Obésité : importance de l'activité physique

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Le traitement de l'obésité nécessite une prise en charge pluridisciplinaire. L'activité physique en fait partie et doit être adaptée individuellement à chaque patient.

« Obésité: importance de l’activité physique » - Crédit photo : www.jle.com Au sein de la population belge, 44 % des individus affichent actuellement un excès de poids et un enfant sur 7 souffre d’obésité. Sa prévalence élevée et son caractère épidémique, ses maladies associées (diabètes de type 2, maladies cardiovasculaires, hypertension, certains cancers, arthrose...) et ses traitements coûteux font de cette pathologie un problème majeur de santé publique qui oblige à penser des stratégies de prévention et de prise en charge.

En pratique

L’activité physique ne contribue pas seulement à augmenter la dépense énergétique et la perte de graisses. Elle protège aussi l’individu contre la perte de masse maigre (muscles, eau, os...), améliore les fonctions cardiaque et respiratoire, réduit les risques cardiométaboliques liés à l’obésité et accroît le bien-être. Les entraînements physiques aérobiques contribuent à l’amélioration du transfert d’oxygène vers les muscles, permettant ainsi d’augmenter l’utilisation du stock de graisses au lieu des réserves de glycogène.

Un exercice physique d’intensité modérée, d’une durée de 30 minutes pendant cinq jours par semaine, est vivement recommandé. Cette activité physique pratiquée pendant un mois représente un déficit énergique qui pourrait contribuer à la perte de masse d’un demi kilogramme. Plusieurs études réalisées chez l’enfant obèse ont montré que 40 minutes d’activité modérée à intense pendant 3 à 5 jours par semaine sont requises pour améliorer la fonction vasculaire et pour réduire la pression artérielle.

Pour optimaliser la perte de poids, la durée de l’exercice devrait être portée à 60 minutes pendant cinq jours par semaine. Mais le plus important est que les patients doivent se sentir concernés par un projet et que celui-ci doit être réaliste. L’obésité est souvent le résultat d’une perte habituelle d’activité physique journalière. Des activités telles que la marche ou le cyclisme doivent être encouragées.

Régulière et adaptée

L’engagement à pratiquer une activité physique dans une optique de perte de poids est positivement lié au niveau d’éducation du patient. Il est inversement associé à une comorbidité sérieuse, à l’âge et au degré du surpoids. Par exemple, aux patients souffrant d’une arthrite sévère et ayant des problèmes de mobilité, il est recommandé de pratiquer l’exercice physique dans de l’eau tiède. Une activité phy-sique intense qui pourrait endommager les articulations doit être évitée.

Des exercices physiques puissants n’augmentent pas l’oxydation des lipides mais doivent être utilisés spécialement chez les individus à mobilité réduite dans le but de protéger leur masse corporelle maigre et d’améliorer les risques sanitaires. La pratique de n’importe quelle activité physique, pourvu qu’elle soit régulière, représente un facteur important dans le maintien à long terme de la perte de poids.

Avec une certaine surprise, l’association de l’exercice physique à des conseils diététiques ne soulage pas les effets du syndrome métabolique chez les hommes obèses par rapport à la diététique seule.

Références

  • D’après une conférence de presse organisée par la BOLD (Association belges de patients obèses (Bruxelles, 20 mai 2008): excès de poids et obésité, les idées reçues à combattre
  • Hainer V, Toplak H, Mitrakou A. Treatment modalities of obesity: what fits whom? Diabetes Care. 2008; 31: S269 - 77
  • Torrance B, McGuire KA, Lewanczuk R et al. Overweight, physical activity and high blood pressure in children: a review of the literature. Vascular Health and Risk Management 2007; 3: 139 - 149

(" HEALTH & FOOD " n°90 - Septembre 2008)

SOURCE : Health and Food

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