Penchons-nous sur l'avenir de la recherche nutritionnelle

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Dorénavant, la recherche s'orientera de plus en plus vers le rôle que joue l'alimentation sur les gènes. On peut en attendre de nombreux bénéfices, par exemple des aliments plus sûrs et plus nutritifs, de nouveaux traitements médicaux et de nouveaux moyens de protéger l'environnement.

La recherche génétique peut s'appliquer au domaine de la nutrition de différentes manières, que ce soit pour augmenter la valeur nutritive d'un aliment, pour identifier des moyens de réduire la vulnérabilité des individus à certaines maladies ou pour sélectionner les régimes alimentaires les plus bénéfiques. Avec l'arrivée des premières ébauches du génome humain s'ouvre un nouveau chapitre sur la perception de la santé et de la nutrition.

En février 2000, deux équipes de chercheurs indépendantes ont réalisé une véritable course contre la montre pour publier leurs conclusions dans deux des magazines les plus prestigieux au monde - Nature et Science. La première "ébauche" du génome humain était dévoilée. La performance est étonnante lorsque l'on sait que la séquence complète du génome humain contient 3,2 milliards de " lettres ", un volume si énorme que seul Internet se prête à sa publication. On estime qu'il faudrait plus de 75 000 pages d'un quotidien pour en imprimer la séquence complète !

La recherche sur le génome humain s'est appuyée sur une parfaite compréhension des fonctions et de la reproduction des cellules. Pour permettre aux lecteurs qui ne seraient pas des spécialistes de la génétique de comprendre la portée de cette science, le texte qui suit va résumer la structure et la fonction de différents aspects du génome humain.

Il existe quatre types de bases différentes, chacune trouvant son complément spécifique sur la chaîne opposée. L'adénine (A) est liée à la thymine (T) et la guanine (G) est liée à la cytosine (C). Toutes les informations nécessaires au fonctionnement et à la reproduction de la cellule sont contenues dans la séquence élaborée à partir de ces quatre bases. Cette séquence est répétée des millions, voire des milliards de fois dans l'ensemble du génome. Toutes les formes de vie de la planète utilisent le même langage ; c'est la raison pour laquelle l'ordre spécifique des bases - adénine, thymine, guanine et cytosine - est crucial puisque c'est lui qui va déterminer ce qui fera de nous un homme plutôt qu'un ver de terre. En d'autres termes, c'est sur la séquence des bases que repose la diversité des organismes. Les séquences d'ADN détiennent le secret de chaque forme de vie, de la bactérie à l'homme, et la science a dorénavant le pouvoir de décoder ces livres de la vie nommés génomes.

Le génome - l'ADN complet

Un génome est formé de toutes les molécules de l'ADN d'un organisme, y compris celles contenues dans les gènes. (Un gène est une sous-unité d'ADN qui détermine les caractéristiques héréditaires de chaque individu comme par exemple la couleur des yeux). La taille des génomes varie selon leur source. Par exemple, le plus petit génome connu à ce jour est celui d'une bactérie ; il contient 600 000 paires de bases d'ADN. Le génome humain, pour sa part, contient quelque 3 milliards de paires de bases. Même si les gènes mobilisent une grande partie de l'attention, ce sont en réalité les protéines de la cellule qui font tout le travail. Les gènes portent des informations qui permettent à la cellule de fabriquer des protéines. Il revient alors aux protéines de déterminer toute une série de caractéristiques telles que l'apparence de l'organisme, ses fonctions et peut-être même son comportement.

L'avenir

A terme, la recherche utilisant la connaissance du projet sur le génome humain permettra aux scientifiques de comprendre les fonctions des gènes humains et les lois qui régissent leur activation ou leur désactivation. Cette connaissance leur fournira des éléments permettant de mieux comprendre l'interaction entre les gènes et les nutriments ainsi que l'effet des différences génétiques de chaque individu sur la manière d'assimiler le régime alimentaire. Par exemple, on ignore encore pourquoi certains nutriments, tels que le lait, les fruits ou les légumes, produisent des changements positifs dans le métabolisme. La recherche peut aider à identifier ces changements et à comprendre pourquoi certains ingrédients et certains aliments sont bénéfiques pour la santé. De même, la base génétique qui gouverne les différentes réactions individuelles à tel aliment ou à tel nutriment peut être identifiée et utilisée pour recommander les aliments et les régimes les mieux adaptés aux besoins de chacun. Les études sur l'interaction entre gènes et nutriments fourniront aussi des informations qui permettront de développer des marqueurs biologiques (indicateurs) plus précis, marqueurs qui permettront de détecter plus tôt différentes maladies et identifier les gènes sur lesquels une intervention nutritionnelle empêcherait l'apparition de ces maladies.

SOURCE : EUFIC

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