Obésité infantile : facteurs responsables de son évolution

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La prévalence de l’obésité a beaucoup augmenté chez l’enfant au cours des dernières décennies, atteignant des taux élevés dans de nombreux pays. Malgré une récente stabilisation, cette situation reste préoccupante car environ un enfant sur cinq est actuellement en surpoids ou obèse et parce que l’obésité infantile est un facteur prédictif d’obésité et de risques cardiovasculaires à l’âge adulte.

La nutrition a également beaucoup changé. En particulier la répartition des nutriments s’est modifiée, jouant certainement un rôle dans l’évolution de l’obésité. L’identification des périodes critiques du développement de la masse grasse devrait permettre de mieux comprendre l’origine de l’obésité et de mieux cibler les mesures de prévention.

Les études épidémiologiques réalisées aux cours des dernières années ont apporté de nouveaux éclairages sur les relations entre alimentation pendant l’enfance et santé future, en particulier concernant le rôle des nutriments sur le déroulement de la croissance et sur le risque d’obésité.

Prévalence du surpoids et de l’obésité

Après une augmentation importante de l’obésité depuis quelques décennies, des études récentes montrent que l’obésité infantile semble se stabiliser depuis le début des l’années 2000 dans différents pays dont la France (1,2), mais le problème reste important, puisqu’environ un enfant sur 5 présente un excès de poids.

Evolution dans différents pays

La prévalence de l’obésité varie en fonction des différentes définitions utilisées (3). La plupart des études utilisent la définition de l’International Obesity Task Force (IOTF) et plus récemment, les nouvelles définitions proposées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Des données de 9 pays (Australie, Chine, Angleterre, France, Pays-Bas, Nouvelle Zélande, Suède, Suisse et Etats Unis) rassemblant 467294 enfants âgés de 2 à 19 ans (2) ont permis de conclure à une stabilisation de la prévalence du surpoids et de l’obésité entre 1995 et 2008.

Selon la définition IOTF, la prévalence du surpoids pour l’ensemble des pays se maintenait autour de 22% pendant cette période. Cette revue rapporte des données d’autres études récentes en Russie, Groenland et Ecosse montrant des tendances similaires. En Suisse, la prévalence du surpoids incluant l’obésité baissait significativement entre 2002 et 2007. Aux Etats-Unis, pour la première fois, la «National Health and Nutrition Examination Survey » (NHANES) n’avait pas enregistré d’augmentation des prévalences d’IMC élevé chez l’enfant entre 2003-2004 et 2005-2006, cette stabilisation étant confirmée en 2010. Une étude Danoise récente (4) confirme la stabilisation entre 1998 et 2011, voir même une tendance à la baisse.

Evolution en France

Chez les enfants âgés de 5 à 12 ans, le pourcentage d’enfants en surpoids selon les références françaises, était de 6% à la fin des années 70, 10% au début des années 90 et 13% en 1996 (5). En 2000, soit avant le lancement du Programme National Nutrition Santé (PNNS) (6), une étude réalisée dans les écoles primaires avait montré que selon les références IOTF, la prévalence du surpoids chez les enfants de 7 à 9 ans était de 18,1%, et parmi eux 3,8% étaient obèses (5). Une nouvelle étude suivant un protocole identique a été menée en 2007 (7).

La comparaison des résultats des deux études a montré qu’il n’y avait pas de différence significative de prévalence du surpoids, de l’obésité et de la maigreur entre 2000 et 2007. Des données recueillies localement et dans des enquêtes nationales ont également montré des fréquences stables de surpoids et d’obésité au cours des années 2000. Il a même été montré une diminution chez les enfants de grande section de maternelle passant de 10,5% de surpoids en 1999-2000 à 9,1% en 2005-2006 et de 3,4 à 3,1% d’obésité pour les mêmes périodes (8).

La cohérence de ces différents résultats tend à démontrer la réalité de cette évolution favorable. Par ailleurs, des disparités importantes, en particulier entre classes sociales persistent (7).

Causes possibles de l’évolution du surpoids et de l’obésité

Evolution de l’alimentation

Une des principales raisons reconnues de l’augmentation de la prévalence de l’obésité concerne le bilan d’énergie. Cependant, parallèlement à l’augmentation de l’obésité, depuis quelques dizaines d’années les apports énergétiques diminuaient, en particulier en raison de la diminution des lipides et simultanément, la part des protéines augmentait (9). Cette évolution est retrouvée dans toutes les tranches d’âges. Chez des enfants anglais âgés de 1,5 à 2,5 ans les apports en énergie sont passés de 1264 à 1045 kcal/jour entre 1967 et 1993.

