Probiotiques et syndrome de l’intestin irritable

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A la veille du congrès international de Gastroentérologie UEGW (Gastro 2009), qui s'est tenu à Londres du 21 au 25 novembre, l’Institut Rosell-Lallemand avait réuni des experts de la microbiologie et de la gastroentérologie autour de ses partenaires des industries pharmaceutiques et de la santé, afin de partager les dernières avancées scientifiques et de discuter des applications cliniques des probiotiques dans le syndrome de l’intestin irritable, ou SII.

« Probiotiques et syndrome de l’intestin irritable » - Crédit photo : www.institut-rosell.com On estime que 10 à 20% de la population mondiale est atteinte par le SII et qu’il représente 25 à 50% des consultations de gastro-entérologie. Comme nous l’ont fait savoir les spécialistes présents, patients et médecins sont désemparés et attendent de vraies solutions globales et efficaces pour ce syndrome chronique qui peut peser lourd sur la qualité de vie des patients mais aussi sur les dépenses de santé publique. En effet, il n’existe pas à ce jour de remède efficace, seulement des traitements symptomatiques.

Aujourd’hui, quelques probiotiques sont reconnus comme des solutions naturelles efficaces et sans effets secondaires pour diminuer l’impact des symptômes du SII, appuyés par de solides preuves scientifiques. C’est le cas de la souche Lactobacillus plantarum 299v, qui fut au centre de l’attention la semaine dernière à Londres. Il s’agit de l’une des souches probiotiques les mieux documentées pour ses effets sur l’ensemble des symptômes du SII (douleurs abdominales, ballonnements, modifications du transit intestinal…), avec des études cliniques dans les règles de l’art (randomisées en double aveugle contre placébo, le même genre d’étude que ce qui est pratiqué pour les médicaments).

Tous les probiotiques ne sont pas égaux !

La plupart des gens ont entendu parler des probiotiques mais tous ne savent pas précisément ce que c’est, comment ça marche, et surtout si « ça marche ». Pourtant, les probiotiques ont été décrits il y a plus d’un siècle par le Prix Nobel Elie Metchnikov, qui attribuait l’exceptionnelle espérance de vie et la santé des bulgares à leur consommation de lait fermenté. Et c’est dès le début des années trente que le microbiologiste Catalan Dr Josè Maria Rosell, fraîchement débarqué au Canada, y fonda l’Institut Rosell et commença à étudier les bénéfices santé des « bonnes bactéries »; il introduisit également le yoghourt en Amérique du Nord. Cependant, ce n’est qu’au cours des 15 à 20 dernières années que les probiotiques ont acquis leurs lettres de noblesse et que la recherche scientifique s’est accélérée. Preuve en est la croissance exponentielle du nombre d’articles scientifiques à leur sujet ces dernières années.

Lynne V. McFarland, Professeur Associé à l’Université Washington de Seattle, aux Etats-Unis, à consacré vingt ans à explorer les applications cliniques des probiotiques. Elle expliqua comment des modifications de la flore intestinale étaient associées au syndrome de l’intestin irritable, et comment les probiotiques, avec leur capacité à modifier la flore, représentaient une excellente approche pour le SII. Elle insista également sur le fait que tous les probiotiques ne sont pas équivalents : “Contrairement à une molécule pharmacologique, qui va avoir une action spécifique sur une cible donnée, les probiotiques sont des microorganismes vivants, et leurs effets sont liés à leur activité biologique dans l’intestin.

Chaque souche probiotique est unique, et ses effets dans l’intestin vont dépendre de ses caractéristiques propres mais aussi de son environnement (l’hôte), des conditions de préparation et de la qualité du produit utilisé. Il faut garder à l’esprit que les probiotiques ne sont pas interchangeables, la même souche ne peut pas tout faire. »

Au consommateur, qui peut être noyé sous une offre multiple et inégale, Lynne Mc Farland recommande d’appliquer des critères de base :

  • Sélectionner la bonne souche pour une application donnée.
  • Vérifier que l’efficacité de la souche soit démontrée dans des études scientifiques sérieuses.
  • S’assurer que le produit provienne d’une source fiable, avec de solides garanties de qualité et de sécurité.

Qu’est ce que le syndrome de l’intestin irritable ?

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est le trouble fonctionnel du système gastro-intestinal le plus répandu. Il se caractérise par des douleurs abdominales, des ballonnements et un transit intestinal irrégulier. On distingue trois sous-catégories du syndrome en fonction du type de symptômes principaux (constipation, diarrhées ou alternance des deux). On estime sa prévalence entre 10 et 20% de la population occidentale et il affecte significativement la qualité de vie des malades. En effet, bien que cette condition ne soit pas fatale, plusieurs études ont permis de montrer que ses effets délétères sur la qualité de vie des personnes atteintes étaient équivalents ou plus importants que ceux exercés par certaines conditions chroniques graves telles que l’asthme ou le diabète de Type II.

