Pourquoi la vitamine D nous protège...

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Pourquoi la vitamine D nous protège...

La déficience en vitamine D n’est pas rare, et elle pourrait atteindre jusqu’à la moitié de la population française ou européenne. Avec des conséquences possibles sur la santé osseuse, la force musculaire, l’immunité, le déclin cognitif, voire certains cancers… Le Fonds français pour l’alimentation et la santé vient de publier une synthèse [1] qui nous dit tout sur cette précieuse vitamine. Et rappelle quelques recommandations pratiques sur son bon usage.

D’après les dernières estimations réalisées il y a quelques années, un milliard de personnes dans le monde présentaient un déficit avéré en vitamine D. Plus de la moitié des jeunes adultes en bonne santé étaient en situation de déficience. En France, l’insuffisance pouvait concerner 43 à 50 % des adultes et jusqu’à 80 % des seniors. Près d’un quart des personnes âgées et des adolescents seraient en véritable carence.

En attendant l’actualisation de ces chiffres, une étude récente [2] a été réalisée chez près de 56.000 Européens sur la base de dosages sanguins permettant d’évaluer de manière précise le statut en vitamine D. La déficience en vitamine D a été retrouvée au minimum chez 13 % des participants (8 % entre avril et novembre, mais 18 % entre octobre et mars, les mois de plus faible ensoleillement). Mais selon le seuil utilisé pour la caractériser, la déficience pourrait concerner, là encore, jusqu’à 40 % de la population étudiée. L’étude évoque une « pandémie », un véritable problème de santé publique qui demanderait une politique ferme de la part des autorités sanitaires.

Ce qu’on risque quand on en manque

Car la vitamine D est d’abord essentielle pour la croissance, pour la minéralisation osseuse et pour son maintien au long de la vie. La carence s’accompagne d’une diminution de la densité osseuse, d’une augmentation de la vitesse de renouvellement osseux et d’une augmentation de l’incidence des fractures. Manquer de vitamine D augmente aussi la faiblesse musculaire, diminue les aptitudes physiques, la vitesse de marche et l’endurance chez les personnes âgées.

La vitamine D est aussi un modulateur des défenses immunitaires de l’organisme. Elle a des effets favorables sur le cerveau et la cognition. Les déficiences ou les carences en vitamine D semblent de plus en plus faire partie des facteurs de risque de maladie neuro-dégénérative ou psychiatrique. De même elles pourraient augmenter le risque de maladies inflammatoires et auto-immunes, ainsi que de certains cancers. Une étude récente [3] montre que par rapport aux femmes qui ont des taux de 25 (OH)D inférieurs à 20 ng/ml, celles qui ont des taux supérieurs à 40 ng/ml auraient un risque diminué de 65 % vis-à-vis de tous les cancers invasifs ! Une étude antérieure mentionnait aussi un risque de cancer du sein diminué de 80 % pour des taux supérieurs à 60 ng/ml…

Quels taux sanguins sont conseillés ?

Pour la population générale, on considère en tout cas qu’il y a insuffisance d’apport pour des taux sanguins de 25 (OH)D inférieurs à 20 ng/ml, et qu’il y a carence pour des taux inférieurs à 10-12 ng/ml. Le taux correct se situe entre 20 et 50 ng/ml. Mais en cas d’ostéoporose, de malabsorption digestive, d’insuffisance rénale, ou tout simplement chez les personnes âgées fragiles, l’insuffisance commence avec des taux inférieurs à 30 ng/ml, la carence en-dessous de 20 ng/ml. Et les taux corrects se situent plutôt alors entre 30 et 60 ng/ml.

Comment s’assurer des apports suffisants

Reste à s’assurer des apports suffisants. La principale source de vitamine D est l’exposition raisonnable à la lumière naturelle. Les UVB fabriquent de la vitamine D au niveau de la peau et peuvent en fournir jusqu’à 80-90 %. En France, il suffirait de s’exposer les mains, les avant-bras et le visage pendant un petit quart d’heure, entre 11 h et 14 h, deux à trois fois par semaine, du mois de mars ou avril au mois d’octobre, pour couvrir les besoins en vitamine D d’un adulte en bonne santé.

Entre novembre et février, le climat français ne permet pas la fabrication de vitamine D, mais cette fabrication n’a pas besoin d’être régulière car la vitamine se stocke pendant plusieurs mois dans l’organisme. Il faut donc en synthétiser suffisamment aux périodes d’ensoleillement maximal. L’alimentation peut servir d’appoint : dans la population française, le poisson, les oeufs, le fromage et le beurre sont les principales sources alimentaires de vitamine D. La consommation régulière de ces aliments est encouragée.

En cas d’apports insuffisants, de maladies liées à une déficience, ou tout simplement chez les personnes âgées (dont la capacité à synthétiser la vitamine D sous l’effet des rayons solaires est diminuée) des aliments enrichis (laitages, huiles, céréales) peuvent être conseillés et des suppléments prescrits si nécessaire. L’objectif est de ne jamais être en manque !

Références

  1. Vitamine D. Etat des lieux établi par le Fonds français pour l’alimentation et la santé. Mars 2016.
  2. Cashman KD, et coll. Am J Clin Nutr 2016 ; 103 :1033-1044.DOI : 10.3945/ajcn.115.120873.
  3. McDonnell SL, et coll. Plos One 2016. DOI : 10.1371/journal.pone.0152441.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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