Obésité : nouveaux risques, nouveaux espoirs...

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Au niveau collectif, l’obésité coûte cher : en pathologies et en soins divers, mais aussi parce qu’elle augmente aussi la demande mondiale de nourriture ! Au niveau individuel, en plus d’accroître le risque de nombreuses maladies chroniques, elle pourrait aussi retentir sur les performances cognitives. Moins d’apports énergétiques, plus d’exercice physique : à ces remèdes classiques - très efficaces s’ils étaient appliqués - pourraient s’ajouter un jour des actions visant à modifier la flore intestinale. Car l’obésité semble aussi être une affaire de « microbiote »...

Une menace pour la planète ?

Au niveau mondial, le poids moyen est de 62 kg. Aux Etats-Unis, il est de 80,7 kg. Si tous les habitants de la terre atteignaient le poids d’un Américain moyen, cela équivaudrait à une hausse de la demande de nourriture pour un milliard de personnes [1].

Pour certains chercheurs, la principale menace qui pèse sur l’environnement n’est pas l’augmentation de la population mondiale, c’est-à-dire le nombre de bouches à nourrir. C’est plutôt la quantité de chair à entretenir ! Le Japon fait figure de bon élève, avec un indice moyen de masse corporelle (IMC) de 22, contre 28,7 aux Etats-Unis. Mais les Etats-Unis sont loin d’être seuls en cause dans l’épidémie mondiale d’obésité !

Un facteur de déclin cognitif ?

Une étude a suivi pendant 10 ans 6.401 personnes âgées de 39 à 63 ans et a recherché leurs éventuelles anomalies métaboliques : augmentation des triglycérides sanguins, de la glycémie, de la pression artérielle, diminution du « bon » cholestérol (HDL). En présence d’au moins 2 anomalies, le déclin cognitif était plus prononcé. Et il était augmenté de 25 % chez les obèses porteurs d’anomalies métaboliques. Chez les personnes obèses sans anomalie métabolique, le déclin cognitif était aussi plus rapide que chez les non obèses [2].

Agir sur le microbiote

L’obésité ne résulte pas seulement d’une balance énergétique déséquilibrée. Elle peut aussi être influencée par certaines conditions liées au microbiote (la flore intestinale) et au système immunitaire [3]. Des expérimentations animales montrent qu’en agissant sur la flore, on peut agir sur le poids… Une étude menée en Suède chez des enfants de 4-5 ans révèle aussi que la flore intestinale n’est pas la même en cas de poids normal et en cas d’excès pondéral [4]. Certains chercheurs explorent ainsi la piste de probiotiques, d’antibiotiques, voire de vaccins, qui pourraient agir sur le microbiote intestinal.

Il ne manquait plus que le bisphénol A !

Une étude menée aux Etats-Unis dans un échantillon national représentatif de 2.800 jeunes âgés de 6 à 19 ans montre que ceux qui ont des taux élevés de bisphénol A dans les urines ont deux fois plus de risque d’être en surpoids ou obèses [5]. A la sédentarité et à la « malbouffe », il faut peut-être ajouter un effet potentiellement néfaste de ce perturbateur endocrinien.

Références

  1. Walpole SC, et al. BMC Public Health 2012 ;12 :439.
  2. Singh-Manoux A, et al. Neurology 2012 ;79 :755-762.
  3. Upadhyay V, et al. Nature Immunology 2012 ; 13 :947-953.
  4. Karlsson CLJ, et al. Obesity 2012 ;20 :2257-2261.
  5. Trasande L, et al. JAMA 2012 ;308(11) :1113-1121.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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