Obésité : l’inégalité dès la maternelle

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L’excès de poids n’attend pas le nombre des années. Une enquête menée en 2005-2006 auprès de 23.000 enfants de 5-6 ans, élèves de grande section de maternelle, révèle que 12 % d’entre eux sont en surpoids et 3 % obèses. Elle souligne surtout les différences de comportement et de corpulence des enfants en fonction des catégories sociales auxquelles ils appartiennent. Les mécanismes à l’origine de certaines inégalités de santé se mettent en place très tôt...

D’après les enquêtes comparatives de 2000 à 2005, la prévalence du surpoids des jeunes enfants aurait légèrement diminué en cinq ans, passant de près de 14,5 % à 12 %. La prévalence de l’obésité, elle, se situerait autour de 3 % et aurait très peu évolué.

La surcharge pondérale à l’âge de 5-6 ans semble plus atteindre les filles (près de 14 %) que les garçons (10,5 %). Mais l’origine sociale paraît encore bien plus discriminante que le sexe. Car si 14 % des enfants d’ouvriers sont en surpoids et plus de 4 % obèses, on trouve seulement 8,5 % d’enfants en surpoids et un peu plus de 1 % d’enfants obèses dans les familles de cadres supérieurs. Les enfants des catégories sociales les moins favorisées ont presque 4 fois plus de risque d’être obèses que les enfants de cadres.

Avec plus de précision encore, les enquêteurs ont regardé l’indice de masse corporelle (IMC) des enfants scolarisés en zone d’éducation prioritaire (ZEP) et celui des enfants scolarisés à l’école publique hors ZEP. L’IMC est supérieur à la normale chez 16 % des premiers et seulement chez 12 % des seconds. Et l’on compte 5 % d’obèses chez les enfants des ZEP, contre environ 3 % chez les enfants scolarisés hors ZEP.

Pour expliquer au moins partiellement ces disparités, l’enquête pointe des différences de comportement en fonction des catégories sociales. Les enfants de cadres sont plus habitués à prendre un petit déjeuner tous les jours. Ils consomment davantage de fruits et de légumes. Ils jouent plus souvent à l’extérieur durant les temps de loisir, quand il n’y a pas d’école. Les enfants d’ouvriers sont deux fois plus nombreux (47 %) que les enfants de cadres (24 %) à passer au moins une heure par jour devant un écran. Et ils sont aussi deux fois plus nombreux (42 % contre 20 %) à consommer des boissons sucrées 4 fois par semaine. Quant au comportement des enfants obèses, ils jouent moins souvent en plein air et passent plus de temps devant les écrans que les autres enfants.

Autant d’observations qui ne rendent sans doute pas compte de toute la genèse des excès de poids, mais qui suggèrent en tout cas l’intérêt d’une intervention précoce et « ciblée ». Si l’on veut limiter l’épidémie d’obésité, mieux vaut s’y prendre de bonne heure ! (Nutrinews hebdo)

(Bulletin épidémiologique hebdomadaire - BEH, n° 8-9. Institut de veille sanitaire - INVS)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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