Dans le même temps les apports en lipides diminuaient (passant de 38,3 à 36,4%), et le pourcentage de protéines augmentait (passant de 12 à 13,6%). Chez des enfants français âgés de 10 ans, les apports en énergie passaient de 2326 à 2108 kcal/jour entre 1978 et 1995. Les apports en lipides passaient de 38,7 à 37 %, et le pourcentage de protéines augmentait (passant de 13,5 à 15,3 %).

La réduction des apports énergétiques peut s’expliquer par la diminution des dépenses d’énergie. En effet au cours des dernières années, on a relevé une augmentation des heures passées devant un écran. Toutefois cette explication paraît peu vraisemblable dans le cas des très jeunes enfants. Cette réduction des apports énergétiques pourrait être due à la modification de la répartition des nutriments et entre autres, à l’effet satiétogène des apports élevés en protéines ainsi qu’à la plus faible densité énergétique de l’alimentation due à la diminution des lipides.

Association entre la répartition des nutriments pendant l’enfance et risques futurs

Alors qu’à tout âge les apports en protéines sont élevés dans les pays industrialisés, cet excès est particulièrement remarquable chez les jeunes enfants dont l’alimentation est caractérisée par des apports très élevés en protéines et faibles en lipides. L'influence des apports alimentaires au début de la vie sur l'évolution de l'adiposité a été recherchée dans diverses études (10). Une étude longitudinale française sur l’alimentation, la nutrition et la croissance des enfants (étude ELANCE) a été réalisée auprès d’enfants recrutés dans les Centre de Bilans de Santé de l’Enfant de la région parisienne (11). Le but était de rechercher les facteurs associés à l’âge du rebond d’adiposité.

Les résultats ont montré que seule l’augmentation de la part d'énergie apportée par les protéines à 2 ans était associée à un rebond d’adiposité précoce, donc au risque de développer un surpoids ultérieurement. Des études (10) réalisées en Italie, en Islande ou en Allemagne ont également montré une relation entre apports protéiques élevés et augmentation de l’adiposité. Une étude anglaise n’a pas montré de relation, mais le suivi s’arrêtait à 5 ans. Une étude danoise a montré que des apports protéiques élevés au début de la vie étaient associés à une augmentation du poids et de la taille, mais pas de la corpulence.

Une autre étude réalisée au Danemark (12) a montré qu’un apport élevé en protéines était associé à une augmentation des facteurs de croissance IGF1 et à une croissance plus rapide. La relation entre apports protéiques et facteurs de croissance était connue dans un contexte d’apports faibles en protéines, mais ce qui était nouveau était que même dans un contexte d’enfants bien nourris, l’augmentation des protéines (en particulier provenant des laitages) pouvait avoir un effet stimulant sur la croissance. Cet effet qui est favorable dans un contexte de déficience, peut par contre avoir des conséquences néfastes si la croissance est trop rapide, car une croissance rapide peut favoriser le développement d’un surpoids et la survenue de maladies métaboliques (13).

Cette observation confirmait l’hypothèse du rôle possible d’un excès de protéines sur la croissance des enfants obèses (11). En effet, les caractéristiques des enfants obèses ne se limitent pas à un excès de masse grasse. Ils ont une croissance plus rapide, une taille plus élevée et plus de masse maigre (14). Leur croissance accélérée et le développement excessif de leur tissu adipeux pourraient être liés à une augmentation des facteurs de croissance impliqués dans la multiplication des adipocytes (15) et des autres tissus corporels.

L’étude ELANCE qui avait permis de montrer une relation entre apports excessifs en protéines et risque de surpoids à 8 ans (11), a été poursuivie jusqu’à l’âge adulte (16). Ce suivi à long terme a montré une relation négative entre apports lipidiques à 2 ans et masse grasse (au niveau du tronc) à 20 ans ainsi qu’une augmentation de la leptine. Ces résultats suggèrent qu’une faible consommation initiale de lipides pourrait diminuer les taux de leptine au début de la vie programmant une compensation métabolique (17) ou affectant les structures neurales (18). Ces adaptations pourraient favoriser au cours des années, une résistance à la leptine et l’installation d’une obésité. Notons que dans les études publiées précédemment, il n’était généralement pas montré de relations entre apports élevés en lipides au début de la vie et risque de développer une obésité ultérieurement (19).

Déséquilibre des apports en nutriment chez le jeune enfant

Les résultats de l’étude ELANCE publiés en 1995 (11) avaient attiré l’attention sur les apports nutritionnels déséquilibrés relevés chez les jeunes enfants dans les pays industrialisés. Vers l’âge de 1 an, les apports moyens en lipides étaient faibles (environ 28% des apports énergétiques totaux) alors que les apports moyens en protéines étaient élevés (environ 16%) (10). Ils correspondent à des apports en protéines de 4g/kg de poids corporel/jour, ce qui représente environ 4 fois les besoins.

