Produits laitiers : mythes, croyances et réalités

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Dans la population américaine, les apports de calcium, potassium, vitamine D (et fibres) sont insuffisants. C’est dire que les nutriments contenus dans le lait ont une importance essentielle. D’après les guidelines parus aux Etats-Unis en 2010, la consommation de produits laitiers est trop faible, inférieure aux recommandations nutritionnelles, et il faut l’augmenter. Des chercheurs indépendants ont dressé la liste des croyances erronées qui empêchent les consommateurs de profiter de toute la gamme des produits laitiers.

« Les personnes intolérantes au lactose ne doivent pas consommer de lait ou de produits laitiers. »

L’intolérance au lactose peut induire diarrhées, ballonnements, flatulences et douleurs abdominales. Mais ces troubles intestinaux assez courants ne sont pas toujours dus à une intolérance au lactose ! Loin de là.

Et inversement, toutes les personnes qui ont une diminution de la lactase, l’enzyme qui digère le lactose (ou sucre du lait) n’ont pas nécessairement de troubles.

Il faut d’abord contrôler auprès d’un médecin la réalité de l’intolérance au lactose et adapter sa consommation de lait et produits laitiers.

« L’autodiagnostic de la déficience en lactase est simple, basé sur l’apparition des symptômes suivant la consommation de lait et produits laitiers. »

Non, ce diagnostic est souvent incorrect et conduit à éliminer inutilement les produits laitiers. Beaucoup d’infections virales et bactériennes ou de maladies digestives comme le syndrome du côlon irritable, peuvent donner des signes digestifs comparables.

Seuls des tests objectifs (test à l’hydrogène et test à la tolérance du lactose) permettent au médecin d’affirmer le diagnostic et de déterminer les quantités de lait que le sujet peut consommer.

« Même de petites quantités de lactose peuvent donner des symptômes chez les intolérants. »

Déficit en lactase ne signifie pas absence de lactase. La plupart des intolérants au lactose n’ont pas de symptômes avec des aliments contenant de petites quantités de lactose. C’est aussi le cas pour la plupart de ceux qui se croient intolérants ! Une étude comparant un lait sans lactose et un lait avec 7 g de lactose ne met pas en évidence des symptômes différents selon le type de lait consommé.

Une synthèse des études publiées montre que la consommation de 12 g de lactose (1/4 litre de lait) est aussi bien tolérée qu’un placebo. Une autre étude, menée en double insu, montre que chez des sujets dépourvus de lactase un verre de lait matin et soir est tout à fait toléré.

Pour réduire les symptômes, il suffit de consommer des quantités modérées de lait en espaçant les prises ou sous forme de purées, entremets… ou recourir aux laits à faible teneur en lactose.. Consommer le lait avec des snacks ou lors des repas, avec des aliments riches en fibres ou en lipides, aide à la digestion et diminue les symptômes. /

Les yaourts, dont les ferments assurent la digestion du lactose, et et fromages affinés, ne posent aucun problème. Enfin, la tolérance au lactose est augmentée par une consommation régulière de celui-ci.

« Les personnes intolérantes au lactose sont aussi allergiques au lait de vache. »

Ce n’est pas du tout le même trouble. L’allergie concerne non le lactose, mais les protéines du lait de vache. Elle concerne 2 à 6 % des jeunes enfants et guérit dans la plupart des cas avant l’âge de 6 ans, de sorte qu’elle est très rare chez l’adulte , entre 0,1 % à 0,5 % . Ses symptômes sont aussi différents.

« La pasteurisation altère la valeur nutritionnelle du lait. »

Faux. Quel que soit le procédé de chauffage -plus ou moins rapide - utilisé, la pasteurisation tue seulement les bactéries pathogènes et les microorganismes nuisibles. Depuis qu’elle existe, le transport du lait et sa distribution « urbi et orbi » dans des conditions d’hygiène rigoureuse ont été largement facilités !

« Le lait cru est plus sain et meilleur pour la santé que le lait pasteurisé. »

Ce n’est pas une évidence scientifique. En particulier, le lait cru doit être évité chez les sujets à risque : enfants, personnes âgées, femmes enceintes, personnes dont l’immunité est déficiente.

« Le lait cru ou le lait de la ferme protège les enfants contre les allergies et l’asthme. »

Quelques études le suggèrent, sans qu’il soit possible de savoir ce qui est dû à l’environnement. Certains facteurs protecteurs éventuels peuvent être liés à la vie rurale. L’asthme, les rhinites et les conjonctivites font partie des maladies où une prévention pourrait s’exercer. Il n’y aurait pas de différence entre les familles où on boit le lait cru et celles où on le fait bouillir. L’utilisation du lait cru doit cependant rester prudente.

« Boire du lait peut donner de l’asthme ou d’autres allergies. »

On est ou on n’est pas allergique à un aliment donné. Si on est allergique aux protéines de lait, on ne consomme pas de produits laitiers jusqu’à la guérison. Si on ne l’est pas, (ce qui est le cas de la grande majorité de la population), on peut boire du lait sans risquer d’être allergique à quoi que ce soit.

Quant à l’asthme, la consommation de lait n’entraîne pas de symptômes ni de modifications de la fonction respiratoire chez les asthmatiques consommateurs de lait. Enfin, contrairement à une idée reçue, le lait n’augmente pas la production de mucus.

« Boire du lait augmente la production de mucus, c’est donc à éviter en cas de rhume. »

C’est une idée reçue, le lait n’a rien à voir avec le mucus et il n’y a pas d’augmentation de la production des sécrétions nasales après consommation de lait. En cas de rhume, il n’y a aucune raison de se priver de lait.

(Zaitlin P, et al. Nutr Today 2013 ;48(3) :135-143. DOI: 10.1097/NT.0b013e3182941c62.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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