Obésité : haro sur le dépanneur (épicerie de quartier) du coin

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Le taux d'obésité augmente chez les enfants s'ils habitent à proximité d'un dépanneur (*). Tel est le sens d'une recherche dévoilée aux Entretiens Jacques-Cartier, réalisée par Tracie Ann Barnett, chercheuse adjointe au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal.

« Obésité : haro sur le dépanneur (épicerie de quartier) du coin » - Crédit photo : www.firstcorp.ca « Plus le dépanneur est éloigné, moins les enfants sont obèses », résume Mme Barnett. Cette « protection » vaut autant pour la surcharge pondérale que pour le tour de taille ou le gras corporel central. « L'accès aux dépanneurs semble jouer un rôle, contrairement aux restaurants rapides », dit Mme Barnett.

Les résultats de l'étude sont préliminaires, mais déjà ils font ressortir un lien clair entre la proximité du dépanneur et l'obésité chez les enfants de 8 à 10 ans. Peut-être étrangement, la présence de comptoirs de restauration rapide ou, à l'inverse, d'espaces verts accessibles ne semble avoir que peu d'influence sur le tour de taille des enfants.

L'étude s'est penchée sur les caractéristiques sociales du voisinage et l'excès de poids chez les jeunes. Elle porte le nom de QUALITY et le groupe de chercheurs principaux est composé de Marie Lambert, médecin au CHU Sainte-Justine et professeure au Département de pédiatrie, Jennifer O'Loughlin, professeure au Département de médecine sociale et préventive, et Angelo Tremblay, de l'Université Laval. La recherche aborde l'histoire naturelle de l'obésité chez des enfants âgés de 8 à 10 ans au début de l'étude et dont un des parents est obèse. Les enfants ont été recrutés au printemps 2005 et 632 familles montréalaises participent à l'étude. Quarante-deux pour cent de ces enfants présentent un surplus de poids et 22 % (plus de la moitié) sont carrément obèses. Les sujets viennent de quartiers divers et les revenus moyens des quartiers où résident les familles oscillent entre 31 000 $ et 141 000 $.

Les Espaces verts favorisant la marche

Les chercheurs ont pris en compte de nombreuses données, incluant l'accès à des infrastructures de loisir et à des espaces verts relativement près du domicile familial. L'accès aux parcs et aux espaces verts semble avoir un effet sur la marche chez les jeunes, mais l'incidence sur le poids n'est pas encore apparente; les familles seront suivies et il reste à voir si une exposition prolongée à des environnements favorables à la marche pourrait avoir des répercussions sur le poids de l'enfant.

Une question se pose ici: les dépanneurs sont-ils plus nombreux que les espaces verts dans les quartiers défavorisés? Quoi qu'il en soit, 50 % des enfants demeurent à moins de 800 m d'un dépanneur.

Mais Mme Barnett s'interroge aussi sur la présence de dépanneurs autour des écoles et elle se demande s'il ne serait pas approprié de désigner une zone protégée autour des établissements scolaires. Ou, à tout le moins, elle aimerait que les écoles offrent des solutions alléchantes aux services de restauration rapide. Elle cite en exemple le CHU Sainte-Justine, où l'on peut trouver dans les machines distributrices des aliments «typiques» de ces appareils, mais aussi des collations ou grignotines santé, notamment dans le hall d'entrée.

(*) Petite épicerie de quartier où l’on ne vend ni viandes, ni fruits et légumes, sauf sous forme de plats préparés.

(P.D.R - Université de Montréal - Journal FORUM du 14 décembre 2009)

Source : Université de Montréal (@UdeM)

SOURCE : Université de Montréal

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