Obésité : et si la flore digestive jouait un rôle ?

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La flore de l'intestin intervient dans le fonctionnement du corps à tel point qu'on la considère comme un organe à part entière. D'après des travaux récents, elle a peut-être une place dans les mécanismes qui conduisent à l'obésité. D'où un espoir pour demain : améliorer la composition de la flore pour éviter le surpoids...

« Obésité : et si la flore digestive jouait un rôle ? » - Crédit Photo : © Minister of Public Works and Government Services Canada 2002 La flore intestinale est constituée de micro-organismes vivants qui ont des effets positifs sur la santé. Certains de ses composants, les lactobacilles et les bifidobactéries, ont un rôle bénéfique. Ils favorisent la maturation et l’intégrité de l’intestin. Ils aident à lutter contre les agressions microbiennes. Ils renforcent l’immunité, au niveau de l’intestin et de l’organisme tout entier. D’où le recours à des apports alimentaires de bactéries lactiques, comme celles des laits fermentés et des yaourts, pour renforcer la flore digestive et lutter par exemple contre certaines diarrhées...

Cette flore exerçant ses effets dans l’intestin, site d’absorption des nutriments, on a pu penser que sa composition pouvait jouer un rôle, pour ou contre l’apparition de certaines maladies. Des chercheurs se sont ainsi intéressés à des anomalies que l’on regroupe sous le terme de « syndrome métabolique » lorsqu’elles s’ajoutent les unes aux autres : surpoids, excès de graisses ou de sucres dans le sang, hypertension artérielle, etc...

D’après certains travaux, les sujets maigres et les sujets obèses n’auraient pas la même composition de leur flore digestive. Les régimes trop riches en graisses auraient la particularité de diminuer le nombre de certaines bifidobactéries dans l’intestin et d’augmenter le nombre d’autres bactéries qui favorisent le stockage des graisses et des sucres dans le sang. Le stockage pourrait être sous le contrôle d’un facteur qui lui-même dépend de la flore digestive...

Les recherches portent donc évidemment sur les manières de modifier cette flore. Des expériences menées sur l’animal montrent que des antibiotiques sont susceptibles de changer la composition de la flore digestive : avec comme conséquences une diminution des taux de sucre sanguins, une limitation de la prise de poids et du développement du tissu adipeux... Beaucoup de travaux - et d’espoirs - portent aujourd’hui sur des moyens plus naturels : les bactéries lactiques et leur capacité à renforcer la flore digestive. Les yaourts, pourraient-ils un jour faire figure d’aliments anti-diabète ou anti-obésité ? Déjà, les produits laitiers sont crédités d’un rôle favorable dans le contrôle du poids : l’explication ne passerait pas seulement par le calcium qu’ils apportent, mais par plusieurs autres composants du lait...

(Health and Food n° 93. www.healthandfood.be)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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