Packaging : laissez-vous emballer

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Un emballage alimentaire, quoi de plus simple apparemment ? S'il est évident qu'il sert à contenir et à protéger un produit, ses fonctions ne s'arrêtent pas là. Derrière l'emballage se cache en réalité tout un monde. Avec Eric Rocher, spécialiste des emballages (*), découvrez les quatre fonctions de l'emballage et l'univers du packaging.

Contenir

La première fonction d’un emballage est de contenir. Une évidence pour le consommateur, qui nécessite cependant, en amont, toute une réflexion de la part des concepteurs :

  • le produit est-il liquide ? gazeux ? solide ?
  • quel est son poids ? sa dimension ? sa densité ?
  • quelle quantité veut-on contenir ?
  • comment le produit sera-t-il manutentionné ? transporté ? stocké ?

Rien de comparable, en effet, entre un emballage conçu pour quelques grammes de safran, un litre d’huile, un kilo de pommes de terre ou encore 100 kg de farine de boulanger. Et rien de comparable non plus entre l’emballage d’un produit destiné à être vendu en quelques jours près de son lieu de production et celui d’un produit qui devra être stocké pendant des mois dans des entrepôts frigorifiques après un long voyage en bateau...

Si la première question que se pose un fabricant d’emballage est donc « que doit contenir l’emballage ? », la suivante est toujours « quelle protection doit-il assurer ? ».

Protéger

L’aliment doit d’abord être protégé des atteintes extérieures : il ne doit ni sécher, ni moisir, ni être mouillé. Il faut aussi le protéger des insectes, de la contamination par des micro-organismes, des chocs, du froid, du chaud ou encore des rayons UV. Par exemple, un emballage opaque permet de conserver toutes les vitamines du lait, certaines pouvant être détruites par la lumière.

Le produit doit aussi être parfois protégé de l’air et/ou de lui-même. Ainsi, l’humidité contenue dans certains produits alimentaires peut les faire moisir s’ils sont conditionnés dans des emballages étanches. Il faut alors choisir un emballage ouvert permettant à l’humidité de s’échapper.

On peut également les conditionner dans une atmosphère de gaz neutre ayant une pression suffisante pour empêcher l’eau de s’échapper. Le conditionnement sous atmosphère modifiée repose sur la modification de la composition des gaz en contact avec l’aliment, en remplaçant l’air par un gaz ou une combinaison de gaz, le tout étant ensuite réfrigéré. Le but du conditionnement sous atmosphère modifiée est d’éliminer ou de réduire considérablement le niveau d’oxygène et de maintenir le niveau d’humidité : cette technique est notamment utilisée pour conserver certaines crudités et salades « toutes prêtes ».

On peut aussi emballer les aliments sous vide ; les produits- comme le café ou les épicessont placés dans un sachet de plastique ou d’aluminium duquel on retire l’air. Des « emballages actifs » peuvent également être utilisés. Ces emballages interagissent avec l’aliment pour réduire les taux d’oxygène. Il existe aussi aujourd’hui des emballages « intelligents », qui peuvent contrôler l’aliment et transmettre des informations sur sa qualité. Ainsi, en changeant de couleur, ils peuvent faire savoir au consommateur si l’aliment a été détérioré à cause, par exemple, d’un changement de température pendant la conservation.

Prendre part à la fabrication du produit

Moins évidente a priori, la troisième fonction de l’emballage est de participer à la fabrication du produit. Et ce, de diverses façons. Par exemple, pour fabriquer des yaourts, on peut remplir directement les pots avec le lait et les ferments. Ces pots sont ensuite scellés, chauffés et refroidis. Le yaourt « se fait » directement dans le pot qui, pour finir, forme un tout avec le produit.

La crème Chantilly en «bombe» est, quant à elle, fabriquée par l’emballage lui-même. La crème contenue dans l’aérosol est en effet éjectée par la pression d’un gaz (le protoxyde d’azote). En traversant la valve, elle mousse, sous l’action du gaz, comme de la crème Chantilly. Autre exemple, celui du vin vieilli en fût de chêne, qui lui donne un goût incomparable. Ou encore, plus technique, ces emballages en carton ou plastique qui permettent de dorer des aliments au micro-onde juste là où il faut ou même (c’est nouveau) qui s’ouvrent tout seuls dès que l’aliment est cuit à point.

Véhiculer un message

Cette dernière fonction est sans aucun doute la plus valorisée. Les emballages véhiculent un message ou plus exactement des messages. Le message légal, tout d’abord. Certaines mentions sont obligatoires et prévues par la loi, par des décrets ou encore par des règles internes aux professions ou aux entreprises. C’est le cas, par exemple, des dates (date de fabrication, date limite de consommation, date d’utilisation optimale du produit), de la liste des ingrédients, de la présence d’allergènes, ou encore des informations concernant le fabricant ou les signes de qualité.

