Promouvoir les bons choix alimentaires et l'activité physique chez les jeunes enfants

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Un budget insuffisant, le manque de temps pour cuisiner et l'absence de motivation des parents sont les principaux obstacles à une alimentation équilibrée chez l'enfant. Dans un même ordre d'idées, la pénurie d'installations sportives et de jardins, de même que l'intolérance des voisins, peuvent aussi empêcher les enfants de se livrer à une activité physique. Tels sont les premiers résultats de l'étude européenne IDEFICS (Identification and Prevention of Dietary - and Lifestyle- Induced Health Effects in Children and Infants).

Contribuer à la prévention de l’obésité infantile en Europe

« Promouvoir les bons choix alimentaires et l’activité physique chez les jeunes enfants » - Crédit photo : © James Thew - Fotolia.com L’obésité infantile et les problèmes de santé qui s’y rattachent ne cessent d’augmenter en Europe. L’étude IDEFICS a donc été lancée en vue d’améliorer les connaissances sur les facteurs alimentaires, l’environnement social et les habitudes de vie affectant la santé des enfants européens. Ces connaissances permettront d’élaborer, de mettre en œuvre, d’évaluer et de valider des interventions spécifiques de nature à réduire la prévalence des maladies liées à l’alimentation et au mode de vie.

Dans le cadre de l’étude IDEFICS, des groupes de discussion ont été organisés dans huit pays, avec des enfants et leurs parents, afin de recueillir des données sur les facteurs qui agissent sur la nutrition et l’activité physique des enfants. Les participants de ces groupes de discussion étaient composés :

  • De 155 enfants âgés de 6 à 8 ans (81 garçons, 74 filles) - répartis en 20 groupes de 5 à 17 participants
  • De 106 parents d’enfants de 2 à 4 ans et de 83 parents d’enfants de 6 à 8 ans (28 hommes, 161 femmes) - répartis en 36 groupes de 5 à 12 participants

Obstacles à une alimentation équilibrée

Le manque de temps pour cuisiner et de motivation, un budget insuffisant, le peu de temps passé en compagnie des enfants (pour contrôler ce qu’ils mangent), le fait que les grands-parents ne respectent pas les règles alimentaires et la très grande disponibilité d’aliments denses en énergie mais à faible valeur nutritionnelle figurent parmi les facteurs qui peuvent empêcher les enfants de bénéficier d’une nutrition équilibrée. Les familles à faible revenu sont plus susceptibles d’avoir un régime alimentaire déséquilibré, sachant que leurs achats alimentaires sont davantage dictés par le prix et les préférences gustatives des enfants, et que leurs règles en matière de choix alimentaires sont aussi moins strictes. Il existe également d’importantes différences entre les pays en ce qui concerne la nutrition en milieu scolaire. En Suède, les règles sont à la fois strictes et précises : des repas nutritifs sont servis aux enfants et les distributeurs sont réglementés. L’absence de règles strictes est toutefois courante dans d’autres pays. D’une manière générale, l’éducation nutritionnelle fait défaut (sauf en Belgique et en Espagne) et les écoles ne favorisent pas la consommation de fruits.

Obstacles à l’activité physique

Parmi les obstacles environnementaux fréquents figurent l’absence d’installations adéquates, telles que des terrains de jeu, des gymnases, des terrains de sport, des piscines, des espaces verts ou des pistes cyclables, ainsi que les problèmes de sécurité (circulation automobile très dense), la présence de bandes d’adolescents, l’absence de panneaux de signalisation ou des panneaux difficiles à déchiffrer et le mauvais état des pistes cyclables et des trottoirs. Dans les écoles, et bien que les conditions varient d’un pays à l’autre, la situation n’est guère plus encourageante, en raison de la brièveté des récréations et du manque de place pour jouer.

L’absence d’activités organisées pour les jeunes enfants et d’organisations sportives contribue également au manque d’activité physique des enfants. Les familles à faible revenu considèrent le prix de l’adhésion à un club sportif comme un obstacle majeur, même si elles pensent que la participation de leurs enfants à des activités organisées est un moyen de les faire évoluer dans un environnement sûr. En général, les enfants sont plus actifs au printemps et en été.

