Perdre des kilos inexistants ?

lu 3390 fois

Une étude publiée dans la revue Applied Physiology, Nutrition and Metabolism révèlait que près des deux tiers des étudiantes de l'Université Laval qui tentaient de perdre du poids avec en fait un poids santé, n'échappant donc pas à la quête du corps que l'on dit parfait. Le souci de la minceur à tout prix s’inscrit dans le contexte de performance propre au milieu universitaire...

« Perdre des kilos inexistants ? » - Crédit photo : © artellia - Fotolia.com Voilà l'une des étonnantes statistiques contenues dans une étude publiée dans la revue Applied Physiology, Nutrition and Metabolism par Émilie Pérusse-Lachance et Angelo Tremblay, du Département de médecine sociale et préventive, et Vicky Drapeau, du Département d’éducation physique.

Ces données sont tirées d'une enquête que les chercheurs ont effectuée à la demande du comité relatif au cadre de référence pour une saine alimentation et un mode de vie actif de l’Université Laval. En novembre 2008, 3 143 personnes, dont 2 490 étudiants, avaient répondu à un questionnaire en ligne portant sur l’alimentation, l’activité physique et les habitudes de vie. L'excès de poids, défini comme un indice de masse corporelle plus élevé que 25, touchait alors 23 % des étudiants et 37 % des employés.

Au moment de l'enquête, 21 % des étudiantes affichaient un surpoids, mais 37 % ont coché oui à la question « Essayez-vous présentement de perdre du poids?». Parmi celles-ci, 62 % avaient un poids santé. Cette tendance est inversée chez les étudiants. Ils sont plus nombreux à avoir un surpoids (29 %), mais ils sont moins enclins à tenter de le perdre (18 %). Reste que 32 % de ceux qui tentaient de maigrir avaient un poids normal.

Ces statistiques vont dans le même sens que celles diffusées par le Groupe d'action sur le poids Équilibre, note Vicky Drapeau. Selon cet organisme québécois, près de 50 % des femmes de poids normal souhaitent maigrir, 70 % des adolescentes font des efforts répétés pour contrôler leur poids et le tiers des petites filles de 9 ans ont déjà tenté de perdre du poids. « L'image corporelle fait partie des préoccupations des jeunes femmes, et les étudiantes universitaires ne font pas exception à la quête du corps que l'on dit parfait. Dans la majorité des cas, il s'agit d'une préoccupation non fondée », souligne-t-elle.

Les chercheurs ont observé les mêmes tendances chez les membres du personnel. Trente-deux pour cent des femmes et 52 % des hommes avaient un surpoids. Parmi les 39 % de répondantes qui tentaient de perdre du poids, 43 % avaient un poids santé. Du côté des répondants, 30 % tentaient de perdre du poids, dont 21 % avaient un poids santé. « La préoccupation pour l'image corporelle est plus grande chez les femmes que chez les hommes et, même si elle s'atténue avec l'âge, elle reste tout de même élevée », constate la professeure Drapeau.

Comment corriger pareille situation? « Il faut travailler sur deux plans, rappelle-t-elle. D'une part, il faut susciter la réflexion sur l'image corporelle et l'estime de soi. D'autre part, il faut favoriser l'adoption de bonnes habitudes de vie plutôt que de se concentrer sur le poids. Les approches qui reposent sur la restriction alimentaire causent de l'anxiété et de la frustration qui conduisent le plus souvent à l'abandon et au gain de poids. Cet effet boomerang contribue à accentuer le problème de poids plutôt qu'à le résoudre. »

(Par Jean Hamann - Journal de la communauté universitaire - Volume 46, numéro 4 - 23 septembre 2010)

SOURCE : Université Laval

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s