Nutrition et santé : quelles sont les priorités des femmes ?

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Près de 10 000 participants de France, d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne et du Royaume-Uni ont répondu à la grande enquête internationale d’aufeminin.com (*). Près de 98 % des participants à ce grand sondage sont... des femmes qui s’intéressent davantage que les hommes aux questions de santé. Elles sont aussi plus préoccupées par leur ligne. Enfin, au quotidien, elles s’investissent généralement plus dans la cuisine : des courses... aux fourneaux. Décryptage par le professeur Serge Hercberg, directeur de recherche à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Jusqu’à consulter un expert en nutrition

Cette thématique sur la nutrition et l’alimentation saine intéresse donc beaucoup de femmes, qui vont souvent jusqu’à consulter des experts. D’après l’enquête, 41 % des femmes ont déjà consulté un nutritionniste ou un diététicien.

Les répondants à cette grande enquête sont donc des personnes particulièrement intéressées par des questions concernant la nutrition et réceptives aux recommandations générales. Ci-après les résultats décryptés.

Manger, quel plaisir... Mais sans grossir !

Pour plus de 1 répondant sur 2, manger est avant tout “un plaisir”, et non pas un besoin, ni une prise de tête ! Mais une dualité apparaît lorsque l’on compare ce résultat à la préoccupation principale au moment de se nourrir : 32 % des participants ont répondu “ne pas grossir”. Se faire plaisir donc, mais tout en gardant la ligne !

Le Pr Serge Hercberg, directeur de recherche à l’INSERM, explique ce paradoxe par la « pollution qui existe maintenant dans les relations entre l’alimentation et l’obsession du poids, le culte de l’image de la minceur ».

Ce culte de l’image intervient quand chacun se retrouve devant son assiette. La peur de grossir est même plus importante que l’entretien de la santé (26 %).

Le retour au « fait maison »

Si les répondants à l’enquête avaient plus de temps, 74 % d’entre eux feraient de la cuisine maison une priorité. La cuisine devient aujourd’hui une valeur d’intérêt, et comme le rappelle le Pr Hercberg : « Pour les femmes, dans l’Histoire, faire la cuisine a souvent été le symbole des tâches ménagères, mais on voit qu’aujourd’hui, même si les gens se sentent limités par leur mode de vie, ils y attachent une grande importance. »

Après l’ère de l’alimentation industrielle qui s’est fortement développée au 20e siècle, on assiste aujourd’hui à une évolution vers le fait maison. Les succès des émissions de télévision où l’on filme chacun ou chacune dans sa cuisine ainsi que les très nombreux échanges de recettes entre internautes en sont des preuves...

Plus de 8 femmes sur 10 font attention à la provenance des aliments

Cuisiner « at home » permet en effet de contrôler davantage ce que l’on mange. Plus de 80 % des répondants déclarent d’ailleurs faire attention à la provenance des aliments, et près de 90 % à leur composition. C’est donc un véritable intérêt dont chacun fait preuve dans le choix de sa nourriture. Si le bio attire 62 % des répondants, on peut tout de même souligner un certain recul sur le sujet avec, comme l’explique le Pr Hercberg « la conscience que le bio n’est pas un vaccin ». En effet, 57 % des participants estiment que “ce n’est pas parce qu’un produit est bio qu’il est forcément bon”...

À la recherche d’informations fiables

Il apparaît clairement, à travers les résultats de cette enquête, que la population de répondants est sensible et vigilante aux questions concernant la nutrition, 87 % se considérant d’ailleurs “bien informés des règles nutritionnelles”. Et pour ce qui est de la source privilégiée d’informations, c’est sans surprise Internet qui arrive en tête avec 75 % des voix, devant les médecins ou les diététiciens. Mais le Pr Hercberg met un bémol : « Si Internet est devenu une source majeure pour l’information, elle n’est pas forcément perçue comme la plus crédible. »

Plus de réglementations pour les pubs destinées aux enfants

Lorsqu’il s’agit de la publicité de produits alimentaires destinés aux enfants, 82 % des répondants sont favorables à une régulation du marketing ciblé. Comme l’indique le Pr Hercberg, « les gens sont sensibles aux messages des autorités de santé publique, mais sont aussi conscients des pressions publicitaires imposées aux enfants, qui ne vont pas forcément dans le sens de ces recommandations ». Régulièrement, des nutritionnistes protestent contre les innombrables publicités qui s’intercalent entre les programmes pour la jeunesse. Bien sûr, l’objectif premier est de lutter contre l’obésité dès le plus jeune âge, mais aussi de favoriser une alimentation saine.

Un soupçon de culpabilité...

Malgré tout, seulement 1 personne sur 3 considère « bien manger ». Pour les autres, c’est « peut mieux faire » ! Comme le dit le Pr Hercberg : « L’information est indispensable mais il faut être capable de la mettre en pratique. C’est là que les modes de vie, l’accessibilité, les possibilités, doivent être à la hauteur de l’information : comment transformer l’information en réalité pour qu’on améliore vraiment ses apports et donc son état de santé ? » C’est là que l’aide des professionnels peut intervenir. D’ailleurs, d’après les réponses, nombreux sont ceux à avoir consulté un nutritionniste ou une diététicienne.

C’était mieux avant...

Les participants à l’enquête sont également 70 % à penser que “l’on s’alimente moins bien aujourd’hui qu’il y a quelques années”. Une nostalgie qui n’étonne pas le Pr Hercberg : « Toutes les générations disent la même chose. Même des textes du 18e siècle expriment cette idée ! On a toujours l’impression que l’alimentation d’autrefois était meilleure que celle d’aujourd’hui. » À méditer...

L’alimentation à l’étranger

En Europe, même si les résultats de l’enquête sont plus ou moins semblables à ceux de la France, quelques particularités subsistent :

  • En Allemagne, l’engouement pour les produits bio est fort : 74 % en consomment, et pourtant le système des “paniers bio” n’est pas très répandu : 64 % ne connaissent pas ce principe.
  • En Angleterre, malgré la prévalence importante du surpoids et de l’obésité dans la population, 69 % des répondants n’ont jamais consulté un nutritionniste ou un diététicien.

(*) Enquête réalisée du 14 au 27 février 2011 simultanément en France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne (5141 répondants en France, 2311 en Italie, 1028 en Espagne, 194 au Royaume-Uni, 1036 en Allemagne).

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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