Prébiotiques et probiotiques : bons pour la santé !

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On en parle, on vante leurs promesses, mais que faut-il en penser ? Lors d'une conférence de l'Institut français pour la nutrition (IFN), le Pr Roberfroid (Louvain, Belgique) a fait le point sur les effets des prébiotiques et probiotiques sur la santé.

« Prébiotiques et probiotiques : bons pour la santé ! » - Crédit photo : www.bion.fr « Pré » ou « pro », pourquoi parle-t-on de ces « biotiques » ? Parce qu’ils interviennent sur les bactéries de l’intestin. Et parce que l’intestin est un écosystème plein de bactéries utiles, qui l’aident à accomplir ses fonctions physiologiques : produire les selles, absorber les minéraux (comme le calcium), assurer l’immunité… Le bon fonctionnement de l’intestin intéresse l’organisme tout entier.

Les prébiotiques sont des composés aux noms savants des fibres (comme l’inuline ou les galacto-oligosaccharides par exemple), qui stimulent la croissance de certaines bactéries de l’intestin. Et qui induisent des changements dans la composition ou l’activité de la flore intestinale, avec un bénéfice pour la santé. Les probiotiques, eux, sont des microorganismes (lactobacilles et bifidobactéries, présents dans certains yaourts ou laits par exemple) vivants, qui modifient l’écosystème intestinal et qui sont bénéfiques pour la santé.

Les bénéfices concernent d’abord le fonctionnement de l’intestin. Le volume des selles est augmenté, la production des selles régularisée, le transit amélioré, l’absorption du calcium favorisée, le système immunitaire de l’intestin renforcé… A cela s’ajoute la perspective d’utiliser pré- et probiotiques pour la prévention de certaines maladies. Ainsi, ils permettraient de diminuer le risque de diarrhées infectieuses, de syndrome du côlon irritable, de diverses maladies inflammatoires de l’intestin, ainsi que de certaines allergies comme l’eczéma.

Certains prébiotiques sont aussi étudiés pour leur action sur les graisses ou les sucres du sang, de même que sur le contrôle de l’appétit. On cherche à évaluer leur intérêt vis-à-vis du « syndrome métabolique » et maladies dérivées, comme le diabète et l’obésité. On pense aujourd’hui que la composition de l’écosystème microbien de l’intestin pourrait jouer un rôle dans ces maladies : il serait donc intéressant d’essayer d’agir à ce niveau...

Avec les pré- et probiotiques, explique le Pr Roberfroid, la « nutrition de l’intestin » devient donc un nouveau domaine, à la recherche d’aliments fonctionnels et de stratégies de prévention favorables à la santé. Après avoir rappelé un précepte de Bouddha (« le sage est celui dont l’intestin fonctionne bien »), le chercheur en propose une nouvelle version : le sage est celui qui alimente bien son intestin ! Les prochaines années nous dirigeront sans doute de plus en plus sur la voie de cette sagesse...

(JFN – conférence du 27 mai 2008)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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