PNNS 3, PNA, Plan Obésité : comment s'y retrouver ?

lu 11402 fois

La multiplication des plans, fondations, organismes est-elle un moyen efficace d'apporter une réponse concertée au problème de l'obésité et de l'alimentation en France ? Après une décennie marquée par le PNNS, de nouveaux acteurs sont apparus dans le paysage français. A la veille du lancement du PNNS 3, tour d'horizon afin d'essayer de synthétiser la situation.

« PNNS 3, PNA, Plan Obésité : comment s'y retrouver ? » - Crédit photo : www.mangerbouger.fr Où se place la lutte contre l'obésité ? Le Président de la République avait demandé à Anne De Danne de réunir une Commission pour rédiger un rapport qui servirait de base au Plan Obésité (PLO). Ce plan a été annoncé par le Président Sarkozy le 21 mai 2010, 140 millions d'euros y étant consacrés par l'Etat. Parmi les principales orientations, a été retenue l'application des recommandations existantes en matière d'alimentation scolaire, de restauration collective et de restauration solidaire. L'activité physique à l'école est un point majeur à mettre en place.

Rôle des Agences Régionales de Santé

Le plan prévoit d'organiser, d'ici 2012, le dépistage de l'obésité des enfants de manière systématique et une prise en charge de qualité sur tout le territoire français, y compris l'Outre-mer, particulièrement touché par ce fléau. Les agences régionales de santé devront décliner localement le PLO et la lutte contre les discriminations pour les personnes qui en souffrent.

La présidence du PLO a été confiée au Pr Arnaud Basdevant (La Pitié Salpétrière), qui a été nommé simultanément vice-président du PNNS, le PLO constituant un volet spécifique du nouveau PNNS. Le Dr jean-Pierre Giordanella, médecin en santé publique, directeur de la prévention à la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) de Paris, a été désigné secrétaire général de la Mission commune PLO/PNNS, afin d'assurer la coordination des deux plans.

Dans la lettre de mission au Pr Basdevant, le Président de la République indique son souhait de voir la création d'une fondation de coopération scientifique associant l'Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) à des partenaires publics et privés pour coordonner la statégie de recherche sur l'obésité.

C'est une nouvelle fondation qui apparaît dans le paysage de l'alimentation et de l'obésité, après celle inscrite dans la loi HPST et dirigée par le député André Flojolet qui est morte née, celle mise en place avec l'IFN et l'ANIA annoncée il y a plus de six mois et qui peine à se mettre en place, et les multiples fondations d'entreprise sur le même sujet nées ces dernières années. Dans l'attente de la création de toutes ces commissions et fondations, l'obésité continue de progresser et les actions restent éparses.

Le PLO prévoit également la signature d'une charte avant le 30 juin 2011 pour officialiser la mobilisation de tous les partenaires de la prévention et de la prise en charge de l'obésité, qu'il s'agisse des institutions, des associations, des médias ou des entreprises. Il reste donc peu de temps pour mettre en place et évaluer les actions pour une problématique qui, elle, est inscrite très largement dans la durée.

Un nouvel acteur dans le champ de l'alimentation

A l'occasion de la séance plénière du Conseil National de l'Alimentation, le Ministre Bruno Lemaire a présenté le 28 septembre 2010 le Programme National pour l'Alimentation (PNA). ce programme, piloté par le Minitère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche pour une durée de trois ans, vise à garantir une alimentation suffisante et accessible à tous, de qualité et respectueuse de l'environnement.

Organisé autour de 4 axes et 2 volets transversaux, le PNA prévoit un certain nombre d'actions en matière de sécurité alimentaire et sanitaire, d'éducation et d'information du consommateur, de qualité gustative et nutritionnelle des aliments, de modes de production et de distribution, et de promotion du patrimoine alimentaire et culinaire français.

Des actions très concrètes, telles que le développement des circuits cours et le renforcement de l'aide alimentaire pour les populations les plus démunies, seront développées. L'éducation et l'information sur le goût ne sont pas oubliées ainsi que la mise en place de contrats collectifs d'engagement de qualité des produits sous toutes ses composantes (mode de production, nutrition, goût, praticité, marketing, réduction des emballages...).

Quelle articulation entre tous ces programmes et plans ?

Théoriquement, le PNA vise à fédérer et coordonner les nombreuses actions déjà entreprises de façon dispersée tant par l'Etat que les collectivités locales, les associations ou les entreprises. L'Etat devrait intervenir comme un facilitateur et un catalyseur des initiatives de l'ensemble des partenaires impliqués.

Le PNA ne concurrence pas ou ne se substitue pas à un plan, mais devrait s'articuler avec les plans existants, notamment le PNNS et le PLO. Pour que l'articulation se fasse bien entre le PNA et le PNSS, les actions du PNNS dans le domaine de l'alimentation devront également être inscrites dans le PNA. Pour les actions relatives à la recherche et celles portant sur les comportements alimentaires, elles devront s'articuler avec le PLO.

Ainsi, le PNA concrétise la politique de l'alimentation instaurée par la Loi de Modernisation de l'Agriculture et de la Pêche (LMA), dont l'objectif est d'assurer à la population l'accès, dans des conditions économiquement acceptables par tous, à une alimentation sûre, diversifiée, en quantité suffisante, de bonne qualité gustative et nutritionnelle, produite dans des conditions durables.

De plus, la LMA prévoit d'insérer dans le code de la santé publique une définition législative du PNNS, ce qui permettrait à celui-ci de devenir un programme National pérenne inscrit dans la loi.

(Par le Dr Jean-Michel Borys et Sovanna Lieb - La Lettre Faxée de Nutrition ® - Décembre 2010)

SOURCE : Groupe Protéines

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s