Plaisir et santé : un mariage réussi avec le chocolat

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Le chocolat n'élève que modérément la glycémie, malgré qu'il contienne du sucre ajouté. Présentation d'un aliment qui réussit à marier plaisir et santé.

La notion d'index glycémique

L'index glycémique se définit comme la capacité d'un aliment à élever la glycémie, en comparaison avec un liquide glucosé. Un aliment caractérisé par un faible index glycémique ne provoque qu'une augmentation modeste de la glycémie directement après son ingestion. De plus, le glucose qu'il apporte sera fourni à l'organisme d'une façon plus progressive. Cet apport sera donc mieux réparti, perdurant encore plusieurs heures après la prise alimentaire, et favorisera une plus longue période de satiété.

Le choix d'aliments à index glycémique bas n'est donc pas réservé aux personnes diabétiques, mais entre dans le cadre d'une alimentation saine et équilibrée pour petits et grands.

Au delà du pouvoir glycémiant ?

Lorsqu'on parle d'aliments à faible index glycémique, on désigne bien souvent l'ensemble des aliments qui contiennent peu ou pas de sucres ajoutés. Bien qu'il contienne une certaine quantité de sucres ajoutés, variable en fonction du type de chocolat et de sa teneur en cacao (le pourcentage de sucre ajouté diminue lorsque la teneur en cacao augmente), le chocolat possède un index glycémique moyen relativement bas. Une étude récente rapporte la valeur de 49 [1], ce qui confirme les données précédentes qui situaient l'index glycémique du chocolat aux alentours de 50.

Le chocolat a donc un index glycémique comparable à celui de la carotte crue ou du riz complet, et plus faible que celui du pain complet. Et plus le chocolat est riche en cacao, plus son index glycémique diminue. L'intérêt du chocolat ne se limite pas à son index glycémique... En effet, une étude a montré que la consommation de chocolat noir peut avoir des répercussions métaboliques intéressantes [2].

Des chercheurs ont étudié deux groupes de sujets sains, l'un consommant quotidiennement 100 grammes de chocolat noir, l'autre groupe 90 grammes de chocolat blanc, et ce pendant 15 jours. Avant et après cette période, les chercheurs ont réalisé un test oral de tolérance au glucose et mesuré la glycémie et l'insulinémie des participants. Ces valeurs leur ont permis d'évaluer la résistance à l'insuline (HOMA-IR: Homeostatic Model Assessment of Insulin Resistance) et la sensibilité à l'insuline (QUICKI: Quantitative Insulin ChecK Index) des participants. Ceux qui avaient reçu le chocolat noir présentaient une résistance à l'insuline plus faible et une sensibilité à l'insuline plus élevée qu'au début de l'étude, tandis que pour ceux qui avaient reçu le chocolat blanc, ces variables ne changeaient pas.

Au-delà de l'index glycémique plus intéressant du chocolat noir par rapport au blanc, de tels effets peuvent aussi être expliqués par le fait que le chocolat noir contient de nombreuses substances en plus grande quantité que le chocolat blanc (magnésium, flavanols et autres anti-oxydants), qui pourraient jouer un rôle dans la résistance à l'insuline. Jusqu'à présent, les études sur le chocolat s'étaient surtout concentrées sur son pouvoir vasorelaxant, mais de tels résultats semblent indiquer que ses effets sur la glycémie et l'insulinémie mériteraient de plus amples investigations.

Un choix gourmand sans compromis santé

Le faible pouvoir glycémiant du chocolat, la teneur en certains minéraux et anti-oxydants du chocolat noir, et peut-être ses autres atouts qui demandent à être confirmés et mieux compris, lui confèrent un intérêt nutritionnel non négligeable. S'il doit bien sûr rester un aliment à consommer en quantités raisonnables, le chocolat se révèle un meilleur choix que les bonbons, boissons sucrées ou autres friandises, pour le plaisir des enfants comme des adultes. Le chocolat, et plus particulièrement le chocolat noir, s'impose petit à petit comme une référence pour ceux qui cherchent à réconcilier plaisir gustatif et santé.

Référence :

  1. Chlup R et al. Exp Clin Endocrinol Diabetes 2006; 114: 68-74.
  2. Grassi D et al. Am J Clin Nutr 2005; 81: 611-4.

(Par Magali Jacobs, diététicienne " HEALTH & FOOD " numéro 81, Janvier - Février 2007)

SOURCE : Health and Food

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