Alors qu’il n’existe pas de solution thérapeutique unique pour venir à bout du SII, la diversité des symptômes et facteurs associés au SII dicte en général une approche multifactorielle, à commencer par des modifications du régime alimentaire et du style de vie. L’utilisation de traitements symptomatiques et d’antidépresseurs peut également aider à soulager certains symptômes. De plus en plus d’études scientifiques et cliniques démontrent que certains probiotiques pourraient s’avérer une solution globale, permettant d’améliorer les fonctions digestives de manière générale et ainsi réduire les symptômes chez le patient.

Le cas de Lactobacillus plantarum 299v

Seules quelques souches probiotiques ont fait la preuve de leurs effets sur le SII lors d’études cliniques. Parmi elles, le Lactobacillus plantarum 299v, commercialisé pour la première fois en Suède il y a quinze ans. Des études cliniques conduites dans les règles de l’art ont montré que cette souche était efficace contre l’ensemble des symptômes du SII. Niedzielin et al. ont montré, dans une étude clinique randomisée en double-aveugle contre placebo, une diminution de l’inconfort intestinal atteignant jusqu’à 95% (contre 15% avec placebo), tandis que flatulences et douleurs abdominales diminuaient également de façon significative. En outre, les modes d’action du Lactobacillus plantarum 299v ont fait l’objet de nombreuses études qui ont donné lieu à une vingtaine de publications scientifiques.

La souche Lactobacillus plantarum 299v fut à l’origine sélectionnée par la société de biotechnologie suédoise Probi AB, et un accord de licence exclusif pour le marché des compléments alimentaires a été signé avec l’Institut Rosell-Lallemand fin 2003. A ce jour, L. plantarum 299v est commercialisé dans une dizaine de pays par les partenaires de l’Institut Rosell-Lallemand, tels que Merck pour la France (vendu sous le nom Bion® Transit), la Belgique et le Chili, Salvat pour l’Espagne, Aristo et Ranbaxy se partagent l’Inde, Ferring pour le Canada etc.

Le point du vue du praticien

Le séminaire, qui était Présidé par Dr. Stephen Collins, Professeur de Gastro-entérologie à l’Université de Mc Master au Canada, se clôtura pas un débat passionné à propos de l’utilisation en pratique clinique des probiotiques. Ce débat fut animé par le Professeur Philippe Marteau, Chef du Département Médico-Chirurgical de Pathologie Digestive à l’Hôpital Lariboisière à Paris.

Si les participants de la table-ronde étaient en accord sur le réel potentiel pour les patients de probiotiques de qualité validés par des études cliniques, les points de vue divergeaient quant à leur mise en place dans la pratique. Dans le cas du SII, bien plus que pour d’autres pathologies, les médecins reconnaissent une part importante de variations individuelles, ainsi que d’un parfois important effet placebo, quel que soit le traitement. En pratique, le patient doit être placé au cœur l’approche thérapeutique et tous s’accordent à dire que la relation patient-médecin est cruciale. Les praticiens évoquent des décisions prises au cas par cas en fonction du patient, de son acceptation du traitement, de ses attentes et de ses symptômes. En effet, les différentes sous catégories du SII ( C, D ou A selon les symptômes dominants, voir encadré), pourraient ne pas être ciblés de la même façon avec les probiotiques.

Finalement, si le potentiel de la souche probiotique L. pantarum 299v est indéniable, quelques questions restent encore en suspens, soulignant le besoin d’études cliniques plus approfondies, notamment  à long terme ou par sous-catégorie du SII.

Les participants à la table-ronde étaient: Dr Miguel BIXQUERT (Espagne), Dr Stephen COLLINS (Canada), Pr. Philippe MARTEAU (France), Dr Karen MADSEN (Canada), Dr Daniel URBAIN (Belgique) et Dr Lynne MC FARLAND (Etats-Unis).

Les séminaires « Rosell Partners Exchange » sont une série de séminaires internationaux dont le but est d’accompagner les partenaires de l’Institut Rosell-Lallemand issus de l’industrie pharmaceutique et des compléments alimentaires dans la promotion de solutions probiotiques pour des indications précises. Ils permettent de faire un état des lieux des connaissances et applications possibles concernant une solution probiotique donnée et créent une plateforme d’échanges et de discussions qui permet de partager stratégies médicale et marketing.

A propos de Lallemand et de l’Institut Rosell

Lallemand Inc. est une entreprise privée canadienne, qui développe, produit et met sur le marché levures, bactéries, ainsi que d’autres ingrédients reliés à ces micro-organismes ou à leurs marchés. Institut Rosell fait partie du groupe Lallemand depuis 1998, et représente aujourd’hui sa Division Santé et Nutrition Humaine. Il se concentre sur la sélection, le développement, la production et le marketing de probiotiques pour les industries alimentaires et pharmaceutiques. Œuvrant dans la mise en œuvre et la production de microorganismes vivants depuis 1932, la société a mis en place des programmes de recherche pour mieux comprendre les propriétés, les mécanismes d’action et les effets bénéfiques sur la santé de sa gamme de probiotiques.

Références :

  • K. Niedzielin et al, Eur. J. Gastroenterol. Hepatol., October 13, 2001; (10): 1143-7
  • S. Nobaek et al, Am J. Gastroenterol., 2000; 95(5): 1231-1238

SOURCE : Institut Rosell-Lallemand

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