Organismes génétiquement modifiés : le débat évolue

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Le débat sur les aliments génétiquement modifiés (OGM) se poursuit depuis maintenant plusieurs années autour de cette question centrale : peut-on consommer des aliments génétiquement modifiés sans encourir de risque ? Grâce aux progrès de la recherche scientifique, à une meilleure compréhension de la technologie et aux nouvelles réglementations, la plupart de ceux qui ont pris part à ce débat s'accordent à dire que les aliments et les ingrédients dérivés d'OGM ne représentent aucune menace pour la santé.

Evaluation des risques

Il est essentiel de garder à l'esprit, lorsqu'on se penche sur les risques présentés par les aliments génétiquement modifiés, que c'est l'aliment en lui-même qui doit être analysé et non son processus de fabrication. Priorité est donc donnée à l'évaluation des propriétés des aliments génétiquement modifiés et à leurs critères de sécurité, comme c'est le cas pour les aliments produits de façon classique. La législation européenne exige que les produits génétiquement modifiés soient soumis à de sérieux tests d'évaluation des risques, avant d'être considérés comme propres à la consommation.

L'Union Européenne, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture des Nations-unies (OAA) ont adopté la méthode de l'" équivalence en substance ", considérée comme la plus réaliste pour évaluer les risques que pourraient présenter les aliments et les ingrédients génétiquement modifiés.

La méthode de " l'équivalence en substance " se concentre sur le produit plutôt que sur son processus de production. C'est une procédure rigoureuse qui comprend une liste des paramètres et des caractéristiques qui doivent être pris en considération. Cette liste comprend les caractéristiques moléculaires de la modification génétique, les caractéristiques agronomiques ainsi que des évaluations d'ordre nutritionnel et toxicologique.

La méthode de " l'équivalence en substance " établit que la finalité de l'évaluation ne saurait être de prouver la fiabilité absolue de ces aliments. Elle tend à démontrer que si, après évaluation des aliments, la fiabilité du nouveau produit est comparable à son équivalent traditionnel (on dira qu'il est substantiellement équivalent), alors le niveau de " risque " qu'il présente équivaut à celui des aliments que nous consommons depuis des millénaires. Cependant, si les OGM présentent des caractéristiques ou des traits nouveaux (par exemple, la présence plus importante d'une vitamine) qui n'en font plus des produits " substantiellement équivalents ", une évaluation supplémentaire est nécessaire. Cette évaluation se concentrera alors sur la détermination des effets de cette nouvelle caractéristique au niveau de la sécurité du nouveau produit et pourra impliquer différents tests afin de démontrer qu'il s'agit là d'un produit sûr.

Que nous réserve l'avenir ?

Le débat sur les OGM est loin d'être clos. L'impact sur l'environnement et l'évaluation des risques liés aux générations futures d'OGM à caractéristiques uniques figurent parmi les interrogations qui ne cesseront d'alimenter les discussions et de relancer la recherche et les tests.

On ne peut cependant pas nier que des progrès énormes aient été faits pour parvenir à un consensus sur la sécurité des aliments. Aujourd'hui, le nombre de produits génétiquement modifiés disponibles sur le marché augmente lentement mais sûrement. Le consommateur peut-être assuré que les OGM ont été rigoureusement contrôlés et que les autorités mondiales en matière d'alimentation s'accordent à dire que ces aliments ne présentent aucun danger pour la santé.

Nous avons la preuve que les aliments génétiquement modifiés "ne présentent aucune menace pour la santé". Nous en concluons donc "qu'ils peuvent être consommés sans risque." Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur Général de l'OMS, 28 Août 2002.

Les résultats des recherches scientifiques menées en la matière confirment que les aliments génétiquement modifiés sont sans danger. Dr Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, 30 août 2002.

SOURCE : EUFIC

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