Pomme et santé : quand la science rencontre la tradition

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Pom, pom, pom, pom... La pomme, fruit mythique du jardin d'Eden, fruit de la désobéissance mais aussi de la liberté est le plus consommé dans le monde, suivi d'assez près, il est vrai, par les bananes. Participant à toutes les époques de nos civilisations successives, il y a très longtemps que ce fruit est perçu comme un aliment bénéfique pour la santé des hommes. Depuis quelques décennies, on a commencé à comprendre pourquoi, et par quels mécanismes se vérifient ces perceptions historiques.

Une activité antioxydante équivalente à 1 500 mg de vitamine C

Les pommes agissent sur de nombreux métabolismes humains et, presque toujours, des propriétés antioxydantes sont évoquées comme participant à ces effets. D'abord octroyées à la vitamine C, on a aujourd'hui tendance à donner un rôle prépondérant aux polyphénols variés constitutifs de la pomme et qui agissent en synergie avec la vitamine C.

Ces composés phénoliques sont présents dans toute la pomme, mais beaucoup sont concentrés au niveau de la peau (l'ensoleillement amplifiant encore ce phénomène). Si l'on mesure l'activité antioxydante de la vitamine C et qu'on la compare à l'activité antioxydante totale d'un gramme de pomme (chair + peau) et qu'on l'exprime en équivalent vitamine C, on passe de 0,32 à 83,3. Ce qui revient à dire que l'activité antioxydante de 100 g de pomme contenant environ 5,7 mg de vitamine C équivaut à 1500 mg de cette même vitamine C. Cette différence est attribuée aux polyphénols.

Polyphénols et pomme : ne manquez pas de peau !

Famille très nombreuse, les polyphénols sont les produits antioxydants les plus abondants de notre alimentation. L'identification et le dosage de l'ensemble des polyphénols de pommes de différentes variétés ont été faits par certains auteurs. La plupart des grandes classes de ces antioxydants est représentée : les acides phénoliques (acide chlorogénique, acide hydroxycinnamique), les flavonols (épicatechine), les anthocyanines ou polymères de flavanols (procyanidine B2 et limères de procyanidine), les flavonoïdes (quercétine - présents seulement dans la peau des pommes) et enfin, les déhydrochalcones (glucosides de phlorétine et hydroxyphlorétine).

Dans 8 cultivans les plus répandus, la quantité de polyphénols oscille entre 1016 et 2350 µg / gramme. Les procyanidines sont prédominants tant dans la peau que dans la chair. Les glycosides de quercétine sont les seuls flavonols trouvés dans la pomme et exclusivement dans la peau. Ils ont un rôle métabolique essentiel.

La biodisponibilité de ces composés conditionne leur activité physiologique. On peut ainsi assurer que l'acide chlorogénique est absorbé sans changement de structure au niveau de l'intestin grêle, alors que les procyanidines doivent d'abord être transformées en épicatéchine. Les glycosides des flavonoïdes sont d'abord séparés de leurs sucres par les hydrolases gastro intestinales avant d'être absorbées dans l'intestin sous forme aglycone.

Enfin, il y a une étroite corrélation entre la composition des pommes en polyphénols et leur pouvoir antioxydant (r2=0,97). Mais toujours, la mesure du pouvoir antioxydant est supérieure à celle que l'on pourrait attendre de la concentration mesurée, dans le plasma, en polyphénols, permettant à Scalbert et Coll. de suggérer que d'autres composants polyphénoliques sont largement présents dans le plasma, sous forme de métabolites inconnus provenant soit de nos tissus eux-même soit de l'action de la flore intestinale.

Des effets bénéfiques sur le c-ur et les poumons

Par leurs propriétés antioxydantes, associées à d'autres activités plus spécifiques, les pommes ont une action bénéfique sur l'oxydation des lipoprotéines circulantes qu'elles protègent empêchant ainsi le développement de l'athérosclérose et l'accumulation du cholestérol. Elles protègent ainsi, par ce même mécanisme, des complications cardiovasculaires, y compris chez les diabétiques et les hypertendus. Eberhardt et coll ont en 2000 dans la revue " Nature " montré l'effet majeur des polyphénols de la pomme comme antioxydant et leur rôle très efficace dans l'inhibition de la prolifération cellulaire dans les lignées Caco 2 et HEPG 2 (-43,2% et -57% respectivement). Une équipe de chercheurs de Cornell a montré que pour lutter contre la prolifération des cellules cancéreuses une synergie se développait entre les polyphénols de la peau et ceux de la chair des pommes.

Les propriétés antioxydantes des polyphénols des pommes sont particulièrement liées à la bonne santé de l'arbre respiratoire et des poumons. Shaheen et Coll. ont montré que l'asthme chez l'adulte était négativement corrélé avec la quantité de pommes consommées et B. Butland a montré que chez les enfants, comme chez les adultes, la capacité respiratoire était significativement plus élevée (+138 ml chez l'adulte) pour une consommation de 5 pommes par semaine comparée à celle de ceux qui n'en mangent pas. Cette amélioration étant indépendante de la vitamine C et de la vitamine E, les auteurs impliquent le rôle direct des flavonoïdes et plus particulièrement de la quercétine.

Dans une enquête finlandaise portant sur plus de 10 000 Finnois pendant 20 ans, il existe une association inverse significative entre consommation de pommes et cancer du poumon.

Et en plus... « C'est très bon ! »

Outre ces puissants antioxydants contenus dans les pommes, d'autres molécules font de ce fruit un apport exceptionnel. De goûts très divers, en fonction des nombreuses variétés que l'on trouve partout, tout au long de l'année, elles apportent des fibres, des vitamines, du potassium... des études restent encore à faire pour montrer le rôle potentiel que peuvent avoir les polyphénols des pommes sur l'obésité, les accidents cardiovasculaires, la dégénérescence des cellules neuronales, l'hypertension ou l'ostéoporose. Il n'en demeure pas moins que les pommes sont partie prenante d'une alimentation humaine préventive équilibrée.

SOURCE : Aprifel

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