Nutrition et maladie d'Alzheimer

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L'insuffisance d'apports alimentaires que ce soit en macronutriments, source d'énergie, ou en micronutriments (vitamines et oligo-éléments) aggrave toutes les pathologies. Cette situation est fréquente et grave en gériatrie. Il est donc important, voire même indispensable, de surveiller l'état nutritionnel des personnes âgées que nous avons en charge et ce de façon régulière.

« Nutrition et maladie d’Alzheimer » - Crédits photo : www.ahaf.org La maladie d’Alzheimer n’échappe pas à cette règle et, depuis quelques années, l’accent est mis sur le rôle des dénutritions dans la survenue et l’évolution de cette pathologie qui envahit non seulement les services gériatriques mais aussi notre pratique quotidienne de médecin traitant.

Notre compréhension du rôle de la nutrition dans l’évolution de cette pathologie avance, même si encore aujourd’hui nous ne pouvons pas proposer de guide thérapeutique dans ce domaine pour ralentir l’évolution de cette pathologie chronique.

L’impact des carences en vitamines B6, B9 et B12, carences facilement diagnostiquées par le dosage de l’homocystéine, est de plus en plus clair et ce à un stade très précoce de la maladie. La surveillance de ces apports dans l’alimentation des aînés et leur correction par des conseils alimentaires, sont donc aujourd’hui des éléments importants du maintien de leur santé mentale. Il faut considérer que la prévention est devenue la pierre angulaire de la médecine des personnes vieillissantes.

Regarder régulièrement s’ils mangent et boivent de façon suffisante et équilibrée est une tâche que nous devons intégrer dans notre prise en charge et ce à tous les stades de l’évolution de cette maladie. Cette surveillance ne doit plus se limiter au patient lui-même mais aussi à son entourage, notamment envers l’aidant principal. Chez lui, le burn-out se traduit souvent par une négligence de lui-même que reflète précocement son état nutritionnel. A ce stade, il ne s’occupe plus de l’aidé comme celui-ci en aurait besoin et cela entraîne une dégradation de l’état de santé et de l’aidant et de l’aidé. C’est en amont, notamment en surveillant l’état nutritionnel des deux et en intervenant alors précocement pour modifier les conditions de prises en charge, que nous pouvons être le plus utile.

(Pr Bruno LESOURD, Service de Gérontologie Clinique, Hôpital Nord du CHU de Clermont-Ferrand, Nutrizoom n°26 - Septembre 2007)

SOURCE : Nestlé-Nutripro

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