Mauvais temps pour les boissons sucrées

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Les « news » viennent surtout des Etats-Unis, où l’on en consomme beaucoup et où elles sont surveillées de près. Mais elles rencontrent aussi l’assentiment des experts français : vis-à-vis du risque d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires et plus encore, les boissons sucrées sont sérieusement sur la sellette.

Depuis 1970, la consommation de boissons sucrées a été multipliée par deux aux Etats-Unis. Elle représente maintenant la première source de sucres ajoutés dans l’alimentation américaine. Répertoriés dans un éditorial [1] de l’American Journal of Clinical Nutrition, les reproches qu’on lui fait sont nombreux. Les boissons sucrées sont très caloriques. Elles n’ont pratiquement pas d’effet rassasiant. Elles ne permettent pas de diminuer les apports énergétiques au repas suivant. D’où une augmentation des calories totales ingérées... A cela s’ajoutent l’augmentation de la charge glycémique, la sécrétion accrue d’insuline, l’augmentation de la pression artérielle, l’adiposité abdominale, les anomalies des lipides sanguins… Au total, et en dépit de quelques études discordantes, le risque d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires se trouverait augmenté.

Une crainte partagée, en France, par les « sages » de l’Académie nationale de médecine [2], qui soulignent la relation entre la consommation quotidienne de boissons sucrées et la surcharge pondérale. Dans une information diffusée l’an dernier, l’Académie rappelait que d’après une étude californienne menée chez 43.000 adultes et 4.000 adolescents, la consommation de boissons sucrées augmentait de 27 % la probabilité de devenir obèse. Elle ajoutait à la liste les risques que les boissons sucrées peuvent faire courir à la santé dentaire et même osseuse. « La consommation de boissons sucrées se fait souvent au détriment de celle de lait, dont les qualités nutritives sont bien supérieures », observait le Pr C. Jaffiol.

Les sucres ajoutés : du « mauvais sang » pour les ados

Menée entre 1999 et 2004 chez 2.157 adolescents américains, l’étude NHANES (National Health & Nutrition Examination Survey) confirme que, du fait des boissons sucrées, les jeunes ont une consommation quotidienne élevée de sucres ajoutés [3]. Elle entre pour 21,5 % dans les apports énergétiques totaux. Et s’accompagne d’une élévation des taux sanguins de triglycérides et de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol). A l’inverse, le « bon » cholestérol (HDL) diminue…

Les sodas augmentent le risque cardiovasculaire

Déjà associée régulièrement à la prise de poids et au diabète de type 2, la consommation de boissons sucrées est en relation avec le risque cardiovasculaire. D’après les données de l’étude américaine Health Professionnals Follow-up Study [4], basées sur les biomarqueurs sanguins du risque coronarien, il suffit d’une boisson sucrée par jour pour augmenter le risque de 20 %. Menée pendant 22 ans auprès de 42.883 sujets masculins (des professionnels de santé non médecins âgés de 45 à 75 ans lors de leur recrutement), cette étude est le versant masculin de la célèbre étude des infirmières américaines (Nurses’s Health Study). Cette étude « féminine » a d’ailleurs trouvé des résultats comparables concernant les boissons sucrées. Aux Etats-Unis, on estime que 2 Américains sur 3 consomment quotidiennement des boissons sucrées.

Références :

  1. Malik VS, et al. Am J Clin Nutr 2011 ;94 :1161-1162.
  2. Information de l’Académie nationale de médecine, septembre 2011.
  3. Welsh JA, et al. Circulation 2011 ;123(3) :249-257.
  4. De Koning L, et al. Circulation, en ligne le 12 mars 2012, doi:10.1161/CIRCULATIONAHA.111.067017

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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