PNNS 2, attention aux dérives...

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L'Association des diététiciens de langue française (ADLF) rappelle le rôle fondamental des diététiciens dans l'éducation nutritionnelle face aux nouvelles mesures gouvernementales pour lutter contre l'obésité et l'importance de la traduction des messages nutritionnels par des professionnels afin d'éviter d'éventuelles dérives dues à des mauvaises interprétations de ces nouvelles mesures.

« PNNS 2, attention aux dérives... » Pour renforcer le PNNS 2 (Programme National Nutrition Santé), Madame la Ministre Roselyne Bachelot a présenté des mesures complémentaires en matière de lutte contre l’obésité. Les plus importantes concernent la suppression de la publicité de certains aliments et boissons pendant les programmes télévisés destinés aux enfants et l’interdiction de présentation des confiseries et sucreries aux caisses des magasins.

Une alimentation équilibrée ne se réduit par à manger 5 fruits et légumes par jour !

Ce programme de bon équilibre alimentaire correspond totalement aux valeurs défendues depuis longtemps par la profession mais son application nécessite un accompagnement par les diététiciens, professionnels de santé.

En effet, ses recommandations ne sont pas toujours facilement compréhensibles par le grand public et nécessitent le plus souvent une transcription par des conseils personnalisés, d’autant plus que certains messages sont souvent utilisés pour faire la promotion des produits alimentaires.

Ainsi, si les vertus des fruits et légumes ne sont plus à démontrer, la force des messages poussant à leur consommation fait parfois oublier qu’ils doivent s’inscrire dans le cadre d’une alimentation diversifiée sans oublier les autres repères de consommation du PNNS.

Or « manger 5 fruits et légumes par jour ne constitue pas en soi une alimentation équilibrée ! » rappelle la Présidente de l’ADLF, Florence Rossi.

Des troubles du comportement alimentaire de plus en plus en nombreux

Moins de sucre, moins d’acides gras trans, plus d’oméga 3... Difficile de trouver un aliment qui ne soit pas « enrichi » ou « allégé ». L’ alimentation se médicalise, les « alicaments » envahissent les rayons des grandes surfaces. « On ne mange plus pour se nourrir, ni pour le plaisir, mais que pour se soigner » déplore Florence Rossi.

En plus des injonctions nutritionnelles, le consommateur est également troublé par les informations de plus en plus abondantes et souvent incompréhensibles sur les étiquettes. Pour la Présidente de l’ADLF, « Les objectifs initiaux du PNNS sont louables, mais actuellement nous constatons des dérives d’interprétation des repères de consommation qui nous inquiètent car elles risquent d’augmenter la fréquence des troubles du comportement alimentaire, voire même de les développer chez des individus qui à priori ne sont pas prédisposés à en avoir ».

Eduquer, faire découvrir ou redécouvrir le plaisir de manger, de goûter les aliments, de faire la cuisine, sans diaboliser

Si les diététiciens se félicitent qu’il y ait plus de rigueur dans les règles sur la publicité, l’ADLF s’inquiète de la multiplication des interdits et de la diabolisation de certains produits Selon Florence Rossi « à force de multiplier des interdits on suscite l’envie de transgresser. Qui imagine que les enfants mangeront moins de bonbons parce qu’ils ne les trouveront plus aux caisses ? »

Il serait sans doute aussi efficace, voire plus, d’éduquer les parents et les enfants à l’équilibre alimentaire propice à une bonne santé.

Et pour l’éducation nutritionnelle, une fois encore, les diététiciens, professionnels de santé experts en alimentation et nutrition, ont un rôle fondamental à jouer.

Aujourd’hui près de 5000 diététiciens exercent en France (dont la moitié adhère à l’ADLF) dans le domaine de la santé, en établissements de santé, en secteur libéral, en restauration de collectivité ou dans le secteur de l’industrie agroalimentaire. Ces professionnels ont également toute leur place en santé publique, auprès des collectivités locales, dans les établissements scolaires primaires et secondaires comme dans les crèches et dans les universités.

(Communiqué de presse du 11 février 2008)

SOURCE : ADLF

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