Pourquoi les acides gras du lait sont tendance...

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De plus en plus d'études mettent en question le lien entre acides gras saturés et maladies cardiovasculaires. Une meilleure connaissance de ces acides gras montre que plusieurs d'entre eux peuvent être bénéfiques. En particulier ceux du lait. Non seulement la consommation de produits laitiers n'augmente pas le risque cardiovasculaire, mais de nombreux travaux affirment qu'elle peut le limiter...

Pourquoi les acides gras du lait sont tendance... - Crédit photo : gazette.lejardindabricotine.fr Accusés naguère de tous les maux cardiovasculaires, les acides gras saturés sont en voie de réhabilitation. Ce renversement de tendance s’appuie sur des recherches de toute nature. D’abord sur les acides gras saturés eux-mêmes : ils n’ont pas tous les mêmes caractéristiques et il existe des acides gras aux effets bénéfiques. Alors que l’acide palmitique (huile de palme) consommé en excès est nocif pour les artères, d’autres acides gras ont des propriétés intéressantes. Plusieurs acides gras à chaîne courte et moyenne contenus dans les produits laitiers ne se stockent pas dans le tissu adipeux et diminuent les taux de cholestérol [1]. L’acide stéarique n’influe pas sur le cholestérol. L’acide myristique participe à la régulation de l’activité des protéines. L’acide butyrique a un effet protecteur vis-à-vis des cancers du côlon et du rectum...

Aussi ne faut-il pas s’étonner que la « chasse au gras » menée Outre Atlantique ait donné des résultats modestes. L’alimentation des Américains contient près de 11 % d’acides gras saturés, l’alimentation des Français plus de 15 %. Pourtant, les taux d’obésité et de maladies cardiovasculaires sont remarquablement plus faibles en France. Les saturés ne sont pas la bonne cible ! D’après les études épidémiologiques, la consommation d’acides gras saturés n’est pas associée à un risque cardiovasculaire plus élevé [2,3]. Certains chercheurs affirment même que les lipides ne sont pas la cause des maladies cardiovasculaires [4].

Comme les recommandations nutritionnelles ont été établies sans bases scientifiques claires, ils redoutent aussi que la diminution de la consommation de graisses ait pour effet d’augmenter la consommation de glucides et d’entraîner une augmentation du risque cardiovasculaire [3]... Ce qui est sûr, c’est que la consommation de lait n’augmente pas ce risque [5]. D’après un nombre élevé d’études [1], elle pourrait même le diminuer. Les produits laitiers sont aussi crédités d’une action bénéfique vis-à-vis du syndrome métabolique (un ensemble d’anomalies regroupant hypertension, obésité, excès de sucres et de graisses dans le sang).

Les acides gras du lait n’expliquent peut-être pas tout. Le calcium, les protéines et les probiotiques contenus dans le lait ont aussi des effets bénéfiques. Et le beurre contient par ailleurs des acides gras insaturés comme les oméga 3. Peu connu : la matière grasse laitière est la première source d’oméga 3 de notre alimentation, elle nous fournit le quart de nos apports !

Aujourd’hui le message des experts retourne à une certaine pondération : à condition d’en faire un usage modéré dans le cadre d’une alimentation équilibrée, toutes les sources de corps gras ont leur intérêt. Et, en bonne place, les acides gras des produits laitiers.

Références :

  1. Le Généraliste, n° 2481, p. 26.
  2. International Dairy Journal, volume 19, n° 6-7, p. 345-361.
  3. Archives of Internal Medicine, volume 169, n° 7, p. 659-669.
  4. Lipid Technology, volume 21, n° 5-6, p. 109-111.
  5. The British Journal of Nutrition, 17 août:1-9. [Epub ahead of print].

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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