Mauvaise balance oméga-6 / oméga-3 liée à l’obésité ?

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L’excès chronique d'acide linoléique (oméga-6), associée à une carence en acide alpha-linoléique (oméga 3), pourrait augmenter l'obésité à travers les générations. Cette observation a été faite pour la première fois par Gérard Ailhaud (Université de Nice-Sophia Antipolis) en collaboration avec les laboratoires du CNRS et de l'INRA.

« Mauvaise balance oméga-6 / oméga-3 liée à l’obésité ? » Tout le monde connaît l’importance que présente un bon rapport entre acides gras oméga-6 et oméga-3. A l’inverse, un déséquilibre entre ces deux composés pourrait avoir des conséquences néfastes sur la santé. Une nouvelle étude mettant en relation l’inégalité d’apports entre ces composés et l’obésité vient encore de le confirmer.

Déséquilibre sur 40 ans

Dans les quarante dernières années, il y a eu une augmentation constante de l'obésité à travers les générations dans les sociétés occidentales. Durant la même période, le régime alimentaire dans les pays industrialisés a connu une augmentation quantitative du nombre de calories ingérées (avec une quantité de lipides allant de 35 à 40% de l'apport alimentaire), de la consommation d'acide linoléique (oméga-6) et une baisse de l’apport alimentaire en acide alpha-linoléique (oméga-3).

La quantité des oméga-6 consommés au cours des quarante dernières années a en effet explosé (+250%), tandis que l’apport alimentaire en oméga-3 a diminué de 40%, déstabilisant ainsi le ratio omega-6/oméga-3 réel par rapport aux recommandations. Alors que les autorités compétentes, telles que l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), recommandent un rapport entre oméga-6 et oméga-3 inférieur à 5/1, la valeur actuelle de ce rapport dans la population occidentale est plutôt de 15/1.

Observations chez la souris

Les chercheurs ont exposé plusieurs générations de souris jeunes et adultes à une alimentation de type «occidental» et ont ensuite évalué les conséquences d'une telle composition lipidique dans l'alimentation humaine. Ils ont alors constaté une augmentation progressive de la masse grasse sur plusieurs générations. L'apparition de troubles métaboliques tels que la résistance à l'insuline, première étape dans le développement de diabète de type 2 et la stimulation de l'expression de gènes inflammatoires impliqués dans l'obésité, ont également été mises en évidence.

Ainsi, dans une population animale génétiquement stable, l'exposition à un régime similaire à celui des pays développés ou en développement a été suffisante pour provoquer l'apparition d’une obésité transgénérationnelle, en ligne avec les données recueillies chez l'homme. Les industries agro-alimentaires devraient donc prendre davantage en compte les implications de ces résultats.

Pour de plus amples informations, consulter « Consommer trop d'oméga 6 et pas assez d'oméga 3 favorisent l'obésité de génération en génération »

(Par Alexandre Dereinne, diététicien, d'après Massiera et al. A Western-like fat diet is sufficient to induce a gradual enhancement in fat mass over generations. The Journal of Lipid Research, 2010; 51 (8): 2352 DOI: 10.1194/jlr.M006866.)

SOURCE : Health and Food

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