Prévention cardiovasculaire : le sélénium recalé

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Le sélénium est un antioxydant très en vue, porteur de bien des espoirs en matière de santé. Son intérêt dans la prévention des affections cardiovasculaires tient de nombreux scientifiques en haleine depuis des années. Mais comme pour d'autres antioxydants administrés sous forme de suppléments avec l'espoir d'une protection cardiovasculaire, les résultats ne sont pas la hauteur des espérances...

Les propriétés du sélénium sont connues depuis bien longtemps: il entre dans la composition de nombreuses enzymes (dont certaines ont des propriétés antioxydantes), est impliqué dans la fabrication d’hormones thyroïdiennes et participe également au bon fonctionnement de notre système immunitaire. Les phénomènes oxydatifs ayant été incriminés dans les pathologies cardiovasculaires, le sélénium figure, comme d’autres antioxydants, sur la liste des candidats potentiellement protecteurs. Mais les données accumulées jusqu’à ce jour sont loin d’être convergentes.

Pendant près de 8 ans

Dans une étude publiée récemment dans l’American Journal of Epidemiology, des scientifiques se sont précisément intéressés à cet aspect du sélénium, et à son rôle controversé dans la protection contre les maladies cardiovasculaires. Plus de 1000 personnes (âge moyen : 63.2 ans) indemnes de toute maladie cardiovasculaire au départ, ont pris quotidiennement soit un supplément de sélénium (200 mcg/jour, ce qui correspond environ à 3 fois les apports recommandés), soit un placebo. Les auteurs ont fait le point au terme de la période de suivi, c’est-à-dire après 7,6 ans en moyenne. Les résultats montrent qu’il n’existe pas de relation significative entre la supplémentation en sélénium et la survenue des maladies cardiovasculaires, pas plus que pour la mortalité cardiovasculaire. Un constat qui n’est pas modifié par la prise en compte du statut sélénié de départ.

Précisons que dans cette étude, les auteurs observent une légère amélioration du cholestérol HDL ou «bon cholestérol» chez les personnes qui, au départ, présentaient des taux sanguins de sélénium très bas et étaient inclus dans le groupe supplémenté. Mais visiblement, cela ne suffit pas pour obtenir des résultats tangibles sur la prévention cardiovasculaire. Et même s’il subsiste toujours des espoirs pour une période qui serait plus longue, ces données ne plaident pas en faveur d’un bénéfice de la supplémentation en sélénium pour la santé du cœur et des vaisseaux.

(Par Christelle Vandenhoeck et Nicolas Guggenbühl, Diététiciens Nutritionnistes, " HEALTH & FOOD ", News du 08 mai 2006)

SOURCE : Health and Food

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