Prévention du surpoids et de l’obésité infantiles dans les familles : 250 villes Vivons en Forme (VIF) déjà mobilisées

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Au moment où vient d’être lancé le 3e Plan National Nutrition Santé qui s’associe maintenant au plan Obésité, le 5e congrès des villes Vivons en Forme (VIF, anciennement EPODE), qui s'est déroulé les 7 et 8 février 2012 à Asnières-sur-Sein, a permis de faire le point sur le rôle que peuvent jouer les collectivités territoriales pour faire évoluer les comportements en matière d’alimentation mais aussi de réfléchir ensemble sur l’activité physique au quotidien et sur les moyens de réduire les inégalités sociales en matière de comportement de santé.

Ce nouveau rassemblement inauguré par Monsieur Maurice Leroy, Ministre de la Ville, a donné l'occasion aux élus locaux, aux chefs de projets, aux experts et aux partenaires du programme VIF d’échanger sur leurs expériences et de présenter les résultats de leurs actions. En effet, la stabilisation des chiffres du surpoids et de l’obésité ne doit masquer ni la persistance d’importantes disparités sociales, ni l’augmentation constante de la prévalence de l’obésité dans la population. En 2010, 14% des enfants âgés de 3 à 14 ans sont en surpoids et 6% sont obèses.

250 communes déjà mobilisées pour une meilleure santé de tous leurs citoyens

« L’équilibre nutritionnel est indispensable à la santé de nos enfants. Parents, enseignants, et nous, élus, en sommes bien conscients ; nous savons qu’il est de notre responsabilité à tous de les éduquer au « bien manger » » souligne M. Sébastien Pietrasanta, Maire de la Ville d’Asnières-sur-Seine, qui a rejoint le programme en 2004 et accueille cette année le congrès des villes « Vivons en Forme ».

Face à l’enjeu posé par la progression du surpoids et de l’obésité infantile, 10 villes pilotes décidaient, en 2004, d’agir au plus près des lieux de vie des populations concernées et s’engageaient dans un programme unique appelé « EPODE » devenu récemment « Vivons en Forme ». Huit ans plus tard, le programme fait des émules partout en France ; 250 communes y adhèrent. Au total, près de 3,5 millions de Français sont concernés.

Les maires, leurs équipes municipales et le tissu associatif local se mobilisent pour mettre en œuvre des actions concrètes auprès des habitants. Cette implication locale est un levier indispensable pour aider les habitants à modifier durablement leurs habitudes en matière d’alimentation et d’activité physique. Grâce à cette mobilisation collective et pérenne, plus de 1 000 manifestations sont organisées, chaque année, sur le terrain dans les centres sociaux, les centres de loisirs, les écoles, les clubs sportifs...

« Aujourd'hui, les actions mises en place rythment la vie de beaucoup d'enfants dans notre ville » témoigne Gérald Gallet, adjoint au maire de Melun en charge des solidarités, de la santé et de la petite enfance « que ce soit la distribution de fruits dans les cours de récréation qui concerne un tiers de la population scolaire des 3-12 ans, les randonnées VTT que l'on propose en ville, les ateliers cuisine ou le point nutrition-santé qui ont été mis en place au sein de la Maison de l'Enfance ».

Garantir la santé et le bien-être de la famille et réduire les inégalités sociales de santé

La dernière étude du CRÉDOC menée de 2007 à 2010 sur les comportements alimentaires révèle un changement du modèle traditionnel, surtout dans les milieux défavorisés. « Nous avons observé que les familles avaient tendance à ne pas prendre leurs repas ensemble » relate Pascale Hébel, Directrice du département Consommation du CRÉDOC. « Nous avons aussi constaté une très forte baisse de la diversité alimentaire chez les plus jeunes ; les mères doivent réintroduire de nouveaux aliments dans le répertoire alimentaire des enfants. Il y a une transmission limitée du modèle alimentaire traditionnel des parents aux enfants ».

Par ailleurs, Monique Romon, Professeur de Nutrition et Présidente de l’Association FLVS, précise que « pour modifier les comportements qui conduisent à l’obésité. Il nous faut impérativement travailler sur les leviers de comportement, à l’échelle locale en synergie, avec les acteurs du social, du médico-social mais aussi ceux du monde associatif. Il est également essentiel de s’assurer que les messages, les actions proposées touchent l’ensemble de la population et en particulier les populations sociales défavorisées. Celles-ci ont besoin d’actions ciblées pour lever les freins qui les empêchent d’être atteintes par les campagnes générales de promotion de la santé ».

L’activité physique au quotidien, une priorité

De récentes enquêtes démontrent que l’activité physique de loisir chez les adultes est moins pratiquée en bas de l’échelle sociale : 26% des femmes et 34% des hommes contre 47% des femmes et 51% des hommes dans les classes élevées. Le même phénomène est observé chez les adolescents : 47% des filles ne pratiquent jamais de sport en extra-scolaire, contre 30% pour les garçons. Cette absence de pratique sportive extra-scolaire, est liée à la catégorie socioprofessionnelle des parents et à l'appartenance du collège à une Zone d’Education Prioritaire (ZEP).

« Quand on connaît l’impact sur la santé et la longévité d’une pratique régulière, on mesure bien l’enjeu à aider les collectivités territoriales dans ce domaine. Cela peut être aussi simple que de réaménager des cours d’école pour stimuler l’activité physique spontanée des enfants » indique M. Thibault Deschamps, Secrétaire général de l’Institut des Rencontres de la Forme (IRFO).

C’est pourquoi, pour agir au plus près des populations et en particulier des populations les plus fragiles socialement, l’association FLVS a lancé, en collaboration avec Le Ministère de la Ville et l’ACSE (Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances), un appel à projets national destiné aux villes signataires de Contrats Urbains de Cohésion Sociales (CUCS).

55 Projets ont été sélectionnés et 280 cours de récréation vont être réaménagées, courant 2012, dans les quartiers les plus sensibles pour encourager les enfants à bouger plus, spontanément, dans leur environnement quotidien.

SOURCE : VIvons en Forme

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