectif de promouvoir une alimentation favorable à la santé, plaisante et accessible et vecteur de lien social auprès des personnes bénéficiant de l’aide alimentaire. En effet, les populations les plus défavorisées de notre pays ne bénéficient pas aujourd’hui, du moins pour la plus grande partie d’entre elles, d’un accès à une alimentation leur permettant d’atteindre un état nutritionnel favorable à la santé ; elles présentent à la fois une fréquence plus élevée de déficiences vitaminiques et minérales, et d’obésité. D’autre part, les contraintes multiples de la précarité éloignent souvent ces sujets des côtés positifs de l’alimentation, notamment en termes de plaisir et de convivialité.

Les préconisations du PAI s’appuient sur les recommandations nutritionnelles du Programme National Nutrition Santé (PNNS), définies pour la population générale et diffusées au travers du «Guide Alimentaire pour Tous : La Santé vient en Mangeant». Il n’y pas de recommandations pour « riches » et d’autres pour « pauvres ».

Cependant la mise en pratique de ces recommandations a été réfléchie de façon à rester compatible avec les contraintes socio-économiques et psychologiques auxquelles sont confrontées les populations utilisatrices de l'aide alimentaire.

Ces préconisations se veulent parfaitement acceptables et accessibles pour tous, associant santé, plaisir, convivialité et échange, faisant de l’alimentation un levier naturel pour favoriser la réinsertion.

(Dr Serge HERCBERG, Unité de Nutrition INSERM-INRA-CNAM, Paris)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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