Les apports élevés en protéines, proviennent de la consommation importante de produits d’origine animale. Chez les jeunes enfants, ils proviennent en particulier des laitages. L’utilisation des laitages souvent réduits en graisse n’a pas pour seule conséquence une diminution des lipides. Ils contiennent aussi des taux élevés de protéines. En effet, le lait entier apporte 20% d’énergie sous forme de protéines, le lait demi écrémé en apporte 28%, et le lait écrémé 39%, alors que le lait maternel n’en apporte que 6%. Une consommation élevée de laitages chez les plus jeunes peut expliquer leurs apports particulièrement élevés en protéines. En effet, des données de l’étude INCA1 (20) rapportées dans un rapport de l’Afssa (21), montrent qu’aucun jeune enfant n’a d’apports insuffisants en protéines, seulement 8% ont des apports satisfaisants et 92% ont des apports excessifs. Par contre, chez les 11-14 ans, 70% d’entre eux ont des apports satisfaisants et 28% ont des apports excessifs.

Les taux de lipides très faibles chez les jeunes enfants (<30%) s’expliquent non seulement par l’usage de laitages allégés, mais aussi par une faible consommation de graisses d’assaisonnement (beurre et huile). Des taux faibles de lipides au début de la vie pourront augmenter la susceptibilité à développer un surpoids lorsque plus tard, l’alimentation sera plus riche en lipides (« mismatch ») puisque ceux-ci atteignent près de 40% en moyenne à l’âge adulte. Les apports en lipides devraient inversement être élevés au début de la vie et diminuer ensuite.

Le déséquilibre au début de la vie est remarquable si l’on considère que le lait maternel apporte 52% d’énergie provenant des lipides et que les recommandations officielles proposent des consommations élevées de lipides chez les jeunes enfants (22,23). La plupart des recommandations sont de ne pas restreindre les lipides les 3 premières années de vie (22). En France les apports recommandés en lipides chez les enfants sont de 45 à 50 % des apports énergétiques jusqu’à l’âge de 3 ans (23), très éloignés des consommations réelles.

Ces apports en lipides sont nécessaires pour répondre aux besoins très élevés en énergie des jeunes enfants et pour le développement de leur système nerveux (22,24). L’effet protecteur de l’allaitement maternel relevé dans de nombreuses études (24) pourrait en partie s’expliquer par sa composition en macronutriments (faible teneur en protéines, teneur élevée en lipides).

Une évolution récente vers des apports moins riches en protéines et plus élevés en lipides chez les jeunes enfants (26), donc plus conformes à la composition du lait maternelle, pourrait avoir des répercutions favorables sur la santé des futurs adultes. Cette évolution pourrait avoir contribué à la récente stabilisation de l’obésité observée depuis quelques années (26).

Conclusion

Malgré une stabilisation apparue à partir des années 2000, la situation reste préoccupante, puisqu’environ un enfant sur cinq en France est en surpoids ou obèse augmentant le risque de développer des problèmes de santé à l’âge adulte. Les résultats convergents d’une stabilisation, en France comme dans de nombreux pays, sont encourageants.

Plusieurs explications ont été évoquées dont les programmes de prévention mis en place dans de nombreux pays. Le déséquilibre des nutriments au début de la vie pourrait aussi avoir joué un rôle dans l’épidémie d’obésité et dans l’augmentation des maladies métaboliques. Le lait maternel riche en lipides et contenant peu de protéines est l’aliment idéal du jeune enfant. Il est essentiel de proposer une alimentation adaptée aux besoins spécifiques à chaque âge de la vie. C’est ce que préconisent les recommandations officielles, mais celles-ci sont généralement peu suivies.

Références

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  7. Salanave B, Peneau S, Rolland-Cachera MF, Hercberg S, Castetbon K. Stabilization of overweight prevalence in French children between 2000 and 2007. Int J Pediatr Obes. 2009;4(2):66-72.
  8. Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. http://www.sante.gouv.fr/l-etat-de-sante-de-la-population-en-france-rapport-2011.html (accès 30 Août 2013)
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  26. Rolland-Cachera MF, Péneau S. Stabilization in the prevalence of childhood obesity: a role for early nutrition? Int J Obes (Lond). 2010 ; 34:1524-5.

(Par Marie Françoise Rolland-Cachera et Sandrine Péneau, Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (Uren), Inserm – Inra – Cnam – Université Paris 13,bobigny - 5èmes Ateliers du Poids et de la Nutrition de Brides-les-bains du 28 septembre 2013)

SOURCE : Thermes de Brides-les-Bains

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