Nutrition et solitude du sujet âgé : le lien

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En France, la dénutrition touche 350 000 à 500 000 personnes âgées vivant au domicile. L'objectif de l'étude SOLINUT, réalisée dans le bassin de Valence, était de déterminer les relations entre solitude et statut nutritionnel chez ces personnes à haut risque de malnutrition en vue d'améliorer leur dépistage et leur prise en charge.

Une enquête a été menée entre mars 2002 et mai 2003 auprès de 150 sujets (40 hommes et 110 femmes), d'âge moyen 80,8 ans et vivant seuls : 87 se plaignent de leur solitude, d'autant plus si leur isolement est associé à une mobilité difficile. L'IMC moyen (24,4) n'apparaît pas défavorable pour des personnes de plus de 70 ans, mais les écarts sont grands (15,6 à 35,4). Pour les repas, 70 % sont capables de se les préparer seuls, 85 % en font trois par jour, et 6,7 % prennent une collation ; divers régimes sont suivis, y compris amaigrissants, et 32 % des sujets ne partagent jamais leur repas en famille ou avec des amis.

Les principaux micronutriments déficitaires sont la vitamine C, les folates et les antioxydants. En ce qui concerne le risque de dénutrition, 42,7 % des sujets, dont 76,5 % de femmes, ont un apport alimentaire inférieur à 25 kcal/kg/j, seuil de dépistage de la dénutrition de la personne âgée, et, pour 21,3 % des sujets, cet apport est inférieur à 20 kcal/kg/j (dénutrition avérée), ce qui représente un pourcentage plus élevé que celui retrouvé dans les populations âgées non isolées (4 % pour l'étude Euronut Seneca). Les auteurs rappellent donc l'importance d'un dépistage en amont afin de prévenir dénutrition et sédentarité chez les personnes âgées isolées en passe de devenir des « exclus-reclus ».

Référence :

  • Ferry M, et al. Age & Nutrition 2005 ; 16(2) : 60-9.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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