Nutrition et précarité : un outil d'intervention

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Mettre en place des actions sur l'alimentation auprès des publics en situation de précarité est l'objectif du classeur « Alimentation atout prix », un outil de formation et d'intervention conçu pour les professionnels et les bénévoles qui interviennent auprès des personnes les plus démunies.

Créé en 1997, épuisé malgré une réédition en 2001, le classeur Alimentation atout prix vient d'être réactualisé en prenant en compte les objectifs du Programme national nutrition-santé.

Le groupe de travail en charge de la réactualisation du classeur a rassemblé, outre l'Inpes et le Centre de recherche et d'information nutritionnelles (Cerin), à l'origine du document initial, des membres de la Direction générale de la santé, de l'Inserm, des conseillères en économie sociale et familiale, des spécialistes de la nutrition et de l'éducation pour la santé. La rédaction du classeur a été guidée par le souci de s'adapter à la réalité du terrain, notamment aux habitudes alimentaires et aux difficultés des personnes en situation de précarité socio-économique.

Carences et obésité

Le recours aux produits bon marché considérés comme nourrissants, riches en graisses et en sucres, expose tout spécialement les publics en difficulté à des carences et au surpoids. Réduire la fréquence de la dénutrition, des déficiences vitaminiques et minérales et l'obésité chez les personnes démunies constitue un objectif du Programme national nutrition-santé.

Le classeur Alimentation atout prix a donc été adapté en conséquence. Il insiste davantage sur la consommation de fruits et de légumes (au moins cinq par jour), l'importance de l'activité physique, la courbe des repères de consommation de chaque famille d'aliments et enfin l'allaitement maternel, qui fait l'objet d'une attention particulière.

Prendre un repas n'est pas seulement une réponse à un besoin. C'est aussi un moment de convivialité. En raison des difficultés qu'elles rencontrent, les personnes en situation de précarité socio-économique n'associent plus l'alimentation à la notion de plaisir ni de partage. Leur redonner le goût de manger ou de préparer un vrai repas fait donc partie des objectifs poursuivis par les auteurs du classeur.

Acheter, préparer, manger

Au début du classeur, un préalable éthique permet de tenir compte des références culturelles des personnes précarisées dans une démarche d'éducation nutritionnelle. Cet éclairage favorise la compréhension des comportements et donc la mise en place d'actions appropriées. Les trois grandes parties du classeur (Acheter, Préparer, Manger) sont construites à partir de fiches : elles permettent de faire émerger des attitudes et des représentations, d'apporter des explications et des informations, d'effectuer des exercices (mises en situation, recherche de solutions...). Une série de transparents en couleur, proposée à l'animateur en appui des séances éducatives, renforce la valeur pédagogique du classeur.

Cet outil de 164 pages est disponible en format électronique sur le site de l'Inpes. Il fera l'objet d'une diffusion ciblée auprès des professionnels concernés et pourra également être commandé à l'Inpes.

SOURCE : INPES

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