Pourquoi il faut se méfier des régimes

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Plus de 30 % des femmes de poids normal et 15 % des femmes minces font un jour ou l’autre un régime. Danger ! Si votre poids est normal et si vous n’avez aucun motif médical de maigrir, lisez plutôt ce que disent sur les régimes amaigrissants les experts en nutrition de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

Régimes Atkins, californien, citron détox, chrononutrition, Dr Cohen, Dr Dukan, Dr Fricker, Mayo, Miami, Montignac, Dr Onish, Scarsdale, soupe au chou, Weight Watchers, Zone... Dans les 15 méthodes d’amaigrissement étudiées par l’ANSES dans son Rapport d’expertise collective "Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement", les apports en protéines sont souvent élevés, supérieurs aux apports nutritionnels conseillés (ANC). Les apports de lipides tantôt inférieurs, tantôt supérieurs aux ANC. Les apports de glucides généralement inférieurs...

Trois quarts des phases de régime ont des apports en fibres inférieurs aux ANC. Et 60 % apportent trop de sel, mais 50 à 75 % pas assez de magnésium, 60 % pas assez de fer, 35 % pas assez de vitamine E, 25 % pas assez de calcium et de vitamine C...

L’amaigrissement, expliquent les experts, diminue la masse adipeuse, mais aussi la masse musculaire, quel que soit le niveau des apports de protéines. Il altère le capital osseux et augmente vraisemblablement le risque de fracture. Pour une perte de poids de 10 %, la densité minérale osseuse diminue de 1 à 2 %. La perte osseuse est d’autant plus marquée que l’amaigrissement est rapide, surtout chez les personnes non obèses et chez les femmes aux alentours de la ménopause.

Maigrir modifie aussi le métabolisme et la régulation du comportement alimentaire. Les apports énergétiques permettant le maintien du poids après régime sont inférieurs à ceux qui permettaient le maintien d’un poids stable avant le régime, ce qui favorise la reprise de poids, préférentiellement sous forme de masse grasse. La reprise de poids concerne 80 % des sujets après un an et elle augmente avec le temps !

Les régimes très hypocaloriques peuvent induire des troubles du rythme cardiaque, voire même un risque de mort subite. Provoquer des inflammations et fibroses modérées du foie, des calculs biliaires. Les régimes très hypolipidiques entraînent un profil lipidique sanguin athérogène. La fluctuation du poids pourrait être un facteur de risque cardiovasculaire et de syndrome métabolique. Les régimes hyperprotéiques peuvent intervenir défavorablement sur la fonction rénale. Les régimes hypoglucidiques entraînent souvent des troubles digestifs, comme une constipation liée à la baisse des apports en fibres.

Enfin, tous les régimes d’amaigrissement peuvent retentir sur le psychisme : dépression, perte de l’estime de soi, troubles du comportement alimentaire préparent souvent à leur tour une reprise de poids, souvent supérieure au poids initial.

Pas de régime donc sans excès de poids réel et sans prise en charge par un professionnel de santé. A plus forte raison chez les femmes enceintes, les enfants et les adolescents, en raison des risques pour la croissance et le développement. Chez les sportifs, pour éviter les dérèglements hormonaux. Chez les personnes âgées, pour ne pas augmenter la perte osseuse et musculaire... Reste une seule solution : une alimentation équilibrée et diversifiée, avec des apports énergétiques qui ne dépassent pas les dépenses et une dose raisonnable d’activité physique !

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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