Obésité : quelles recherches en 2010 ?

lu 6159 fois

Des causes génétiques, sociales, environnementales. Psychologiques, liées au comportement, au mode de vie... L’obésité, est une maladie « multifactorielle ». Les autorités sanitaires cherchent à actionner tous les leviers disponibles : éducation, information nutritionnelle, réglementation, etc... Mais on ne saurait oublier la recherche médicale, qui explore les mécanismes susceptibles d’empêcher l’apparition ou le développement d’une obésité...

« Obésité : quelles recherches en 2010 ? » - Crédit photo : www.futura-sciences.com Vouloir lutter contre l’obésité incite aussi à se pencher sur la manière dont elle se constitue dans le corps humain. Deux grandes voies de recherche sont ouvertes aujourd’hui. La première porte sur le tissu adipeux et les mécanismes du stockage. On étudie la capacité de ce tissu à contenir les acides gras et à ne pas les laisser s’infiltrer dans les muscles, le foie, le pancréas, les vaisseaux sanguins. Une migration qui est source de la plupart des maladies métaboliques et cardiovasculaires.

L’enjeu est de comprendre l’action des différentes cellules qui composent le tissu adipeux. D’étudier leurs sécrétions, qui peuvent avoir des effets favorables (production d’hormones protectrices pour le coeur ou les os, par exemple) ou défavorables, favorisant certains cancers comme celui du côlon ou de l’endomètre... L’idéal serait de parvenir à « faire brûler » un maximum de graisses à l’intérieur du tissu adipeux !

Une deuxième série de recherches porte sur le tube digestif, qui joue un rôle important pour réguler la satiété. Une des voies explorées est d’utiliser des analogues des hormones digestives, qui permettraient de renforcer la sensation de satiété. On connaît aussi, dans certaines obésités très sévères, l’usage des anneaux et des poches gastriques qui court-circuitent l’ingestion et l’absorption intestinale des aliments. Autre piste très prometteuse aujourd’hui : la recherche sur la flore intestinale.

On s’est aperçu que l’équilibre entre certains groupes de bactéries qui la composent jouait un rôle dans la consommation alimentaire et le contrôle du poids. Certains prébiotiques d’origine végétale ou certains composants du lait suscitent beaucoup d’espoirs, car ils seraient susceptibles de rétablir cet équilibre quand celui-ci est mis à mal...

Enfin, la recherche de médicaments contre l’obésité, sans être abandonnée, semble moins florissante que la production de médicaments contre les conséquences de l’obésité : hypertension, diabète, etc... Pour les spécialistes, les remèdes miraculeux sont à oublier. L’équilibre alimentaire sera toujours la meilleure et indispensable parade contre le surpoids. Une protection à mettre en place de bonne heure, car l’acquisition de l’obésité est très précoce aujourd’hui. Entre 1960 et 2000, le nombre d’enfants obèses a été multiplié par quatre. Quelles que soient les prouesses médicales à venir, l’éducation nutritionnelle est sans doute la priorité la plus haute !

(« Les perspectives offertes par les recherches sur la prévention et le traitement de l’obésité ». Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s