Petit déjeuner et fonctions cognitives

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Outre son apport nutritionnel, il existe un nombre croissant de preuves démontrant que le petit déjeuner joue un rôle positif important dans les fonctions cognitives.

« Petit déjeuner et fonctions cognitives » - Crédits photo : Flickr / Creativecommons / birdfarm Bien que la signification sémantique du mot « déjeuner » soit variable selon les langues, il constitue toujours le premier repas de la journée. Le petit déjeuner représente la fin d’un épisode de jeûne de plusieurs heures survenant au lever du lit. « Breakfast » en anglais, dont la traduction signifie « casser le jeûne » ou encore « Frühstück » qui veut dire « manger tôt dans la journée » en allemand.

Les habitudes alimentaires

Au premier coup d’œil, les résultats obtenus au cours d’un sondage réalisé auprès des consommateurs belges en 2004 ne sont pas aussi dramatiques qu’on ne pourrait le penser. Presque trois quarts (73,3 %) de la population prennent régulièrement (au moins cinq fois par semaine) un petit déjeuner. Chez les femmes, le pourcentage est légèrement supérieur à celui des hommes (76,3 % vs 70,0 %). Le petit déjeuner, comparé au déjeuner et au dîner, est le repas qui est le plus fréquemment omis. Presque une personne sur 10 (8,7 %) prend son petit déjeuner moins d’une fois par semaine.

La tranche d’âge des 19 - 29 ans montre les plus mauvaises habitudes comportementales, avec seulement 64 % des individus prenant régulièrement un petit déjeuner. La préoccupation majeure est que presque un jeune de 15 à 18 ans sur dix (filles : 7,6 %, garçons : 10,0 %) ne prend jamais de petit déjeuner. Ceux qui sautent ce repas trouvent toujours une « bonne » raison de le faire : « je préfère dormir plutôt que manger », « je n’ai pas le temps de manger le matin », ou encore « si je déjeune en matinée j’ai plus vite faim », « je n’aime pas déjeuner », « je veux maigrir », « j’ai quitté la maison tôt »…

De meilleures performances cognitives

Les enfants et les adolescents qui prennent leur petit déjeuner ont de meilleures prestations scolaires que ceux qui n’en prennent pas. Une enquête montre qu’ils se concentrent mieux, peuvent plus facilement résoudre des problèmes, ont de meilleures prestations physiques et une meilleure coordination œil-mains. Le Pr Benton a étudié la relation entre les habitudes du petit déjeuner et la mémoire auprès de 137 femmes et 47 hommes d’environ 22 ans. Un groupe prenait son petit déjeuner alors que l’autre pas. Les sujets ont été soumis à deux tests. Test 1 : répéter 15 des sigles. Un sigle était présenté toutes les deux secondes. Ensuite le plus grand nombre possible d’entre eux devaient être répétés. Exercice 2 : un récit était raconté en deux minutes et devait être reproduit aussi fidèlement que possible. Résultat : tant pour les sigles que pour le récit, les personnes qui avaient reçu un petit déjeuner obtenaient des scores nettement meilleurs que les autres (+22%).

Il est probable que la nature des glucides ingérés joue un rôle important dans les fonctions cognitives. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée sur 106 femmes âgées de 21 ans qui ont du répéter 30 mots après un intervalle de temps de 30, 90, 150 et 210 minutes à la suite d’un petit déjeuner. Deux sortes de repas furent servis : l’un contenant des glucides lents d’index glycémique bas l’autre contenant des glucides d’index glycémique élevé. Ces deux repas étaient d’apports caloriques identiques. Le résultat final était significativement différent. En effet, la consommation de glucides lents permet de retenir plus de mots, les progrès étant très marqués en matinée. Conclusion : l’opportunité de prendre un petit déjeuner influe sur les performances cognitives. Il joue donc un rôle important. Un petit déjeuner à base de glucides lents présentant un index glycémique bas donne de meilleurs résultats.

Petit déjeuner et IMC

Au cours d’une étude croisée réalisée sur 2103 enfants au Québec, les habitudes alimentaires ont été estimées par interview téléphonique réalisée avec les parents. 10 % des enfants ne prennent pas 7 petits déjeuners par semaine. La qualité de l’alimentation de ces enfants était moins bonne et leur apport énergétique total était plus élevé. Leur indice de masse corporelle (IMC) était également supérieur. Ils consommaient des aliments plus riches en protéines et en graisses en cours de journée. Ces constatations contrastent avec les enfants qui prennent leur petit déjeuner et dont l’IMC est inférieur, probablement parce que leur apport énergétique est mieux réparti sur la journée.

Source de protéines

Une étude a démontré que l’ingestion d’un petit déjeuner riche en protéines permet une meilleure perte de poids qu’un petit déjeuner classique. Trente femmes de 25 à 60 ans ayant un IMC égal ou supérieur à 25 kg/m² ont été inclues dans un essai randomisé. Deux régimes de même apport calorique ont été instaurés au petit déjeuner : l’un comprenant deux œufs, l’autre ???bagels??? L’étude a duré huit semaines et était axée sur un faible apport en matières grasses et une réduction de l’apport calorique. Le petit déjeuner à base d’œufs a permis une perte de poids plus importante (65 %) mais aussi une diminution plus marquée de la circonférence des hanches (83 %). Aucune différence significative concernant le taux de cholestérol et de triglycérides n’a été constatée entre les deux groupes.

Entamer la journée en forme

Un petit déjeuner sain assure un apport nutritionnel équilibré. Il devrait représenter 20 à 25 % de l’apport énergétique journalier. Déjeuner améliore les capacités physiques, les fonctions cognitives et assure un meilleur contrôle de la masse corporelle. Il faut faire du déjeuner un repas familial qui permettra de surmonter une journée bien remplie. Déjeuner sainement s’apprend dès l’enfance. Il est important d’assurer la variété de ce repas. Il doit contenir des glucides complexes et des protéines. Les protéines lèvent la sensation de faim. Les fruits et légumes, le lait écrémé et les acides gras insaturés consommés en petites quantités ont leur place également.

Références :

  • Benton D et al. Breakfast, blood glucose and cognition. Am J Clin Nutr. 1998; 67: 772S-778S.
  • Benton D et al. The delivery rate of dietary carbohydrates affects cognitive performance in both rats and humans. Psychopharmacology. 2003; 166: 86 – 90.
  • Dubois L et al. Breakfast skipping is associated with differences in meal patterns, macronutrient intakes and overweight among pre-school children. Publ Health Nutr 2009; 12: 19-28.
  • Vander Wal J et al. Short-Term Effect of Eggs on Satiety in Overweight and Obese Subjects. J Am Coll Nutr 2005; 24: 510 – 515.

(" HEALTH & FOOD " n°94 - Février 2009)

SOURCE : Health and Food

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