Probiotiques : les cibles de la recherche

lu 5096 fois

Les chercheurs aiment bien les probiotiques. Principalement les bactéries lactiques, qui servent à la production des yaourts et des laits fermentés. D’une souche de lactobacille ou de bifidobactérie à l’autre, on s’explique certains bénéfices santé déjà connus. Et on en expérimente de nouveaux… Retour (non exhaustif) sur une année de recherches.

Pour l’immunité : Les probiotiques renforcent l’immunité intestinale en modifiant favorablement la composition du microbiote (la flore intestinale). Ils diminuent notamment le nombre d’entérocoques, des bactéries potentiellement néfastes pour la santé. (Savard P, Int J Food Microbiol 2011; 149(1):50-7.)

Une expérimentation a été menée chez des souris de laboratoire sur un modèle de colite ulcéreuse, une maladie inflammatoire chronique du gros intestin. Certaines souches de lactobacilles (Lactobacillus delbruecki) sont capables de moduler la réponse immunitaire et d’améliorer l’état de santé des souris. Ce type de souche pourrait influer sur la santé de manière bien plus importante qu’on ne le pense généralement, estiment les auteurs de l’étude. (Santos Rocha C, et al. Inflamm Bowel Dis, en ligne le 11/08/2011, DOI: 10.1002/ibd.21834.)

Contre les infections : Dans une expérimentation chez le lapin, on a démontré l’activité anti-staphylocoque doré d’une souche de Lactobacillus paracasei. Un lait fermenté avec ce lactobacille a permis d’arrêter les épisodes de diarrhée, de diminuer le nombre de germes indésirables et de restaurer l’intégrité de la muqueuse intestinale. Pour les chercheurs, c’est une piste de prévention potentielle des infections. (Bendali F, et al. Int J Infect Dis 2011 ; 15(11) :e787-94.)

Les allergies : L’intérêt de Lactobacillus casei dans les maladies allergiques et auto-immunes a été établi sur des modèles de souris. (Schiffer, et al. J Immunol 2011 ; 187 :2646-55.)

En clinique humaine, deux études publiées l’an dernier montrent l’action préventive des probiotiques vis-à-vis des allergies infantiles. Qu’ils soient utilisés chez la mère pendant la grossesse ou directement chez les enfants à haut risque. (Morisset M, et al. Eur J Clin Nutr 2011 ; 65(2) : 175-83. - Van der Aa LB, et al. Allergy 2011 ; 66(2) :170-7.)

Le cholestérol : Après les effets anti-hypertenseurs des probiotiques, voici que l’on évoque leur action favorable sur les profils lipidiques. Des produits laitiers divers (yaourts, laits fermentés, fromages) supplémentés en probiotiques permettent de diminuer les taux de cholestérol total, de LDL et de triglycérides. (Ooi LG, et al. Milchwissenschaft 2011 ; 66(2) :129-32.)

La dépression : Les lactobacilles rétabliraient l’équilibre… Même au niveau psychique ! Des chercheurs irlandais ont montré des effets directs de Lactobacillus rhamnosus sur les neurotransmetteurs chez la souris de laboratoire. Avec une action contre le stress, l’anxiété et la dépression. (Bravo JA, et al. PNAS 2011 ; 108(38) :16050-5.)

Toujours en expérimentation animale, deux souches de probiotiques (Lactobacillus helveticus et Bifidobacterium longum) diminuent les symptômes de la dépression. (Arseneault-Bréard J, et al. Br J Nutr, en ligne le 21/09/2011, DOI: 10.1017/S0007114511005137).

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s