Ostéoporose chez l'homme : perte exagérée ou acquisition insuffisante ?

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Le remodelage osseux, phénomène continu, est censé assurer l'adaptation du squelette aux contraintes qu'il subit constamment. Mais avec l'âge, cette adaptation est de moins en moins efficace. Perte exagérée ou acquisition insuffisante ?

« Ostéoporose chez l’homme : perte exagérée ou acquisition insuffisante ? » - Crédit photo : www.med.univ-angers.fr L’ostéoporose se définit comme une maladie osseuse systémique caractérisée par la perte de la masse osseuse et la détérioration de la microarchitecture du tissu osseux avec une fragilisation et une augmentation du risque de fracture. Selon une estimation de la National Osteoporosis Society (2002), sa prévalence est d’une femme sur trois et d’un homme sur douze après 50 ans.

Trois phases essentielles

Structure vivante, le squelette se renouvelle chaque année de 10 %. Ce remodelage osseux est indispensable au maintien des fonctions mécaniques et métaboliques de notre charpente. Cette réorganisation demande la participation des ostéoclastes,chargés de la résorption de l’os c’est-à-dire de détruire l’os ancien en y creusant des trous. Les ostéoblastes, eux, sont chargés de la formation de l’os grâce, notamment, au calcium. S’il y a déséquilibre entre es deux phénomènes, l’os se fragilise. Au cours de la vie, la masse osseuse passe par trois phases. La phase de croissance s’échelonne de la naissance à l’âge de 20 ans environ : la formation prévaut sur la résorption et le capital osseux de base se constitue. Vient ensuite la phase en plateau, qui s’étale jusqu’à une trentaine d’années. A ce moment, les deux phénomènes s’équilibrent. Finalement, la phase de perte osseuse avec une perte progressive d’os de 0,5 à 1 % par an. Chez les femmes, ce phénomène s’accélère après la ménopause.

Et trois stades évolutifs

L’OMS a retenu trois stades évolutifs à l’ostéoporose, à savoir l’ostéopénie, l’ostéoporose sans fracture et l’ostéoporose sévère. L’ostéopénie équivaut à l’abaissement anormal de la masse osseuse sans la manifestation de symptômes apparents. On peut la considérer comme un facteur de risque ou plus volontiers comme le stade précoce de l’ostéoporose. Cet état est caractérisé par une densité minérale osseuse comprise entre 1 et 2,5 déviations standard en dessous de la moyenne des jeunes adultes. L’ostéoporose sans fracture est le résultat de l’altération de la masse osseuse et d’une augmentation de la fragilité osseuse. Elle est caractérisée par une densité minérale osseuse abaissée de plus de 2,5 déviations standard en dessous de la moyenne des jeunes adultes. L’ostéoporose sévère ou établie est identique au cas précédent mais accompagnée d’une ou plusieurs fractures.

Une ostéoporose idiopathique (de cause inconnue) peut apparaître chez des jeunes hommes et femmes. Ce type d’ostéoporose est rare et sa découverte coïncide avec une fracture ou se fait à l’occasion d’un mal de dos persistant. Parfois, elle apparaît comme une découverte fortuite lors d’un examen radiologique.

Un moment critique

Mais quelle qu’en soit la cause, chacun sait que la meilleure manière de se protéger est de constituer un capital osseux aussi important que possible. Et à ce point de vue, les années de la croissance revêtent une importance capitale, au point que certains spécialistes ont pu dire que l’ostéoporose était une maladie d’enfance. Plus d’un quart de la masse osseuse que l’adulte possède a été acquise entre 12 et 14 ans pour les filles et entre 13 et 15 ans pour les garçons. Bien que la génétique détermine 60 à 80% de la masse osseuse, les modes de vie qui se caractérisent par une alimentation inadéquate et une activité physique insuffisante sont des prédicteurs de l’accumulation de masse osseuse au cours de la croissance. Et le calcium alimentaire explique 10 à 15% de la captation du calcium pendant l’adolescence, les garçons en séquestrant plus que les filles. Quant au sel alimentaire, il augmente l’excrétion urinaire du calcium.

La bonne manière

Un régime proche du régime méditerranéen peut contribuer à ll’acquisition d’un pic de masse osseuse appréciable, ainsi que l’a montré une étude de Seiquer et al. Ces chercheurs ont recruté une vingtaine d’adolescents de 13 ans environ et les ont suivi pendant deux périodes différentes. Pendatn une première période de trois jours, ils ont pris leur alimentation habituelle. Il y eut ensuite une phase d’intervention d’un mois avec un régime alimentaire proche du régime méditerranéen. L’apport quotidien total en calcium ne différait pas d’une période à l’autre mais la variété des sources dans la phase « méditerranéenne » était nettement supérieure à celle de l’alimentation habituelle des adolescents. Il en résultait une absorption et une rétention nettement plus importantes. Et les mesures des marqueurs biologiques témoignaient d’un turn over nettement plus intense sous alimentation méditerranéenne. On peut en conclure que l’alimentation méditerranéenne améliore l’utilisation du calcium dans le squelette.

Références :

  • Kaufman JM. Primary osteoporosis in men: bone loss vs deficient acquisition. Belgian Bone Club. Clinical update symposium, Gent, 2005.
  • Seiquer I, Mesías M, Hoyos AM et al. A Mediterranean dietary style improves calcium utilization in healthy male adolescents. J Am Coll Nutr 2008; 4: 454-62.
  • Van Pottelbergh I, Goemaere S, Zmierczak H et al. Perturbed sex steroid status in men with idiopathic osteoporosis and their sons. J Clin Endocrinol Metab 2004; 89: 4949-53.
  • Weaver CM. The role of nutrition on optimizing peak bone mass. Asia Pac J Clin Nutr 2008; 17 (Suppl 1): 135-7.

SOURCE : Health and Food

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