Vaincre les obstacles

Les parents considèrent le plus souvent l’école comme un instrument qui favorise de manière significative l’acquisition de bonnes habitudes alimentaires et de vie. Le fait que les enfants y passent une grande partie de leur journée n’y est pas étranger. L’éducation nutritionnelle devrait donc figurer dans les programmes scolaires puisque les enfants, quel que soit leur milieu socio-économique, peuvent être sensibilisés au cours de leur séjour à l’école. Il est également souhaitable de doter les écoles d’une politique alimentaire bien conçue et cohérente, de concert avec l’appui des parents. Il est essentiel que les parents prennent conscience de leur responsabilité dans l’amélioration des habitudes alimentaires et comportementales de leurs enfants.

Les changements environnementaux tels que l’aménagement de zones piétonnières ou de rues plus sûres, avec des trottoirs et des pistes cyclables, pourraient contribuer à augmenter le niveau d’activité physique des enfants. L’organisation d’activités accessibles aux enfants leur évitera par ailleurs de mener une vie sédentaire et éloignera accessoirement le spectre de la délinquance, surtout s’ils sont issus de familles à faible revenu. Les écoles devraient aménager des installations et des équipements sportifs, organiser des récréations sportives et des activités extrascolaires tout en incitant les enseignants à servir de modèles. En Suède, les écoles qui assurent la garde des enfants après les heures de classe offrent déjà ce type d’activités aux jeunes enfants, pendant et après l’école, alors qu’en Hongrie, les écoles sont équipées de terrains de jeu pour les familles où elles peuvent pratiquer ensemble des activités sportives. Les jeux collectifs motivent considérablement les enfants à sortir et à être actifs.

Poursuite de l’étude IDEFICS

Les résultats des groupes de discussion ont été utilisés pour élaborer une stratégie à orientation communautaire qui propose des interventions nutritionnelles et sportives à destination principalement des écoles primaires et des maternelles. Le volet «nutrition» inclut des programmes d’éducation ainsi que des formations pour apprendre à cuisiner et à faire les courses. Le volet « activité physique » prévoit pour sa part des activités structurées dans un environnement propice à ce type d’activités à l’école et dans la collectivité. L’amélioration de la sécurité dans les quartiers et des actions de grande ampleur comme la multiplication du nombre de terrains de jeu ou de parcs ou encore de journées familiales devrait faire partie de tout programme communautaire et figurer au cœur des négociations avec les responsables communautaires. Enfin, un mode de vie parental équilibré qui favorise l’activité physique ainsi qu’une alimentation équilibrée devrait contribuer à améliorer la nutrition et le niveau d’activité physique des enfants.

Pour en savoir plus : www.ideficsstudy.eu

Références

  1. Ahrens W, Bammann K, de Henauw S, Halford J, Palou A, Pigeot I, Siani A, Sjöström M. (2006). Understanding and preventing childhood obesity and related disorders--IDEFICS: a European multilevel epidemiological approach. Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases. 16(4):302-308.
  2. Identification and prevention of Dietary- and lifestyle-induced health EFfects In Children and infantS (IDEFICS). European Commission Sixth Framework Programme. Contract n° 016181 (FOOD). http://www.ideficsstudy.eu
  3. Haerens L, De Bourdeaudhuij I, Barba G, Eiben G, Fernandez J, Hebestreit A, Konstabel K, Kovács É, Lasn H, Regber S, Shiakou M, De Henauw S, on behalf of the IDEFICS consortium (in press). Developing the IDEFICS community based intervention program to enhance eating behaviors in 2-8 year old children: findings from focus groups with children and parents. Health Education Research.
  4. Haerens L, De Bourdeaudhuij I, Eiben G, Barba G, Bel S, Keimer K, Kovács E, Lasn H, Regber S, Shiakou M, Maes L on behalf of the IDEFICS consortium (submitted). Formative research to develop the IDEFICS physical activity intervention component: findings from focus groups with children and parents. IJBNPA.
  5. EUFIC Food Today n°58 (May 2007) Apprendre à vivre sainement – Élaboration d’une stratégie d’intervention européenne. www.eufic.org/article/fr/artid/Apprendre-vivre-sainement-Elaboration-strategie-intervention-europeenne/

Source : « Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation (EUFIC) »

SOURCE : « Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation

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