Nature des acides gras alimentaires et développement de la masse adipeuse

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Les tissus adipeux brun et blanc assurent des fonctions physiologiques majeures. Le tissu adipeux blanc est nécessaire mais son développement excessif entraîne des dysfonctionnements groupés sous le terme de « syndrome métabolique » (diabète gras, dyslipémies, hypertension...) qui conduisent à une augmentation des risques cardio-vasculaires. Plusieurs études indiquent qu'un excès de masse adipeuse à un âge précoce est prédictif d'une obésité ultérieure, d'où l'importance de la prévention.

« Nature des acides gras alimentaires et développement de la masse adipeuse » - Crédit photo : www.schizodoxe.com Les lipides alimentaires sont majoritairement constitués d’acides gras dont la disponibilité en fonction de l’évolution de l’offre alimentaire a beaucoup varié au cours des dernières décennies ; la nature de ces changements à longtemps était ignorée mais pose problème. De façon générale, face à une alimentation pléthorique (en fait riche en lipides) comme face à une sédentarité accrue, l’organisme stocke l’excédent d’énergie dans les cellules adipeuses ou adipocytes.

Le premier événement d’importance tient au fait que, une fois formés, les adipocytes restent présents dans l’organisme. Les traitements non-invasifs de l’obésité (modification du régime alimentaire et/ou de l’hygiène de vie, médicaments) n’affectent que le contenu en lipides des adipocytes, phénomène hélas réversible en cas d’arrêt du traitement ! Le second événement d’importance réside dans le fait que les acides gras jouent initialement le rôle d’hormones en favorisant la formation d’adipocytes à partir de cellules précurseurs présentes dans le tissu adipeux même à un âge très avancé.

Nos travaux chez l’animal ont montré que les acides gras ne sont pas tous équivalents pour promouvoir le développement du tissu adipeux au cours de la période gestation/allaitement. Parmi les acides gras poly-insaturés, l’acide linoléique n-6 (LA) le favorise alors que l’acide α-linolénique n-3 (LNA) contrecarre cet effet. Nos travaux les plus récents chez l’homme indiquent que le lait maternel (reflet de l’alimentation de la mère) comme les laits maternisés, ainsi que les aliments très consommés par la suite, sont maintenant très enrichis en LA et souvent, dans le cas des aliments solides, appauvris en LNA.

En conclusion, des modifications de la chaîne alimentaire, portant sur la composition en acides gras de la nourriture animale (riche en LA et pauvre en LNA), et sur la disponibilité en acides gras des aliments d’origine végétale , auraient entraîné une prévalence accrue du surpoids et de l’obésité au cours des dernières décennies dans un contexte de balance énergétique positive.

Pour de plus amples informations, consulter :

(Gérard AILHAUD, Centre de biochimie UMR 6543 CNRS, Faculté des Sciences, Nice - Université d’été de Nutrition 2007, Clermont-Ferrand, 19-21 septembre 2007)

SOURCE : Centre de Recherche en Nutrition Humaine Auvergne

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