Mieux connaître les effets des acides gras trans naturels

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Depuis déjà plusieurs années, les acides gras trans, ou AGT, d’origine industrielle font la « une » de l’actualité. Les résultats des études menées depuis une dizaine d’années indiquent en effet que leur excès dans l’alimentation peut avoir des effets délétères. Aussi leur teneur dans les produits alimentaires a-t-elle considérablement diminué au cours de ces dernières années...

« Mieux connaître les effets des acides gras trans naturels » - Crédit photo : www.vitagora.com Cela dit, les AGT isomères de l’acide oléique, sont de deux types : l’un d’origine naturelle, comme l’acide vaccénique ou TVA, l’autre d’origine industrielle, comme l’acide élaïdique. Ce dernier présente des effets athérogènes. Or jusqu’à présent, les chercheurs se sont peu intéressés à l’acide vaccénique formé par le rumen des ruminants et présent dans le lait et les produits laitiers. D’où le projet Transvacell, labellisé par Vitagora® et financé notamment par la région Bourgogne et le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière (CNIEL).

« L’objectif de Transvacell est d’étudier in vitro l’interaction de l’acide vaccénique avec la biosynthèse des acides gras endogènes et sa répercussion sur les acteurs cellulaires de l’athérogénèse, d’où son appellation », résume le professeur Michel Narce, responsable de ce projet. Autrement dit, il s’agit de découvrir si cet acide gras trans qu’est l’acide vaccénique entraîne des effets délétères ou pas.

Cet universitaire qui dirige un groupe de recherche de l’équipe « Physiopathologie des Dyslipidémies » au sein de l’UMR 866 de l’Inserm, basée à Dijon, souligne que ce projet s’inscrit pleinement dans la continuité de Transqual, un projet mené entre 2006 et 2009 dans le cadre du Programme National de Recherches en Alimentation et Nutrition Humaine (PNRA) de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). « Transqual a joué un rôle de défricheur dans ce domaine des acide gras trans en montrant qu’il ne fallait pas confondre l’acide élaïdique et l’acide vaccénique. Avec Transvacell, nous souhaitons aller au-delà en nous intéressant en particulier aux aspects métaboliques », précise-t-il. Car curieusement, il n’existe sur le sujet que très peu de publications notables. D’où l’intérêt de ce projet.

Des applications à plus ou moins long terme

Environ cinq chercheurs participent à Transvacell qui fait également l’objet d’une thèse, réalisée par Mélaine Minville dans le cadre d’une bourse Cifre co-dirigée par Michael Rialland et Michel Narce. « Certes il s’agit de travaux fondamentaux qui devraient conduire à une avancée des connaissances d’ici trois ans », préciset-il. Mais au-delà, d’autres projets font déjà l’objet de réflexion, projets qui pourraient conduire à plus ou moins long terme au développement de compléments alimentaires et de nutriments fonctionnels en partenariat avec des industriels.

Mais avant d’en arriver là, les chercheurs dijonnais envisagent d’ores et déjà d’autres développements, notamment dans le domaine de l’insulino-résistance. « Nous souhaitons mieux connaître quelle est l’implication de l’acide vaccénique dans l’insulino-résistance dans un contexte de syndrome métabolique », explique Michel Narce. Des travaux qui, en cas d’observation d’effets bénéfiques de l’acide vaccénique, pourraient déboucher sur le développement de combinaisons de cet acide avec d’autres acides gras, avec à la clé la possibilité d’un dépôt de brevet.

Si les études menées dans le cadre de Transvacell sont réalisées actuellement in vitro, d’autres financements qui sont attendus devraient permettre aux chercheurs dijonnais, si tout se déroule parfaitement, de passer dès l’année prochaine aux premières études in vivo. Celles-ci commenceront évidemment sur des animaux rendus obèses avant de pouvoir se poursuivre par une phase expérimentale finale menée chez l’homme.

Par la suite, les résultats de Transvacell pourraient déboucher sur le développement d’un projet beaucoup plus important, regroupant des industriels et plusieurs équipes de recherche, qui fera alors l’objet d’une demande de financement dans le cadre d’un appel à projets du Fonds Unique Interministériel (FUI).

(VITANEWS n°26 - Avril 2010)

SOURCE : Vitagora®

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