Oeufs, légumes secs, produits laitiers, pour manger équilibré et moins cher

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Peut-on manger équilibré et dépenser moins ? Oui, ont répondu les experts de l'alimentation, réunis le 13 mars dernier au Palais du Luxembourg, à l'invitation du Centre de recherche et d'informations nutritionnelles (CERIN). A condition de prendre en compte les habitudes alimentaires de chacun et de choisir des aliments qui ont un bon rapport prix/qualité nutritionnelle : oeufs, légumes secs, produits laitiers...

« Oeufs, légumes secs, produits laitiers, pour manger équilibré et moins cher » Avec la crise, explique Pascale Hébel du Crédoc, les Français sont devenus plus attentifs au prix. Ils diminuent les achats d’alcool, d’épicerie sucrée et salée, d’eau en bouteille, de plats cuisinés, mais maintiennent les achats de produits laitiers et de surgelés. Ils rêvent de cuisiner plus, pour l’économie comme pour la convivialité. La dimension plaisir, surtout avec la cuisine loisir, passe aujourd’hui devant la dimension santé de l’alimentation.

Selon le sociologue Denis Muzet, la « crise » est vécue comme une crise de la morale et du sens, une perte de la mesure et de l’équilibre. Dans ce contexte anxiogène, l’alimentation est une valeur refuge, un espace rassurant de bien-être. Le « fait maison » est valorisé comme signe de fraîcheur, de sécurité, d’attention à soi et à l’autre. Dans ses achats, le consommateur remplace des produits chers par d’autres plus économiques.

Mais il refuse de se passer de produits jugés essentiels comme la viande, même s’il achète des morceaux moins chers, ou les produits laitiers, qui restent un pilier de l’alimentation quotidienne ; associés à la douceur et à la quiétude, les produits laitiers véhiculent une image de nutriments essentiels à la vie, des aliments particulièrement investis par les mères de famille, comme symbole de leur fonction nourricière. La crise porte aussi à la sobriété et à la tempérance. Ainsi que vers une consommation « solidaire et durable », respectueuse de la provenance et de la saisonnalité, favorable aux modes de production peu agressifs, aux circuits de distribution courts, aux produits locaux et au petit commerce…

Quels aliments privilégier ? Les choix des catégories sociales à revenus modestes se portent souvent vers des produits peu coûteux et tout prêts, riches en énergie (gras et sucrés) et pauvres en nutriments de qualité. Or, révèle le Pr Adam Drewnowski, nutritionniste à l’Université de Washington à Seattle, les chercheurs ont mis au point des techniques pour classer les aliments en fonction de leur densité nutritionnelle (la quantité de nutriments clés par rapport à celle de calories) et de leur prix. Au hit parade de ces aliments riches en nutriments et peu chers, on trouve les oeufs, les légumes secs, le lait et les produits laitiers... Il devient possible de formuler des recommandations alimentaires réalistes, adaptées au budget et aux habitudes des ménages les plus modestes.

C’est ce que font chaque jour, en pratique, les professionnels de la nutrition comme Danièle Colin, diététicienne libérale à Lyon : montrer au patient que pour le même prix, on peut acheter des produits simples, économiques et nutritionnellement meilleurs. En modifiant légèrement ses habitudes de cuisine, on peut améliorer son équilibre alimentaire et même économiser jusqu’à 20 euros par mois ! On n’est pas obligé d’avoir beaucoup d’argent pour bien manger !

(Colloque « Alimentation et pouvoir d’achat : concilier qualité nutritionnelle et prix », organisé par le Centre de recherche et d’information nutritionnelles (CERIN) à Paris le 13 mars 2009.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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