Plan de modernisation de la filière viticole : la nouvelle hiérarchisation des vins est encourageante ... mais le plus dur reste à faire !

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L'UFC-Que Choisir salue l'annonce de Michel BARNIER de rendre la hiérarchisation des vins français plus lisible pour les consommateurs, car elle ouvre enfin la voie à la réforme trop longtemps retardée de l'Appellation d'Origine Contrôlée.

« Plan de modernisation de la filière viticole : la nouvelle hiérarchisation des vins est encourageante ... mais le plus dur reste à faire ! » Présenté le 29 mai en Conseil des ministres, puis aujourd’hui à la presse et aux professionnels, le plan quinquennal de modernisation de la filière vitivinicole française propose de simplifier la classification de la production française en ne retenant que trois niveaux :

  • les vins sans indication géographique,
  • les vins ayant un lien fort au terroir et élaborés dans le respect de la tradition, qui porteront l’Appellation d’Origine Protégée (AOP),
  • entre ces deux catégories sera créée l’Indication Géographique Protégée (IGP) destinée aux vins issus de vignobles régionaux plus étendus que ceux des AOP et bénéficiant de conditions de production et de rendements plus souples.
Sur le papier, la création de l’IGP en tant que catégorie intermédiaire aux exigences assouplies est une bonne chose. En effet aujourd’hui un tiers des productions commercialisées en AOC ne correspond pas à la définition initiale de l’AOC impliquant un lien fort au terroir1. Mais le plan de modernisation reste muet sur la définition pratique de l’AOP et aucune garantie n’est donnée par le ministre que les futures AOP seront suffisamment exigeantes, c’est-à-dire sélectives, pour éviter que des productions standardisées ne bénéficient de la même appellation que les vins qui ont un véritable lien au terroir.

Alors que le plan de modernisation laisse à la filière l’entière responsabilité d’établir la ligne de partage entre les IGP et les AOP, l’UFC-Que Choisir refuse par avance la perspective de voir l’AOP connaître à son tour le triste sort de l’AOC et demande :

  • que les professionnels réécrivent les cahiers des charges des futures AOP en se recentrant sur la notion de terroir,
  • que l’INAO, dont c’est le pouvoir et la responsabilité, refuse tout cahier des charges qui diluerait la notion de terroir et donc galvauderait l’AOP.
Si ces deux conditions sont respectées, alors le tiers de la production actuelle ne méritant pas l’AOC, ne pourra se prévaloir de l’AOP et devra intégrer la nouvelle IGP. Le consommateur bénéficiera alors d’une information sur la typicité des vins enfin en adéquation avec la réalité.

(1) Cf. étude de l’UFC-Que Choisir sur les garanties qualitatives et de typicité des AOC génériques commercialisées entre 2 et 8 € la bouteille sur 20 AOC (septembre 2007)

SOURCE : UFC-Que Choisir

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