L’emballage véhicule aussi des informations pratiques pour l’acheteur : poids, précautions d’emploi et de stockage, mode d’ouverture de l’emballage. Mais aussi pour le vendeur : les codes-barres permettent ainsi de reconnaître automatiquement un produit en caisse, d’en éditer le prix, mais également de gérer instantanément les stocks ou encore d’assurer la « traçabilité » du produit en cas de problème.

A cela s’ajoute un message subjectif, donné notamment par la forme et le matériau utilisé pour l’emballage. Une « boite à gâteaux en fer blanc» contiendra a priori des gâteaux secs et l’on serait vraiment surpris de la trouver au rayon bricolage. L’image d’un fromageen boîte ronde et en bois est tout naturellement celle d’un camembert. Le choix du matériau positionnera aussi le produit (le pot en verre pour un yaourt traditionnel, par exemple).

La couleur de l’emballage est aussi souvent assimilée à celle du produit : rose pour le jambon, vert pour les légumes. Du choix judicieux de la couleur d’un emballage peut naître le succès d’un produit. Et, de ce coté là, les créatifs ne se gênent pas. Ils en font voir de toutes les couleurs aux consommateurs, même si certains codes couleurs sont bien implantés dans l’inconscient collectif (voir encadré) et si le choix des couleurs doit tenir compte de divers facteurs. Ainsi, pour les produits destinés aux seniors, les spécialistes prendront en compte le fait que la vue des couleurs s’altère avec l’âge : le bleu est perçu plus vert, le rose et le violet se fondent en un halo, alors que la couleur orange est plus visible et attire davantage l’attention...

Enfin, parmi les recherches en cours, on trouve la mise au point d’emballages parfumés, d’emballages qui émettent des sons ou encore d’emballages 100% recyclables ou qui se mangent... Il faut se rendre à l’évidence : les emballages n’ont pas fini de nous emballer !

Les emballages nous en font voir de toutes les couleurs
  • Blanc : pureté, innocence, propreté, synonyme de zen (lait, yaourt)
  • Rouge : couleur du feu, de la passion, de l’élan vital, du tonus (viande)
  • Orange : euphorisant, il stimule, exprime la joie, l’optimisme (céréales pour petit déjeuner)
  • Bleu : c’est la rêverie, une couleur anti-stress qui évoque le ciel, la mer (sel)
  • Vert : couleur de la nature, de la verdure, de l’écologie, il traduit la fraîcheur (produits bios)
  • Violet : exprime la majesté, le faste, la richesse (chocolat)
  • Noir : symbole de la nuit, mais aussi synonyme de paix et de repos (café)

Quelques conseils à suivre :
  • Respectez les conditions de stockage indiquées sur l’emballage.
  • N’achetez pas de boîtes de conserve ou d’emballages perforés, endommagés ou déformés.
  • Lavez l’ouverture des cannettes ou des bouteilles avant de boire, ou utilisez une paille
  • Pensez à recycler les emballages : ils représentent 50 % du contenu de nos poubelles !

Petite histoire de l’emballage
  • Les premiers emballages datent de la préhistoire : peaux d’animaux (la gibecière du chasseur, la gourde), certains coquillages ou feuilles, des calebasses (courge séchée, évidée).
  • Vers 6 000 av. J.-C. arrivent les céramiques et les paniers : l’amphore où vieillit le vin, où se conserve l’huile ; les vanneries, qui transportent les légumes ou enferment les volailles.
  • Vers 1 500 av. J.-C., les Égyptiens fabriquent des récipients en verre.
  • Le tonneau serait une invention gauloise.
  • Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les hommes utilisent les matériaux que la nature met à leur disposition, soit directement (le bois, le liège, le cuir, l’argile, les fibres comme le chanvre, le jute, le raphia, l’osier…), soit après transformation (le verre, les métaux, le papier).
  • Sous Napoléon Ier, vers 1800, Nicolas Appert invente l’appertisation, procédé de stérilisation à chaud dans des récipients hermétiquement clos : c’est le début des boîtes de conserve.
  • Le XXe siècle est le siècle des emballages plastiques : sacs et bouteilles en polyéthylène, barquettes et pots de yaourt en polystyrène, bidons, films plastiques…
(source : www. wikipedia.org)

Le secteur de l’emballage

La production d’emballages consomme principalement du plastique, du carton et leurs dérivés. En France, l’emballage est le 8ème secteur industriel (SESSI 2004), au même rang que l’aéronautique. Son chiffre d’affaires est de 19 milliards d’euros.

Avec 2000 établissements et 122000 salariés, la France couvre 30 % du secteur de l’emballage en Europe. La France est aussi le troisième exportateur mondial d’emballages, derrière l’Allemagne et les États-Unis, le plastique représentant à lui seul 40%des exportations.

(source : www. wikipedia.org)

(*) Eric Rocher est ingénieur. Il est l’auteur d’un ouvrage intitulé « De bons emballages pour de bons produits », paru aux Editions d’Organisation. Il a publié en novembre 2006, dans la revue « Industries Alimentaires et Agricoles », un article sur « les quatre fonctions canoniques d’un emballage ».

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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