Peut-on lutter contre la « malbouffe » ?

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Même s'ils sont moins touchés que les Anglo-saxons, les Français ont un sérieux problème de poids, qui ne va pas en s'arrangeant... Les solutions viendront peut-être des pouvoirs publics, de la société, de l'école, etc, mais surtout des comportements individuels !

Peut-on lutter contre la « malbouffe » ? - Crédit photo : lcn.canoe.ca « Peut-on lutter contre la malbouffe ? » est la question posée par la revue Santé Magazine. Les moyens proposés reposent pour une bonne part sur le maintien de traditions de table qui, jusqu’à présent, nous ont assuré la santé et le maintien d’un poids à peu près stable :

Continuer à partager nos repas. D’après le sociologue de l’alimentation Claude Fischler, les habitudes françaises se maintiennent parce que nous restons attachés aux repas pris ensemble à table. La structure du repas : entrée, plat principal, fromage ou laitage, fruit... nous protège des dérives Et sous le regard des autres, on fait plus attention à ce que l’on mange, on se régule mieux. Le repas reste un rite social important : les Français ont plaisir à manger ensemble et la convivialité les conduit à manger mieux !

Modérer la consommation de produits gras et sucrés : viennoiseries, biscuits salés et sucrés, chips, boissons sucrées... En évitant les produits qui contiennent de l’huile de palme, du sirop de glucose ou de fructose.

Utiliser des produits de base plutôt que des plats tout prêts. C’est peut-être ce recours aux produits sains (fruits, légumes, viande, poisson, fromages, pâtes, riz...), qui a été le plus malmené par les évolutions récentes. Les populations défavorisées sont les plus touchées, mais la malbouffe n’est pas seulement une question de revenus : on trouve des produits sains pas plus chers que des produits gras-sucrés. On oublie trop souvent les aliments les plus simples...

Enfin, ne pas faire tout un plat des repas et de l’acte de manger. L’organisme sait gérer les repas festifs tout comme la malbouffe d’un jour, à condition que ce ne soit pas une habitude. Prendre l’acte de manger avec naturel, calme et simplicité : voilà ce qui nous distingue encore des attitudes anglo-saxonnes, obsédées par la santé et angoissées par la nourriture. Le plaisir alimentaire est aussi un bon guide !

Du côté de ce qui ne dépend pas de nous, il y a l’action des pouvoirs publics : le Programme national nutrition santé (PNNS), les initiations à la nutrition et au goût en milieu scolaire, la législation et la réglementation sur les messages publicitaires (notamment en direction des enfants), voire la place des friandises dans les grandes surfaces... Il y a encore beaucoup à faire.

Roselyne Bachelot, ministre de la santé, rappelle dans ce dossier que si 3,5 % des enfants sont obèses et 14,5 % en surpoids (des chiffres qui paraissent se stabiliser d’après les dernières données), l’excès de poids est en nette progression chez les adultes, avec 17 % d’obèses et 32 % de personnes en surpoids. Ce ne sont pas encore les chiffres américains (plus d’un Américain sur quatre est obèse), mais ils sont tout de même inquiétants.

(Santé Magazine, septembre 2008, p.96-103.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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