Où en est l'alimentation méditerranéenne en 2003 ?

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Il existe aujourd’hui un consensus scientifique sur les recommandations nutritionnelles en matière de santé et l’alimentation méditerranéenne apparaît comme le modèle le plus adapté. conciliant intérêt nutritionnel, qualités organoleptiques, plaisir et convivialité. Il est cependant incorrect de parler d’UNE alimentation méditerranéenne car il existe presque autant de variantes que de pays dans le bassin méditerranéen. Ce modèle originel a malheureusement tendance à disparaître du fait d’une tendance à la standardisation de l’alimentation qui pourrait être à l’origine de déséquilibres nutritionnels importants.

La naissance du modèle Crétois

C’est au début des années 60 qu’est né le concept “d’alimentation méditerranéenne”. La fameuse “Etude des Sept pays” initiée par Ancel Keys, a établi des relations entre la mortalité par maladie cardio-vasculaire et les habitudes alimentaires de différentes populations (USA, Finlande, Pays Bas, Yougoslavie, Italie, Japon, Grèce). Selon les types alimentaires les taux de mortalité étaient très variables : 97% de mortalité cardio-vasculaire en Finlande, contre 3,8% pour la Crète. Le modèle crétois est apparu pour la première fois comme un modèle de prévention nutritionnelle.

Du régime Crétois au régime Lyonnais...

En 1988, le bénéfice santé de l’alimentation méditerranéenne a été remis à l’honneur lors de l’étude menée par Serge Renaud à Lyon (Lyon Heart Diet Study). Cette étude d’intervention de prévention secondaire conduite sur une population ayant déjà eu un infarctus du myocarde a montré une baisse de 75% du nombre de rechutes chez les patients ayant adopté un régime d’inspiration crétoise par rapport à un régime classique. En 1991 l’étude MONICA (MONItoring CArdio-vascular disease) a révélé l’existence d’un gradient nord/sud dans la répartition de la mortalité cardio-vasculaire, les habitants du sud de l’Europe bénéficiant d’une incidence de maladies cardiovasculaires plus faible et d’une espérance de vie plus élevée. A partir de ces observations a été développée, en 1995, la pyramide alimentaire méditerranéenne.

Une alimentation riche en fruits et en légumes

L’alimentation méditerranéenne originelle, décrite en Crète dans les années 60, est une alimentation équilibrée, saine, particulièrement riche en fruits et légumes frais ou secs et en céréales (pain, féculents…) consommés quotidiennement et à chaque repas. Pauvre en graisses animales, l'huile d'olive constitue la principale source de lipides. Poisson, viande blanche et œufs sont consommés quelques fois par semaine. Fromage blanc de chèvre et de brebis sont les produits laitiers les plus présents. Le vin consommé au cours des repas et de façon modérée constitue la principale source de boissons alcoolisées. Ce modèle alimentaire, riche en produits frais, possède un double avantage nutritionnel : sa faible teneur en acides gras saturés, et sa grande richesse en micro-constituants protecteurs apportés par les végétaux.

Pourquoi le colloque EGEA ?

Ce modèle originel a, hélas, tendance à disparaître, au risque de lui faire une grande partie de ses bénéfices santé. Il est donc important, non seulement d’assurer le maintien du régime méditerranéen dans ses régions d’origine mais aussi de promouvoir l’extension de ce modèle à d’autres régions du monde dans une optique de santé publique. L’objectif essentiel est de lutter contre les déséquilibres alimentaires liés à une augmentation de la consommation de produits raffinés, riches en lipides et en sucre, sources de “calories vides”, et à une insuffisance de consommation en fruits et légumes et céréales complètes. Le colloque EGEA révélera les dernières avancées de la recherche sur l’alimentation méditerranéenne en particulier son impact sur la prévention des maladies cardio vasculaires et des cancers . Il aidera aussi à clarifier les messages, rendus parfois complexes par trop d’informations divergentes, sur un modèle pourtant simple à mettre en pratique.

De nombreux acteurs impliqués

Assurer la survie de l’alimentation méditerranéenne originelle et l’adapter aux autres pays nécessite l’implication de multiples acteurs : les scientifiques et les nutritionnistes pour en définir les règles ; les acteurs de communication pour favoriser sa propagation ; les pouvoirs publics, enfin, pour en promouvoir les bénéfices. La “cacophonie” des conseils nutritionnels, parfois engendrée par la publicité, peut perturber les choix alimentaires globaux des consommateurs. Aussi il est urgent et nécessaire de proposer un modèle alimentaire global et simple à la fois, à la portée de tous, référence d’une alimentation préventive. Conférences scientifiques, tables rondes, ateliers, forums et conférences de presse réuniront les spécialistes de différents domaines, afin de faciliter les échanges et confronter les points de vue, mais aussi garantir une transmission optimale des messages nutritionnels.

SOURCE : APRIFEL

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