Obésité infantile et publicités télévisées : l'UFC-Que Choisir réclame une loi de prévention pour mettre fin au « harcèlement alimentaire » des enfants

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Un an après la publication de son enquête sur le rôle de la publicité télévisée dans l'obésité infantile, l'UFC-Que Choisir démontre, étude à l'appui, que le harcèlement alimentaire des enfants à la télévision ne faiblit pas ! En un an, alors que la France comptabilise 330 000 personnes obèses supplémentaires, rien n'a changé sur les écrans : la publicité gave toujours autant le jeune public de produits trop gras ou trop sucrés !

« Obesipub.org : HALTE au HARCELEMENT ALIMENTAIRE de nos enfants ! » L’enquête annuelle de l’UFC-Que Choisir sur le contenu des spots publicitaires, diffusés lors des programmes pour enfants, est accablante. Sur les 1039 publicités analysées, 87 % des publicités diffusées lors des programmes pour enfants portent sur des produits très gras ou sucrés : yaourts, crèmes desserts et céréales dans leurs versions les plus sucrées, glaces, confiseries, gâteaux, etc. en contradiction complète avec les recommandations des nutritionnistes ! L’absence de progrès notable (en 2006, 89 % des spots portaient sur des produits gras ou sucrés) montre que les annonces de l’industrie au cours de ces douze derniers mois, n’étaient que des engagements en trompe-l’oeil.

En concentrant sa communication publicitaire sur des produits manifestement déséquilibrés, l’industrie agroalimentaire participe, aux côtés des cantines défaillantes et des rayons déséquilibrés des grandes surfaces, à l’augmentation alarmante de l’obésité infantile. Quant aux pouvoirs publics, en refusant de se saisir de ces dossiers, ils acceptent qu’avec une augmentation annuelle de 5,7 %, la France prenne la voie des Etats-Unis où 66 % des personnes sont en surpoids ou obèses.

Chiffres clés :

fleche_2.gif 87 % des publicités à destination des enfants portent sur des produits trop riches en graisse, sucre ou sel.

fleche_2.gif 60 % des enfants regardent la télévision en rentrant de l’école.

fleche_2.gif 77 % des enfants préfèrent les céréales promues à la télévision plutôt que celles ne bénéficiant d’aucune publicité.

fleche_2.gif 84 % des parents achètent les céréales promues à la télévision dès lors que leur enfant les réclame.

fleche_2.gif 71 % des parents estiment que leur enfant est influencé par la publicité dans ses préférences alimentaires.

Aux côtés des autres associations concernées par la problématique de l’obésité infantile (AFD, ANDRM, CCC, FCPE, PEEP, ), l’UFC-Que Choisir demande donc aux parlementaires de voter une loi interdisant la diffusion des publicités pour les produits les plus gras et les plus sucrés, lors des programmes pour enfants.

Pour être efficace, cette mesure doit aussi s’inscrire dans le cadre d’une politique globale de prévention de l’obésité infantile, s’attaquant à l’ensemble des facteurs identifiés. L’UFC-Que Choisir propose notamment d’instaurer une TVA sociétale alimentaire en appliquant un taux de TVA majoré à 19,6 % aux produits les plus riches en matières grasses, sucre ou sel, pour inciter les consommateurs à se reporter sur des produits plus sains, bénéficiant d’un taux de TVA minoré. Par ailleurs, les critères nutritionnels applicables aux cantines scolaires doivent devenir obligatoires.

L’UFC-Que Choisir refuse de laisser la pandémie progresser sans réagir et appelle les députés à prendre leurs responsabilités. A cet effet, l’UFC-Que Choisir part en campagne :

  • Sur Internet, avec le site www.obesipub.org où les internautes peuvent demander directement aux parlementaires en leur écrivant un courriel d’agir pour que la télévision arrête de faire avaler n’importe quoi à nos enfants, dénoncer le laxisme des annonceurs et pour leur demander d’encadrer par la loi la publicité à destination des enfants.

  • Sur le terrain, où ses associations locales vont organiser en octobre et en novembre des conférences-débats pour sensibiliser l’opinion publique et les élus.

Les demandes de l’UFC-Que Choisir pour une Loi de prévention de l’obésité infantile

Pour juguler le marketing à destination des enfants
  • Interdire les publicités télévisées pour les produits déséquilibrés : lors des programmes visionnés par les enfants (notion devant inclure les tranches horaires où une majorité d’enfants regarde la télévision en l’absence de leurs parents), les produits concernés devant être définis sur la base des profils nutritionnels développés par l’Afssa et l’Aesa.

  • Encadrer la présentation en rayon des produits alimentaires : en interdisant les produits de confiseries au niveau des caisses et en tête de gondoles.

Pour dynamiser la consommation de produits équilibrés

  • Instaurer une TVA sociétale alimentaire : pour inciter à consommer plus de fruits et légumes en leur appliquant un taux de TVA réduit de 2,1 %. Pour inciter à limiter la consommation des produits les plus riches, le taux de TVA normal de 19,6 % serait appliqué aux produits riches en matières grasses, sucre ou sel.

  • Relancer la consommation de fruits et de légumes : en soutenant la recherche publique et les transferts technologiques en faveur de la filière des fruits et légumes, et en conférant aux publicités pour ces produits le statut d’intérêt général (réduction de 50% du coût d’achat d’espaces).

  • Développer des produits moins gras et moins sucrés : en accordant des soutiens technologiques aux efforts des PME (Petites et Moyennes Entreprises) conformes aux axes prioritaires du PNNS.

  • Apprendre au public les repères du PNNS (Programme National Nutrition Santé) : en exonérant l’INPES (Institut national de Prévention et d’Education Sanitaire) du prix d’achat d’espace publicitaire.

Pour une restauration scolaire de qualité... nutritionnelle

  • Des critères nutritionnels obligatoires :

    • En donnant par la loi un caractère obligatoire aux recommandations nutritionnelles de la circulaire de l’Education nationale du 25 juin 2001 sur la restauration scolaire.

  • Des moyens matériels et humains supplémentaires :

    • Des budgets décents pour les cantines : devant être définis sous la responsabilité de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (Afssa).
    • Du personnel formé à l’achat des aliments : en créant une fonction spécifique dédiée à l’achat des produits alimentaires.
    • Assurer la présence de professionnels de la nutrition dans les établissements.

Pour en savoir plus :

(Communiqué et Prise de position UFC-Que Choisir du 18/09/2007, Obesipub.org)

SOURCE : UFC-Que Choisir

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