Médecine environnementale : l'intoxication au mercure

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Le mercure n'est pas un oligo-élément. c'est un métal toxique et éco-toxique sous toutes ses formes organiques et pour tous ses états chimiques. Le mercure fait partie des dechets industriels « classiques ». En se dégradant dans le sol ou dans l'eau, le mercure se combine sous une forme qui passe dans les aliments, et donc se retrouve dans la consommation humaine. Le mercure fait partie des dechets industriels dont on sait que beaucoup sont déversés dans l'océan (d'où les intoxications par les poissons ... et spécialement ceux des mers froides ) ou stockés à ciel ouvert en attendant d'être retraités.

Au niveau domestique, on trouve surtout du mercure dans les colorants entrant dans la composition de certaines peintures, dans les piles électriques sans oublier les anciens thermometres.

La contamination la plus directe se fait, en fait, par le biais des amalgames dentaires (que l'on appelle plombage à tort car ils sont à base de mercure). On sait que sous l'action conjuguée de la salive (dont le pH est variable), de la température de la bouche et des différences de potentiel électrique entre les amalgames en présence, on observe une dissolution des composés mercuriels (et autres électrolyses) conduisant à une intoxication chronique. Plus l'on possède de métaux différents en bouche (dont l'or qui n'est qu'un alliage complexe !) et plus les risques d'intoxication sont importants, à cause des « effets de pile » engendrés ...

Le mercure pose en tous cas un problème environnemental global : sa concentration moyenne augmente chez les poissons et mammifères dans tous les océans, alors que la plupart des autres métaux lourds sont en diminution. 85 % de la pollution mercurielle des lacs et des cours d'eau proviendraient directement des activités humaines (essentiellement centrales thermiques au charbon). Ce mercure provient essentiellement du lessivage de l'air et de sols pollués.

L'activité bactérienne en milieu aquatique convertit une partie du mercure dissous, essentiellement en monométhylmercure HgCH3.

  • Sous cette forme, le mercure est très neurotoxique et bioaccumulable.
  • Il se concentre surtout dans la chaîne alimentaire aquatique.
  • La consommation de certaines espèces de poissons prédateurs (thon, marlin, espadon, requin, etc.) représente une source importante d'exposition et de risque pour l'humain, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes.

Le poisson est donc la principale source de mercure à laquelle nous sommes exposés. Ce métal est présent naturellement dans l'environnement, mais les rejets causés par l'industrialisation rendent la consommation de certains poissons moins sécuritaire pour la santé. Ce sont les poissons prédateurs qui présentent des taux élevés de mercure. D'une façon générale, plus le poisson est gros et plus il est âgé, plus la teneur en méthyl - mercure est élevée.

Que faire et comment agir ?

  • Diversifier la consommation des espèces de poissons surtout celle des poissons sauvages et de poissons prédateurs (bar, lotte, bonite, daurade, espadon, thon, requin, marlin, tiki ...) qui ont des taux de mercure plus élevés.

  • Préfèrer les poissons plus petits, des mers chaudes moins polluées, ou ceux d'élevage (si possible en provenance de l'Union Européenne et/ou certifiés bio - label rouge).

  • Limiter la consommation des poissons sauvages gras des mers froides (provenant de l'atlantique nord, de la mer du nord, surtout de la mer baltique) - comme le saumon, les sardines, l'omble, le maquereau, la truite, le flétan, la dorade, hareng à 2 fois (enfant, femme enceinte ou allaitante - dans ce cas augmenter la consommation d'huiles végétales riches en oméga-3 comme colza et noix) à 4 fois par mois.

  • Limiter également les quantités consommées de ces poissons prédateurs :

    • Consommateur moyen : 150 g par semaine
    • Femmes enceintes ou qui souhaitent le devenir et celles qui allaitent : 150 g par mois ou moins
    • Enfants de 5 ans à 11 ans : 125 g par mois ou moins
    • Enfants de 1 an à 4 ans : 75 g par mois ou moins

  • Veiller à consommer suffisamment de sélenium (alimentation équilibrée suffisante et supplémentation éventuelle), c'est l'« antidote » du mercure : chaque minéral a naturellement son antagoniste et un excès de l'un fait disparaitre l'autre.

  • Augmenter la consommation d'anti-oxydants (en privilégiant toujours les sources naturelles alimentaires), comme le bétacarotène, les Vitamines C et E, ou encore le squalène ceci permet de réduire les effets toxiques.

  • Le calcium neutralise et facilite l'excretion du mercure comme des métaux lourds en général.

  • Remplacer les amalgames dentaires (au fur et à mesure ...) par des composites résineux inertes.

La couverture des besoins nutritionnels en acides gras oméga-3 est facilement atteinte par la seule consommation de poissons au moins deux fois par semaine, dont un gras et très largement obtenue en y associant la consommation régulière, voire journalière, d'huiles riches en oméga-3..

La médecine environnementale vise à protèger les patients des nuisances dues à l'environnement : pollutions diverses telles que pollution atmosphérique, utilisation massive de pesticides dans l'agriculture intensives, accumulation de déchets industriels du type mercure ou autres metaux lourds, antenne relais... et de toute source de nuisance crée recemment par l'homme et l'industrie. Rappelons que les nuisances de ce type n'existaient pas il y a une cinquantaine d'années et nous manquons donc de recul... depuis la dernière guerre, cent mille substances chimiques ont été mises sur le marché sans dossier d'homologation fiable, c'est-à-dire sans que l'on en connaisse véritablement leurs effets sur la santé de l'homme.

(Docteur Elisabeth Levesque - Actualités IMAAGE, PasseportSanté, Etude CALIPSO - INRA/AFSSA, WIKIPEDIA)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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