Près des deux tiers des Français grignotent entre les repas

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A l'occasion du 2ème anniversaire du lancement de l’étude NutriNet-Santé et d'un nouvel appel des chercheurs pour recruter 250 000 volontaires à travers la grande semaine du recrutement du 07 au 15 mai 2011, des résultats préliminaires permettent de connaître les rythmes alimentaires des 180 000 Nutrinautes déjà inscrits et l’impact du grignotage sur l’équilibre alimentaire et nutritionnel.

Grâce au système de recueil des apports alimentaires via Internet (184 473 enquêtes alimentaires analysées) de ce grand programme de recherche destiné à mieux comprendre les liens entre la nutrition et la santé et les facteurs qui déterminent les choix alimentaires et l’état nutritionnel de la population, il a été possible d’étudier les rythmes alimentaires et les comportements de grignotage et leurs relations avec l’équilibre alimentaire et nutritionnel.

Cette évaluation est importante car de nombreux travaux scientifiques suggèrent une relation entre la structuration des prises alimentaires et le statut nutritionnel et notamment le risque d’obésité et de maladies chroniques. Ainsi 61% de la population française grignotent (consomment des aliments et/ou boissons caloriques entre les 3 repas principaux de la journée) : 26% sont des grignoteurs occasionnels (2 jours sur 3), 35% sont des grignoteurs réguliers (3 jours sur 3).

Les femmes sont plus nombreuses à grignoter que les hommes (65% vs 57%) et sont plus souvent des grignoteurs réguliers (38% vs 32%). Les catégories plus âgées comportent moins de grignoteurs que les plus jeunes (58% chez les plus de 55 ans vs 63% chez les moins de 55 ans). On retrouve plus de grignoteurs chez les chômeurs et allocataires d’aides sociales (66%). Le pourcentage de grignoteurs, notamment les réguliers, augmente avec le niveau d’éducation (63% de grignoteurs chez les plus diplômés vs 57% chez les moins diplômés). Les grignoteurs sont plus nombreux dans le Nord et dans l’Est (65%), et moins nombreux en région parisienne (59%) et dans le Sud-Ouest (60%).

Chez les grignoteurs occasionnels, l’apport énergétique des grignotages représente 273 Kcal/j, soit 13,3% de leur apport calorique total, tandis que chez les grignoteurs réguliers cela représente 484 Kcal soit 22,4% de leur apport calorique total.

Chez les femmes, les aliments représentant la part la plus importante de l’apport calorique des grignotages sont les produits gras et sucrés (gâteaux, viennoiseries...) (44,3%), puis dans une moindre mesure les boissons caloriques (boissons sucrées : 8,4% ou alcoolisées : 8%) et les fruits (11,9%). Chez les hommes, ce sont surtout les boissons caloriques (boissons sucrées : 10,3% ou alcoolisées : 21,2%), les produits gras et sucrés (30,7%) et, dans une moindre mesure, les fruits (7,8%).

Chez les femmes, la part des produits gras et sucrés dans les grignotages est plus importante l’aprèsmidi et la part des fruits est plus importante le matin. Chez les hommes, la part de l’alcool dans les prises hors repas augmente au cours de la journée. Lors des grignotages nocturnes, les principaux groupes contributeurs sont les produits gras et sucrés et l’alcool chez les hommes et les produits gras et sucrés et les produits laitiers chez les femmes.

Chez les personnes qui prennent 3 repas principaux, plus le nombre d’occasions de grignotages augmente, plus la consommation des produits gras et sucrés (biscuits, gâteaux, viennoiseries...) et des boissons sucrées augmente.

L’apport calorique total est plus élevé chez les grignoteurs et augmente avec le nombre de grignotages. Cela résulte en particulier d’une augmentation des glucides simples et dans une moindre mesure des lipides.

Environ 8% des hommes contre 4% des femmes ne mangent régulièrement que 2 repas par jour, indépendamment des grignotages. Au global, il y a environ 4% d’individus qui sautent régulièrement le petit-déjeuner, 2% le déjeuner et 1% le dîner. En majorité, le repas le plus souvent sauté est le petit-déjeuner (58% des repas sautés). Il est plus souvent sauté par les jeunes, alors que le dîner lui est plus souvent sauté chez les plus âgés. Ce sont les individus les plus diplômés qui sautent le plus souvent le petit-déjeuner, alors que le déjeuner est plus souvent sauté chez les personnes les moins diplômées.

Au total, ces premiers résultats montrent que la pratique du grignotage est répandue dans la population des Nutrinautes (2 personnes sur 3) avec des conséquences défavorables sur le type des aliments consommés et la qualité de l’équilibre nutritionnel. Le caractère longitudinal de l’étude NutriNet-Santé, permettra dans le futur, lorsque l’objectif de participation massive des volontaires sera atteint, de mettre en évidence les effets potentiels des comportements de grignotages sur la santé et en particulier la prise de poids et les facteurs de risque cardiovasculaires qui lui sont associés.

Aidez les chercheurs à mieux comprendre l'importance des comportements en termes d'alimentation et d'activité physique et leur impact sur la santé en rejoignant la communauté des volontaires Nutrinautes.

Pour vous inscrire, rendez-vous sur le site : www.etude-nutrinet-sante.fr

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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