Mieux dans notre assiette : Plus de p’tit dej et moins de n’importe quoi !

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« On est foutu on mange trop » nous susurrait déjà l’ami Souchon en 1978... Plus de trente ans après, son « Papa Mambo » n’a pas pris une ride. Mais nous, quelques kilos. Evitables. Il faut reconnaître que les aimables mises en garde et les gentilles recommandations du Plan National Nutrition Santé tournant en boucle dans les messages de prévention commencent à nous taper sur les nerfs...

« Mieux dans votre assiette : Plus de p’tit dej et moins de n’importe quoi ! » - Crédit photo : © Albachiaraa | fotolia.com La ritournelle des cinq fruits et légumes quotidiens, actuellement controversée, va d’ailleurs bientôt fêter ses dix ans dans nos têtes sans avoir vraiment connu le passage à l’acte espéré. Echec classique des objectifs trop difficiles à atteindre ? Echec typique des bonnes résolutions prises sans tenir compte de la réalité de la vraie vie ? Gardons- nous quand même d’être trop sévères avec cet insupportable morceau de PNNS.

Il aura au moins permis deux vraies prises de conscience : pour nous autres, malheureux citoyens-consommateurs, celle que nous sommes loin de satisfaire aux minima nutritionnels et que nous avons vraiment intérêt à faire un peu bouger les lignes (notamment pour préserver la nôtre) ; pour les autorités de santé publique, celle qu’il est vain de croire que l’information suffit à transformer les comportements et qu’un petit coup de pouce sur l’accessibilité à ces produits (trop chers !) devra sans doute être envisagé pour que le message soit efficace...

Fruits et légumes, Halte à la dictature !

Comme il n’est pas à la portée de tous de respecter la sacro-sainte table des cinq, il est toujours intéressant de savoir que les fruits et les légumes tant vantés présentent le même intérêt nutritionnel frais, en conserve ou surgelés et qu’on ne sera pas considéré comme hérétique si l’on favorise les fruits aux dépens des légumes ou vice versa. De même, il n’est pas encore interdit de privilégier tels légumes ou tels fruits que nous préférons, même si la diversité est souhaitable. En matière nutritionnelle, la stratégie du mieux que rien est toujours plus efficace que la dictature du tout, tout de suite. Non mais !

Tous les jours, un bon p’tit déj

Ca vient doucement, mais ça vient ! Au fil des années, le petit déjeuner s’est véritablement institutionnalisé, quel que soit notre âge. Ainsi, la part des enfants de 3 à 12 ans attaquant chaque journée de la semaine devant un bol garni est aujourd’hui de 91%. Certes, on préférerait 100%, mais cela tend vers l’unanimité ! Les ados, en revanche, commencent probablement à faire leur mauvaise tête dès l’aurore puisque, chez eux, la part des petits déjeuners réguliers est passée en cinq ans de 65% à 54%. En ne voulant « trop pas ressembler à des gosses », ils font « genre pas adultes » aussi car leurs ainés de plus de 20 ans sont à nouveau 9 sur 10 à pratiquer le p’tit dej quotidien.

Alors, si le p’tit dej est un sport national, où est le problème ? Réponse : dans la composition de ce repas car là, on est encore loin du compte. Côté enfants, seuls 16% des petits déjeuners contiennent les trois composantes recommandées : au moins un produit céréalier, un produit laitier et un fruit ou jus de fruit. Il faut dire que nous ne leur donnons pas vraiment l’exemple avec 11% des adultes dans les clous. Pis encore : les petits déjeuners composés d’une seule boisson chaude constituent 15% des prises (deux fois plus souvent chez les hommes que chez les femmes).

En 2010, assez barguigné : c’est p’tit dej pour tout le monde. Non seulement il y a un vrai bénéfice nutritionnel immédiat (pas de coup de barre et de grignotage dans la matinée, pas de ruée féroce sur le repas de midi englouti à toute vitesse), mais il s’agit souvent du seul repas de la journée pris en commun dans les familles où les deux parents travaillent. Alors, quelques instants de douceur dans un monde de brutes, ça ne se refuse pas.

Manger un peu de tout

Manger équilibré, c’est manger de tout. De tout... un peu. Précision qui a son importance mais qui suffit à montrer que l’effort à produire n’est pas forcément considérable. Sauf que, par goût, par nécessité, par conviction religieuse, par tranches de vie aussi, nous avons toutes et tous une façon personnelle de nous nourrir et tendance à laisser parfois de côté certains aliments. Comment, alors, manger « équilibré » ?

L’année commence bien : la plupart du temps, il est extrêmement simple de remplacer un aliment par un autre de la même famille. Des exemples ? Allons-y. Au rebuté de la viande rouge on proposera de la viande blanche mais aussi des volailles, des oeufs et du poisson qui fourniront les protéines nécessaires sans aucun problème. Au fatigué des pâtes, on donnera du riz, du maïs et du pain pour répondre du tac au tac, féculent pour féculent. Au dégoûté du lait, on le proposera mélangé à d’autres aliments, dans des plats salés (gratins, flans de légumes) ou sucrés (crèmes, puddings), sous forme de fromages et de yaourts pour assurer les apports en calcium.

Le mode de préparation suffit souvent à réintégrer dans la catégorie des « j’aime », des aliments qu’on avait tendance à reléguer dans celle des « j’aime pas ». Ainsi, à l’ennemi du cru, on proposera du cuit - à la vapeur, au four, au gril, nature ou accompagné de sauces, épicé ou pas !

Tout est possible (presque), même de se passer de toute une famille d’aliments, grâce à la complémentarité (par exemple, aliments céréaliers + légumes secs pour remplacer en partie viandes, poissons et oeufs ; eaux minérales riches en calcium et pauvres en sodium pour compenser le manque de produits laitiers, etc.). Manger de tout sans manger de tout... ça c’est fort !

(BIENSÛR Santé Magazine n°15)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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